Gaspillage de gaz naturel

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Le gaz naturel brûlé en pure perte à travers le monde équivaudrait à 3,5% de la ressource exploitée. Quatre chercheurs américains et un russe arrivent à ce chiffre en publiant, dans la revue Energies, la première carte mondiale des torchères.

L’industrie appelle «torchères» ou «brûlages de gaz» l’action de brûler volontairement du gaz à différentes étapes de son exploitation.

Les États-Unis abritent le plus grand nombre de torchères, suivis par la Russie, qui prend toutefois la première place pour la quantité de gaz inutilement brûlé. Le Venezuela est aussi pointé du doigt.

Certains s’en inquiètent parce que le gaz naturel est une source CO2, un gaz à effet de serre que d’aucuns associent à une partie du réchauffement planétaire moyen de 1 degré Celcius observé depuis le début de l’ère industrielle, ainsi qu’à de futures perturbations climatiques.

Méthane

On s’indigne aussi de l’accident, le 23 octobre près de Los Angeles, où du gaz naturel – du méthane – s’échappe dans l’atmosphère. La fuite pourrait durer encore deux mois.

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Au 31 décembre, les 72 000 tonnes métriques de méthane relâchées jusque-là dans l’atmosphère représentaient le quart des émissions de méthane de la Californie pour 2015. Chacun des mois de fuite équivaut à ce qu’émettent environ 200 000 voitures en une année. Ou, selon une estimation du Fonds américain de défense de l’environnement, l’équivalent de l’énergie utilisée par 3 millions de résidences depuis le 23 octobre.

Le méthane (CH4) reste toutefois un gaz rare dans l’atmosphère: moins de 2 ppm, comparé à 400 ppm de dioxyde de carbone (CO2) et à 10 000 ppm de vapeur d’eau (1% de l’atmosphère), le principal gaz à effet de serre.

Usure des infrastructures

On ignore ce qui a provoqué la fuite. Mais on sait que celle-ci provient d’un «trou de sept pouces» dans la paroi recouvrant un puits, à 914 mètres de profondeur et à une cinquantaine de kilomètres du coeur de Los Angeles.

Le LA Weekly rapporte que le puits n’aurait pas été inspecté depuis 1976. Une valve de sécurité, qui aurait pu bloquer l’arrivée de méthane, a été enlevée en 1979 pour cause d’usure, et n’a pas été remplacée.

Il a fallu trois jours à la Southen California Gas Company pour admettre l’existence d’une fuite, trois semaines pour admettre que ce n’était pas une fuite ordinaire — comme il s’en produit régulièrement un peu partout dans le monde — et un mois pour que les autorités de la région admettent la possibilité de risques pour la santé.

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Ce méthane est entreposé dans une caverne souterraine, acheminé jusque-là par pipeline, puis récupéré par des puits comme celui qui fuit en ce moment.

Le dépôt de gaz du Canyon Aliso est le plus gros «entrepôt» souterrain de méthane de l’ouest des États-Unis. Il s’agit d’une cavité naturelle d’où avait été extrait du pétrole des années 1930 aux années 1960. Une fois la cavité vidée de son pétrole, la compagnie gazière en est devenue propriétaire en 1972. Le méthane sert à alimenter résidences et industries de la région.

Maux de têtes et nausées

Quelque 2300 familles ont été évacuées en décembre de la ville la plus proche, Porter Ranch, à moins de deux kilomètres de là — une banlieue de Los Angeles. Des citoyens ont rapporté maux de tête et nausées. Le gouverneur de la Californie a décrété l’état d’urgence le 6 janvier.

Depuis des semaines, des échantillons d’air récoltés dans les zones résidentielles détectent un taux anormal de méthane, d’éthane et de propane. Aucun de ces gaz n’est toxique, mais à des concentrations trop élevées, l’inhalation de méthane peut entraîner des problèmes respiratoires ou même neurologiques.

D’après le ministère de l’Énergie des États-Unis, il est fréquent d’emmagasiner de telles réserves de méthane si près d’une zone habitée. Les compagnies gazières se servent d’anciens dépôts de pétrole, privilégiant de plus ceux qui sont, justement, à proximité des «centres de consommation», les villes.

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À plus de 1500 mètres

Pour colmater la brèche, il faut d’abord construire un puits «de secours» qui va descendre en-dessous de la fuite (jusqu’à 1524 mètres) de manière à permettre au flot de méthane de s’échapper ailleurs et d’être récupéré. À ce moment, espère-t-on, la compagnie devrait être capable de placer un «bouchon» temporaire.

Le travail est compliqué par le fait qu’il y a d’autres pipelines dans les parages, et qu’on veut éviter de provoquer une autre fuite en creusant trop vite.

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