Fleurs et femmes

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«On ne peut battre une femme qu’avec des fleurs.» Qui a dit ça? Un poète d’un autre temps?

Hélas! Il doit y avoir d’autres moyens si on en croit les tristes histoires de femmes battues, rapportées trop souvent par les médias. Il y a pourtant des hommes pleins de mansuétude, tels ces mollahs qui ont décidé, l’an dernier, qu’on ne lapiderait plus les femmes avec des cailloux pointus mais avec des galets bien arrondis.

Il y a aussi, en moins cruel, ces humoristes qui ne peuvent s’empêcher d’être machos et vous déclarent: «Il ne faut jamais battre une femme avec une fleur, ça abîme la fleur» (Gabriel Timmory).

Dans toutes les cultures, les fleurs ont été symboles de beauté et d’amour. Il est possible aussi que, par nécessité, l’homme préhistorique ait mangé plus de fleurs qu’il n’en a offert à sa compagne. Mais l’image du pithécanthropus erectus, a été faussée par les bandes dessinées où le pauvre est presque toujours représenté avec une massue à la main plutôt qu’avec une tulipe ou un brin de muguet.

Les anthropologues sont muets quand il s’agit de savoir qui a eu le premier l’idée charmante d’offrir un bouquet de fleurs (des champs, à cette époque) à Madame, en rentrant le soir à la maison.

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À Toronto, beaucoup plus tard – mais il y a à peine cinquante ans – on ne trouvait aucune de ces petites boutiques de fleurs, dont il semble que les Chinoises aient eu l’heureuse idée.

Et qui a inventé «le langage des fleurs»? Le myosotis, c’est, comme on le dit en anglais: Ne m’oubliez pas! La rose: Amour ardent (surtout rouge). Le chrysanthème: Vie éternelle. Pour les Asiatiques, le lotus est la fleur érotique par excellence, métonymie plutôt que métaphore des organes génitaux féminins.

Les botanistes ne peuvent s’empêcher de donner des noms savants – de préférence grecs – aux plantes et particulièrement aux fleurs. Heureusement, le commun des mortels avait souvent un équivalent sans prétention, qui a perduré. Ainsi l’hypéricon (ça fait déjà rire), est plus connu sous le joli nom populaire (un peu osé) de millepertuis. Les roses trémières, au nom demi savant, sont dites plus simplement des passeroses.

Les marguerites, pour savoir s’ils sont vraiment aimés, les amoureux les effeuillent, pétale par pétale, sur un air de chansonnette: Il (ou elle) m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout! Et on recommence jusqu’à ce que la marguerite ait été entièrement déflorée. Le dernier pétale annonce le verdict!

Vous connaissez, bien sûr, l’histoire de cette demoiselle à qui son amant propose de lui envoyer des fleurs:
– Laquelle vous ferait le plus plaisir?
– Une orchidée!
– Je note. Comment écrivez-vous ça?
– Oh… Offrez-moi donc des roses.

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Quand je lui racontais une histoire, ma mère me disait souvent: «Tu ajoutes des fleurs»! Le mot est aussi employé avec l’acception métaphorique de cadeau.

Un chauffeur de taxi qui laissait passer courtoisement une autre voiture, non prioritaire, me dit :
– C’est une dame. Je lui fais une fleur!
Joli. Non?

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