Guerre de 1812: les francophones étaient partout

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La présence des francophones a été importante pendant la guerre de 1812 à 1814. Deux cents ans après, l’historienne et fondatrice de la Société d’histoire de Toronto, Danièle Caloz, a raconté les événements de l’année 1813 dans le Haut et le Bas-Canada au public venu l’écouter à l’Alliance française mercredi dernier.

«En 1812, il y avait au Haut-Canada une atmosphère de victoires un peu faciles, alors que la vraie guerre se déroulait contre Napoléon en Europe. Les Britanniques ont la maîtrise des Grands Lacs, c’est une bonne année pour eux», explique Danièle Caloz.

«Militairement et humainement parlant, l’année 1813 sera bien différente.»

Frenchtown

Début 1813, près de Détroit, le petit village de Frenchtown est attaqué par les troupes américaines avec l’aide d’une centaine de Français du village.

«Nous voyons donc des francophones qui se battent pour leurs possessions aux côtés des Américains. Nous savons aussi que d’autres aideront les troupes du Canada, où ils ont de la parenté.»

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Les Britanniques, tout d’abord chassés, vont revenir et gagner la bataille de Frenchtown. «Dans les batailles d’hiver, ce seront surtout les Canadiens français et les autochtones qui sont enrôlés, parce qu’ils savent survivre dans ce climat.» Tecumseh, grand chef Shawnee et allié britannique, à la tête de plusieurs tribus, participe à cette bataille.

Côté francophone, l’officier d’artillerie Frédéric Rolette se bat à Frenchtown. «Pendant l’action, Frédéric Rolette souffre d’un violent mal de tête, ce qui n’a rien d’étonnant: son canon occupe une place au front des lignes de centre. On peut imaginer le vacarme.

Il demande à un officier de lui attacher un mouchoir autour de la tête. À la fin de la bataille, il y trouve une balle de mousquet et son crâne est tout enflé et noirci!» Il a été victime de «tirs amis».

Haut-Canada

Une bataille navale sur le lac Érié fait rage en septembre 1813. Frédéric Rolette commande le navire britannique Le Détroit, face à une flotte américaine dominante, qui triomphe. Il mourra peu de temps après, des suites de ses blessures. À ses côtés, Jacques Baby est fait prisonnier.

«Jacques Baby, avec ses deux frères Jean-Baptiste et François, avait participé aux premières escarmouches à Sandwich, qui est aujourd’hui Windsor, et à Détroit. Sa belle maison de trafiquant de fourrures est pillée à plusieurs reprises par les armées américaines, puis occupée par les officiers britanniques, ce qui revient presque au même. Mais, bien bâtie, la maison a survécu et existe encore aujourd’hui. C’est un musée.»

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Bas-Canada

Au Bas-Canada, Charles de Salaberry se distingue dans la bataille de Châteauguay alors que les troupes américaines visent Montréal et Québec. Avec ses 300 Voltigeurs, il réussit à repousser 3000 Américains par la ruse! «Les Voltigeurs, dans leur uniforme gris à casquettes en peau d’ours noire, savent se battre aux côtés des autochtones dans des opérations de traque et de frappe.»

En 1813, les francophones sont présents sur tous les fronts. Dominique Ducharme se bat également à Châteauguay à la tête de guerriers et éclaireurs autochtones.

Thomas Verchères de Boucherville fait du commerce de Montréal à Amhertsburg malgré les combats. Et deux régiments suisses, menés par Louis de Watteville et François Henri de Meuron, arrivent en renfort des Britanniques à Kingston et Montréal.

1813

«1813 aurait pu être l’année de la disparition du Canada. Les Britanniques ont été chassés de Détroit, du lac Érié et de Niagara, et le pouvoir autochtone a été détruit à Moraviantown. Mais la ténacité des Canadiens à Châteauguay et Crysler Farm a presque effacé ces défaites.»

«On pourrait dire que c’est l’année de la Grande Défaite autochtone. Ils ont été loyaux, mais mal récompensés.» Danièle Caloz cite à ce sujet John Ralston Saul : «Combien de fois les Autochtones ou les Métis ont-ils, défendu, protégé ou aidé à sauver le territoire devenu le Canada?»

L’historienne ajoute: «Ce qu’il dit vaut tout autant pour les francophones de partout au Canada!»

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