Formez les policiers à la désescalade

«Les policiers reçoivent beaucoup de formation sur la manière d’utiliser leur pistolet, mais pas assez sur celle d’utiliser les mots» – l’Ombudsman de l’Ontario

Le protecteur du citoyen de l'Ontario, Paul Dubé.
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L’Ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, demande au ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de «sauver des vies», en exigeant des services de police partout dans la province qu’ils utilisent les techniques de désescalade lors de situations conflictuelles, avant de recourir à une force mortelle.

Diffusé ce mercredi 29 juin, son rapport Une question de vie ou de mort, fruit de sa plus récente enquête systémique, demande aux responsables d’imposer à tous les policiers «d’utiliser les techniques de communication et de désescalade dans toutes les situations de conflit avant d’envisager l’usage de la force, chaque fois que les paramètres de tactique et de sécurité le permettent».

Après avoir rencontré le nouveau ministre David Orazietti, M. Dubé, qui est en poste depuis trois mois, a déclaré qu’il était «encouragé» de voir le ministre prendre ses recommandations au sérieux.

L’enquête du Bureau de l’Ombudsman a conclu que la formation donnée au Collège de police de l’Ontario, de même que la réglementation législative, les lignes directrices et le modèle de formation sur lesquels elle s’appuie, sont présentement «tous inférieurs aux normes que les citoyens sont en droit d’attendre».

La formation de base des policiers en Ontario est «non seulement parmi les plus courtes au Canada, mais elle est axée davantage sur la manière d’utiliser les armes» que sur le souci de trouver d’autres options, a conclu le protecteur du citoyen.

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«Il n’y a pas de définition claire de la désescalade, pas d’exigence pour les policiers de mettre à jour et d’améliorer leurs compétences en milieu professionnel, pas d’uniformité dans la formation donnée dans les différents services de police en Ontario, et pas de surveillance des résultats d’une telle formation.»

«Les policiers en Ontario reçoivent beaucoup de formation sur la manière d’utiliser leur pistolet, mais pas assez sur celle d’utiliser les mots», écrit M. Dubé dans son rapport, dont la couverture est illustrée d’une photo de policiers braquant leurs armes sur le jeune Sammy Yatim en crise, seul dans un streetcar de Toronto, qui a été abattu de neuf balles le 27 juillet 2013.

En plus de formateurs des services de police et de spécialistes de la désescalade et de la santé mentale, l’équipe d’enquête a rencontré des proches de plus d’une douzaine d’Ontariens tués par des policiers au cours des dernières années (jusqu’en 1988), pour entendre leurs préoccupations et leurs suggestions de réforme.

rapport

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