Grandiose 40e anniversaire du TfT au Casa Loma

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Guy Mignault n’aura finalement pas su retenir ses larmes. Plus de 300 personnes se sont donné rendez-vous jeudi soir dernier au Casa Loma pour célébrer le quarantième anniversaire du Théâtre français de Toronto (TfT). Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada s’était même déplacée pour l’occasion, donnant encore plus de relief à la célébration.

«Merci… félicitations… bravo… merci… encore merci et félicitations!» Quittant les lieux, tard dans la soirée, les invités se bousculaient autour de Guy Mignault, directeur artistique du TfT, pour lui faire part de leur joie. Bravo pour cette soirée, bravo pour votre travail, bravo pour la survie et l’essor du théâtre français en Ontario!

Sur les lèvres des invités, comme sur celles de celles et ceux qui ont pris la parole ce soir-là, les mots «courage» et «détermination» sont souvent revenus.

Et il en fallait en effet du courage et de la détermination pour que le TfT passe au travers des années malgré les difficultés, et reste indemne. Désormais profondément ancré dans le paysage culturel francophone de Toronto, le TfT pouvait bien fêter dignement son 40e anniversaire!

La gouverneure générale Michaëlle Jean a honoré par sa présence la communauté francophone de Toronto. Rayonnante, arborant un large sourire, c’est avec coeur qu’elle a prononcé son discours, visiblement réjouie de l’atmosphère chaleureuse et familiale émanant de la pièce. Elle a d’abord fait part de son admiration pour la ténacité de tous ceux qui ont contribué à la survie d’un théâtre français à Toronto, et ce, malgré les difficultés financières.

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Elle a ensuite insisté sur l’importance de l’identité francophone, à faire rimer avec ouverture puis, s’exprimant en anglais à l’attention des quelques anglophones de l’assemblée, elle a applaudi la bonne idée du TfT de mettre en place des surtitres en anglais, ce qui a permis d’ouvrir le théâtre francophone aux non francophones. Car en effet, comme on a souvent tendance à l’oublier, «la survie du français dans ce pays est l’affaire non seulement des francophones, mais de tous et de toutes!»

Présente également lors de cette soirée, Lucille Roch, sous-ministre aux affaires francophones et aux affaires sociales du gouvernement de l’Ontario a souligné, comme tant d’autres ce soir-là, le travail exceptionnel de Guy Mignault, «au dynamismse et à l’enthousiasme contagieux». Ella a également vanté la programmation, «à l’image du public: éclectique, dynamique, ouvert à la Francophonie et à tous ses accents».

André Fournier, conseiller principal du Bureau du Québec à Toronto, s’est quant à lui réjoui de la collaboration qui lie le TfT au gouvernement québécois.

Face à tous ces éloges, Guy Mignault a tenu à souligner que les réalisations du TfT sont avant tout le résultat d’un travail d’équipe.

Ému, il s’est réjoui de la tournure prise par cette soirée de gala: «C’a été une soirée magnifique, très émouvante, je suis vraiment très heureux de constater que le TfT ait pu faire déplacer autant de monde et créer cette ambiance, il y avait tellement d’électricité dans l’air! Par ailleurs, j’ai trouvé le discours de son Excellence très touchant. Elle a compris qu’il y avait ici une grosse communauté qui bougeait.»

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Mais ces dernières années, l’ambiance n’a pas toujours été festive au TfT! Endetté, peinant à trouver des fonds pour boucler les fins de mois, le théâtre a connu des jours moroses, comme le rappelle Guy Mignault: «À une époque, lorsque le téléphone sonnait, je me demandais si on ne me dirait pas, “Stop, c’est fini, on n’a plus de sous!” Mais on est sortis de cette période», ajoute-t-il… en touchant le bois du plancher!

Et pourtant, malgré les difficultés, le découragement ne s’est jamais installé: «Il y a une part de passion et puis aussi cette idée que derrière les nuages il y a toujours le soleil.»

«Mais au théâtre, le vrai nerf de la guerre, ce n’est pas l’argent, comme le rappelait à juste titre Paul Lefebvre, du centre national des arts, mais c’est ce qui se passe sur scène car on a beau avoir tout l’argent que l’on veut, si l’on ne fait pas une bonne job, on va se planter!»

Et une «bonne job», le théâtre français n’a cessé d’en faire ces dernières années comme en témoigne la réception de plusieurs prix (prix Dora, Masque de la production franco-canadienne). Il a développé son auditoire en augmentant le nombre de productions et en mettant en place des surtitres à l’attention du public anglophone, il s’est davantage tourné vers les écoles primaires et les adolescents, il a développé de nombreuses collaborations avec des artistes d’ailleurs…

Tous ces projets ont assuré la pérennité du TfT, et ce n’est pas le succès du gala du 40e qui viendrait stopper cet élan. «Quand on fait du théâtre, explique Guy Mignault, on sait que l’on ne peut jamais se reposer sur ses lauriers, ce n’est jamais gagné d’avance. Quand on travaille pour le public, on ne peut pas ne pas aller plus loin. Si on n’avance pas… on recule!»

Alors le TfT continue d’avancer, pour le bonheur de tous. Et comme l’a rappelé Philippe Delacroix, Consul général de France, citant Coluche: «Au théâtre, quand on fait un malheur, on fait beaucoup de petits bonheurs».

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