Gizenza: tombeau pour le Congo?

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Un pur hasard a placé sous mes yeux la liste des ministres d’État; ministres sans portefeuille; ministres, tout court; et vice-ministres du nouveau gouvernement de la République démocratique du Congo. Dans les lignes qui suivent, cinq inquiétudes qui méritent d’être soulevées:

1. De première vue, ce gouvernement fait rire du fait de sa taille, gigantesque, il faut bien le souligner.

Un gouvernement de 60 ministres, c’est du jamais vu dans un pays sérieux. Même les nations les plus riches au monde, n’affichent jamais un gouvernement aussi gorgé que celui de Antoine Gizenga.

Au moment où le vocable réingénierie de l’État est de rigueur partout dans le monde, la République démocratique du Congo, elle, s’inscrit avec force et détermination, dans la logique de lapidation des ressources du pays.

2. La représentativité régionale pose problème.

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Le grand Kasaï, avec tout ce qu’il comporte comme enjeux stratégiques, est presque absent du gouvernement, mis à part quelques figurants. Les Baluba finiront part se distancer de Kinshasa. Antoine Gizenga risque gros en termes de cohésion et d’unité nationale.

3. L’incompatibilité et l’incohérence entre ministères sont tellement visibles que l’on se demande ce que pensaient le premier ministre désigné et ses amis de l’AMP.

Ce que l’on peut appeler, dans un gouvernement classique, de ministère de l’Économie, Finances et Commerce, est divisé en sept ministères et vice- ministères inutiles. Quand à ce que l’on connaît comme ministère des Ressources naturelles, la majorité présidentielle a trouvé mieux de le scinder en quatre ministères et vice-ministères. Au Congo-Kinshasa, on parvient à faire la distinction entre ministère des Hydrocarbures et celui de l’Énergie. Sic!

4. Antoine Gizenga nous a fait croire que quiconque aurait volé ou participé au détournement des deniers publics, ne ferait pas partie de son gouvernement. Pur mensonge et premier échec politique.

Certains noms sont mêmes mentionnés à l’encre rouge dans le rapport du panel de l’ONU sur les pillages des ressources naturelles du Congo.

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5. Parmi les nouveautés, un vice-ministère des Congolais de l’étranger. On voit bien le souci de Kinshasa de vouloir contrôler la diaspora congolaise, vu leur activisme magistralement affiché.

Ce gouvernement constitue un véritable tombeau pour la République. Plutôt que de subvenir aux besoins du peuple dans son ensemble, il servira plus aux intérêts des individualités et aux différentes composantes de la majorité présidentielle.

Le problème de la République démocratique du Congo est d’avoir des politiciens voire même des politicailleurs à la place des politiques. Dommage que dans un si grand pays, les affaires de l’État soient traitées avec légèreté et complaisance.

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