Graffitis: les associations de commerçants s’en mêlent

Graffitis à Toronto

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Le nombre de constats d’infraction émis à l’encontre de commerçants pour ne pas avoir effacé des graffitis ayant été faits sur leurs commerces a explosé: six fois plus au cours des deux derniers mois que durant les 5 dernières années. La raison: Rob Ford veut faire appliquer le règlement à la lettre, quitte à ce que les commerçants soient doublement victimes et quitte à effacer certains graffitis qui peuvent être considérés comme de vraies œuvres artistiques.

C’était l’un des thèmes de campagne de Rob Ford, débarrasser la ville des graffitis qui, selon lui, nuisent aux commerces. Et bien enlever les graffitis s’avère également nuisible.

Premièrement, il convient de clarifier les choses pour différencier graffitis et tags. Les tags sont en fait de simples signatures ou écritures alors que les graffitis sont des fresques murales qui nécessitent un certain talent artistique pour être réalisées. Si le règlement existait déjà avant l’élection de Rob Ford, il était appliqué avec plus de souplesse, ce qui est compréhensible dans la mesure où déterminer ce qui doit être enlevé de ce qui est artistique est une décision subjective.

Vu l’incroyable augmentation du nombre de constats d’infraction, on devine que la sensibilité artistique de la nouvelle équipe municipale est assez limitée. Les fonctionnaires qui sillonnent la ville pour dresser les constats, semblent tout mettre dans le même sac et vouloir l’élimination de tout ce qui a été réalisé sans autorisation préalable, tags ou graffitis.

Comme le veut le règlement, le nettoyage est aux frais du commerçant qui n’a rien demandé à personne et qui se retrouve avec une amende s’il n’a pas effacé ce que l’administration Ford considère comme une pollution visuelle.

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L’Association des commerçants de Queen West est très concernée par le problème dans la mesure où l’on trouve beaucoup de graffitis et tags dans ce secteur connu notamment pour la Graffiti Alley, qui va de Spadina à Portland sur le côté sud de la rue Queen.

La Graffiti Alley n’est pas un problème pour la plupart des riverains et commerçants pour qui cela apporte une valeur ajoutée au quartier. Par contre, les tags et inscriptions qu’ils retrouvent sur leurs vitrines ou sur leurs rideaux le sont. «Les commerçants sont doublement victimes, ils ne choisissent pas d’avoir des tags et doivent payer pour les enlever», lance Laura Schaeffer de l’Association des commerçants de Queen West.

«Nous avons communiqué avec la ville et la ville est d’accord sur ce point», continue-t-elle. L’Association travaille à protéger les commerçants de ces tags nuisibles tout en essayant de préserver certains graffitis qui représentent une attraction pour le quartier.

Lors de l’entretien, Laura Schaeffer faisait part de sa crainte que la ville s’en prenne à la Graffiti Alley pour finalement nous aviser quelques jours plus tard que, suite aux demandes de l’association, la Ville ne la ciblerait pas. «On travaille sur une dénomination pour ce secteur», précisait-elle.

Avant l’action de la nouvelle équipe municipale, cette association de commerçants avait déjà un programme pour effacer les graffitis. «Grâce à ce programme, les commerçants membres de l’association ne payent pas pour enlever les tags, mais le problème qu’on a, c’est pour les tags situés en hauteur. C’est plus cher de les faire enlever, on ne peut pas prendre ça en charge», explique Laura Schaeffer.

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John Kiru, le président des Associations de commerçants de Toronto, qui chapeaute les différentes associations de commerçants de la ville, veut mettre en place des discussions avec l’Hôtel de Ville pour trouver une solution au problème.

«La prochaine étape c’est d’avoir un dialogue entre les 71 associations de commerçants et la Ville».

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