Graham Fraser nommé commissaire aux langues officielles

Journaliste et auteur de l'essai "Sorry, I Don't Speak French"

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Publié 19/09/2006 par Aurélie Lebelle

Graham Fraser est le sauveur que l’on n’espérait plus au Commissariat aux langues officielles. Alors que le mandat de Dyane Adam avait été prolongé par manque de successeur, le journaliste, auteur et professeur fait l’unanimité. Ses actions en faveur du bilinguisme font de lui le meilleur candidat pour le poste, selon les intervenants interviewés.

Nommé par le premier ministre Stephen Harper le 13 septembre, Graham Fraser n’attend plus que la validation du Parlement pour prendre place dans ses nouvelles fonctions.

Son passé investit dans les questions linguistiques, et notamment la parution de son livre Sorry, I don’t speak French en mars 2006, a fortement fait pencher la balance en sa faveur.

«C’est probablement à cause du livre que j’ai publié sur la question linguistique que mon nom circulait. Mais je ne savais pas à quel point je devais prendre cela au sérieux, explique Graham Fraser. Je pensais qu’ils annonceraient quelqu’un d’autre mais à la fin juin, le gouvernement a expliqué qu’il désignerait la personne après un processus de sélection et j’ai décidé de postuler. Pendant l’été, on m’a interviewé et j’ai été accepté.»

Le Premier ministre Stephen Harper a souligné l’excellente candidature de Graham Fraser, après avoir annoncé sa nomination. «Graham Fraser est un excellent candidat pour le poste de commissaire aux langues officielles. Il apportera à cette fonction une pleine compréhension de la dualité linguistique au Canada, à laquelle il a été très sensible, une connaissance approfondie des politiques linguistiques de notre pays et de leurs répercussions sur les communautés linguistiques minoritaires, ainsi que l’indépendance d’esprit du journalisme. Je suis heureux qu’il ait accepté d’être nommé à ce poste important.»

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Le journaliste semblait correspondre parfaitement au profil pour prendre le relais d’un commissariat brillamment mené par Dyane Adam. «C’est une question qui me fascine depuis longtemps. Presque toute ma vie adulte et professionnelle a eu des éléments qui touchaient la question linguistique. En faisant des recherches pour mon livre, j’ai lu les rapports des commissaires précédents, ce qui m’a fait comprendre un peu l’importance du poste. Je me suis dit que ce serait une possibilité d’approfondir ma compréhension des questions et d’avoir de l’influence dans ce domaine.»

L’intérêt explicite de Graham Fraser pour les langues officielles et les questions qu’elles sous-entendent est très net. Le poste de commissaire apparaît dès lors comme un aboutissement aux recherches et actions menées jusque-là. Néanmoins, Graham Fraser souligne que sa tâche sera plus difficile à entreprendre au début, suite à l’excellent mandat de Dyane Adam. «J’ai beaucoup de respect pour Dyane Adam, explique-t-il. Si Mme Adam avait été prête à renouveler son mandat pour 7 ans, elle aurait fait l’unanimité.»

Il est vrai que toutes les organisations francophones ont tenu à saluer le parcours et la personnalité remarquables de la commissaire, comme en témoigne l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). «Ses efforts pour faire avancer la cause des droits linguistiques en environnement minoritaire ont été appréciés par tous les organismes qui oeuvrent dans le domaine et de l’ensemble de la collectivité francophone», a souligné Mariette Carrier-Fraser, la présidente de l’AFO.

L’accueil de la francophonie ontarienne a également été exemplaire et pleine d’encouragements à l’annonce de la nomination de Graham Fraser.

«M. Fraser a démontré maintes et maintes fois sa connaissance extensive des enjeux associés aux langues officielles, a déclaré le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne, Jean-Guy Rioux. Il possède une vision claire de ce que représente la dualité linguistique comme valeur fondamentale du Canada, et de la place qu’occupent les communautés francophones et acadiennes comme reflet de cette valeur. Nous avons hâte de travailler avec lui.»

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La présidente de l’AFO a quant à elle souligné la perspicacité et la pondérance des analyses de M. Fraser dans les dossiers linguistiques ainsi que sa compréhension des défis que les minorités francophones doivent relever pour faire respecter leurs droits.

«La succession est désormais assurée avec brio et nous nous en réjouissons», soutient pour sa part René Cormier, président de la Fédération culturelle canadienne-française.

Un tel engouement suscite évidemment une réaction positive chez le futur commissaire, même si l’appréhension en est accrue. «D’un côté cela me rassure mais d’un autre côté, le défi est plus difficile à relever lorsque les attentes sont élevées. Mais je suis très content de l’accueil des groupes francophones, de mes collègues et des partis politiques.» Les partis politiques, toutes orientations confondues, ont en effet accueilli favorablement cette nomination.

Quant à Graham Fraser, il souhaite attendre le vote du Parlement pour dévoiler officiellement ses directions en tant que commissaire. Il rappelle néanmoins l’obligatoire continuité des mandats, due au rôle très fortement défini par la loi mais précise que «chaque commissire apporte ses expériences, ses qualités et des approches un peu différentes».

Les siennes seront sans aucun doute rapidement mises au service du Commissariat aux langues officielles. «Cela fait 38 ans que je fais du journalisme donc je pense que la nature même de la profession fait que l’on a une curiosité et un souci de communiquer ce que l’on a appris. Ce sont les qualités que j’espère pouvoir apporter en tant que commissaire.»

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