Homophobie et intimidation dans les écoles: enrichissez votre vocabulaire

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Publié 26/03/2013 par Paul-François Sylvestre

Une séance d’information sur l’intimidation vécue par les jeunes lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres et queer (LGBTQ) a eu lieu à Place Saint-Laurent le 15 mars. Organisée par Égale Canada, l’organisme pancanadien voué à la défense des droits des LGBTQ, cette rencontre s’adressait aux organismes communautaires francophones de Toronto.

Animée par Carlos Idibouo, coordonnateur/formateur francophone chez Égale Canada, la séance d’information a surtout réuni des membres de groupes communautaires LGBT, comme FrancoQueer et Action positive VIH/sida, et quelques résidents ou anciens résidents de Place Saint-Laurent.

Les participants ont d’abord élargi leur vocabulaire. Outre les termes «lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres et queer», qui sont relativement bien connus, on a expliqué ce qu’est un «pansexuel» (personne qui éprouve une attirance affective et sexuelle indépendamment du sexe biologique, de l’identité de genre ou de l’expression de genre d’une personne) ou un «cisgenre» (personne dont l’identité de genre coïncide avec son genre biologique).

La séance d’information a été l’occasion de diffuser des statistiques assez troublantes sur l’homophobie dans les écoles canadiennes. Les données ont été recueillies par le Fonds Égale Canada pour les droits de la personne, qui a réalisé une enquête nationale sur l’homophobie, la biphobie et la transphobie dans les écoles canadiennes.

Malheureusement, l’enquête a été menée en anglais seulement. Des Franco-Ontariens y ont sans doute participé, en répondant en anglais, mais il y a fort à parier que les conseils scolaires de langue française ne se sentent pas très interpelés par les données de cette enquête puisqu’ils n’y ont pas participé.

Quoiqu’il en soit, l’étude révèle que des termes comme «fif» ou «fifi» sont entendus dans 80,6% des écoles qui n’ont pas de politique anti-homophobe, comparativement à 65,4% dans les écoles ayant une politique anti-homophobe. De même, on entend souvent les mots «tapettes», «gouine» et «homo» dans 62,6% des premières écoles, comparativement à 47,9% dans les secondes écoles.

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Les chiffres indiquent aussi que seulement 33,6% des élèves LGBT sont disposés à dénoncer des incidents à caractère homophobe dans les écoles qui n’ont pas de politique anti-homophobe, comparativement à 58,1% dans les écoles ayant une politique anti-homophobe.

Les statistiques notent aussi que 71,4% du personnel intervient efficacement dans les écoles ayant une politique anti-homophobe, comparativement à 31,2% dans les écoles n’ayant pas une telle politique.

Au cours de la discussion sur l’état de l’homophobie à Toronto, un participant a noté que les mots «indifférence et non ingérence» s’appliquent bien. Un Franco-Torontois se dit que cela ne le concerne point (indifférence) et qu’il n’a pas à se mêler de cela (non ingérence).

Le prochain atelier que Carlos Idibouo animera aura lieu à Ottawa, auprès des représentants de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne; les participants viendront de toutes les régions de la province.

Auteur

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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