Gabriel Osson raconte son Chemin de Compostelle

«La marche permet d’être seul avec soi»


15 décembre 2015 à 8h33

Né à Haïti, Gabriel Osson vit à Toronto. Dans ses écrits, il emporte le lecteur dans un univers tantôt fictif, tantôt réel, parfois les deux à la fois. Son dernier livre, J’ai marché sur les étoiles – Sept leçons apprises sur le Chemin de Compostelle, retrace son pèlerinage. Initialement catholique, cette marche a pour but d’atteindre le tombeau attribué à l’apôtre saint Jacques le Majeur, situé en Espagne.

Pourquoi avoir décidé de marcher sur le Chemin de Compostelle?

Le pourquoi est venu après. J’ai découvert le Chemin quand j’étais en convalescence. Je ne le connaissais pas du tout.

Pourquoi étais-je là bas? Je me posais moi-même la question. Je ne suis pas un pèlerin, pas un super croyant. Au fur et à mesure des silences et des introspections, des questions m’ont assailli. Je menais une vie à 200 mille kilomètres à l’heure. Avais-je besoin de toutes ces choses-là?

Je me suis rendu compte que je pouvais vivre dans un dépouillement. Cela m’a aussi permis de prendre conscience du temps, de ne pas m’éparpiller.

La marche apporte de grands moments de silence. Chaque personne, même si elle est accompagnée, fait le chemin avec elle-même. Au départ, je ne trouvais pas de réponses parce que je n’avais pas de réponses ou parce que je ne voulais pas les entendre. Et puis, je me suis fait à l’idée de me mettre dans un état d’étudiant comme un vase vide qui allait se remplir.

Pourquoi en avoir écrit un témoignage?

Je n’étais pas parti dans le but d’écrire un livre. J’ai tenu un carnet de route, mais ça m’a pris deux ans avant de me décider. Au fur et à mesure, je me suis dit: «Pourquoi ne pas écrire le récit de mon voyage? D’autres personnes pourraient être intéressées.»

Est-ce un livre pour les croyants?

Pas nécessairement. Mais il va faire ressortir une certaine spiritualité. Ce sont des leçons universelles que tout le monde peut adapter ou adopter.

Je me rends compte qu’on ne peut pas faire tout ce pèlerinage sans en tirer quelque chose. J’ai marché 26 jours. C’est du vécu, du ressenti, des souffrances, des privations. J’en ai retenu des leçons: voyager léger, être humble…

Recommanderiez-vous de faire le pèlerinage?

Faire Compostelle est un choix personnel. C’est un investissement de temps qui demande une bonne condition physique. Mais je conseillerai à tout le monde de marcher au moins une ou deux semaines. Cela permet d’être seul avec soi. D’ailleurs, la marche peut se pratiquer partout.

Alors, il n’est pas nécessaire d’être pratiquant?

Sur 100 personnes rencontrées, 80% ne faisaient pas la route pour des raisons religieuses. Ils étaient beaucoup dans un entre-deux: des jeunes qui finissent leurs études, des personnes qui viennent de prendre leur retraite…

J’ai aussi rencontré un jeune homme qui voulait sortir du placard et ne savait pas comment le dire à ses parents.

Plus généralement, qu’est-ce qui vous inspire?

Tout est sujet, matière à écriture. J’observe beaucoup. La nature m’inspire, les voyages, les gens, les sentiments aussi.

Là, je suis en train de travailler sur un roman. C’est une fiction-réalité. La base de l’histoire est vraie. Ce sont de jeunes enfants en Haïti qui habitent chez des parents, plus ou moins proches, dans le but d’aller à l’école ou d’apprendre un métier. Très souvent, ils sont maintenus dans un système d’esclavage. J’espère le terminer l’année prochaine. Il faut que je fasse des recherches sur le terrain.

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