Goûter chaque instant vécu à Saint-Jean-Port-Joli

Michel Langlois, La Vie avant tout, tome 2, En pleine action, roman, Montréal, Éditions Hurtubise, 2020, 336 pages, 24,95 $.
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Le bedeau sonne l’angélus du matin, le laitier distribue ses bouteilles, les vieilles dames se rendent à la messe, les hommes âgés se retrouvent au café du coin, les jours filent à Saint-Jean-Port-Joli. Et Michel Langlois décrit le quotidien de ce village dans son roman La Vie avant tout, tome 2, En pleine action.

Narrateur sculpteur

Le sculpteur Roméo Marion est le narrateur de l’intrigue qui se déroule entre 1905 et 1924. Lui et son épouse Béatrice sont propriétaires de l’Auberge du Joli-Port.

C’est plutôt elle qui dirige ce commerce florissant. Roméo décore le devant et l’intérieur de l’auberge en sculptant quelques scènes des fables de La Fontaine.

Personnages historiques

Artisan de grand talent, Marion décide de ciseler les principaux personnages de l’histoire des Canadiens français. Pour ce faire, il s’inspire des notes que lui envoie Benjamin Sulte (1841-1923), auteur du célèbre essai Histoire des Canadiens-français (1882). Sulte figure comme un des nombreux personnages historiques dans ce roman.

Les sculptures de Marion vont de Jacques Cartier à Louis-Joseph Papineau, en passant par Samuel de Champlain et Louis Hébert, Mgr de Laval, Frontenac, Chomedey de Maisonneuve, Jeanne Mance et Marguerite Bourgeoys, les Filles du Roi, Montcalm et Wolfe. Ils sont en montre dans un petit musée et chaque visiteur paie 25 sous pour les admirer.

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Le curé voit des péchés

Le curé de Saint-Jean-Port-Joli dicte la conduite des villageois. Il voit des péchés partout: danses, mascarades, cirques, vêtements décolletés, femmes qui fument, commerces ouverts le dimanche, et j’en passe.

Roméo Marion ne croit pas, comme le curé le prêche, que nous sommes sur terre «uniquement pour souffrir afin de gagner notre ciel». Il croit plutôt qu’il faut s’efforcer de goûter chaque instant vécu avec ceux qu’on aime.

L’Auberge du Joli-Port ne pouvant tenir des danses, elle présente des soirées de chansons, des pièces de théâtre, des contes, des concerts de violon et d’accordéon. «L’auberge devient vite, après l’église, un des principaux lieux de rendez-vous de Saint-Jean.»

Capitale de la sculpture québécoise

Michel Langlois adopte souvent un style doctoral, mais il lui arrive parfois de glisser un peu d’humour. Au lieu de livrer un sac de pommes, un personnage distrait apporte un sac de pommes de terre. «Au moins, remercions le ciel, puisqu’il ne s’agissait pas de pommes de route!»

Un autre personnage réel dans ce roman est Médard Bourgault, célèbre sculpteur qui fonde avec ses frères Jean-Julien et André la première école de sculpture de Saint-Jean-Port-Joli. Le village est aujourd’hui la capitale de la sculpture québécoise et un haut lieu de l’artisanat.

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Du remplissage

On trouve beaucoup de remplissage pour étoffer les 300 pages du roman; le tout aurait pu tenir en 100 pages de moins. Il y a de longs passages sur divers personnages historiques comme Jacques Cartier. Ou encore des chapitres intitulés «De choses et d’autres» ou «Un peu de tout».

On trouve aussi des contes qui peuvent s’étendre jusqu’à 9 pages. Ceux-ci sont livrés par Boniface Boulerice et commence toujours par: «Il n’en tient qu’à nous de nous faire une vie belle. Contre ça, que voulez-vous que la bonne y fasse?» (Bon i face)

La dernière phrase du roman se lit comme suit: «Étrangement, je sentais qu’un événement pas ordinaire se préparait et je me demandais quel tour la vie allait encore me jour.» À suivre…

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