Facebook, un nouvel outil pour la lutte contre le cancer du sein

Les filles révèlent la couleur de leur soutien-gorge

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Publié 12/01/2010 par Guillaume Garcia

Un matin, vous vous connectez, comme tous les jours en fait, sur votre page de réseau social Facebook et vous découvrez une myriade de pseudos colorés. À la place de «se gratte les pieds» ou encore «se remet de sa soirée d’hier», vous avez «rose», « noir», «violet à rayures» ou encore «rien». Mais que se passe-t-il? Nous devons commencer l’enquête!

Il ne faut pas beaucoup de temps avant de s’apercevoir que ce phénomène touche uniquement les filles. Les commentaires affluent sous les pseudos pour s’amuser de la couleur ou pour demander une explication, questions surtout masculines en fait!

Différentes théories font leur chemin avant de comprendre qu’en fait il s’agit de la couleur des sous-vêtements de nos demoiselles. Mais pourquoi? Une petite recherche google, quelques questions à droite à gauche et vous avez la réponse.

En fait, une série de courriels seraient partis, certains parlent de la Scandinavie, demandant aux filles de faire passer une information uniquement entre personnes de sexe féminin.

Un message original

Les courriels proposaient aux filles d’inscrire la couleur et uniquement la couleur de leur soutien-gorge en statut Facebook, pour voir combien d’entre elles rejoindraient la cause de la lutte contre le cancer du sein et voir combien de temps cela prendrait aux hommes de comprendre ce qu’il se passait.

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Des chaînes de messages Internet, il s’en crée chaque seconde mais peu réussissent leur pari de faire le tour du monde.

Il faut croire que la cause du cancer du sein touche de très près les femmes, qui connaissent souvent quelqu’un de leur famille ou de leur entourage qui a été touché par cette maladie.

C’est le cas de Stéphanie, qui explique pourquoi elle a participé à ce buzz: «C’est ma copine qui m’a fait suivre ce courriel via Facebook, qui elle même l’a reçu d’une copine… et j’imagine ainsi de suite! J’ai suivi le mouvement parce que ma maman a été diagnostiquée en janvier dernier d’un cancer du sein et que plusieurs de mes amis ont perdu leur mère de ce type de cancer, et que je suis moi-même concernée via maman. Je pense que c’est une question de solidarité.

Et quand le cancer te touche, il n’y a plus de distinction entre toutes ces femmes, peu importe le milieu social auquel tu appartiens, tout le monde se retrouve dans le même bateau et à lutter et faire avec le traitement plus ou moins lourd selon l’état du cancer.»

Les filles semblent avoir été sensibles à l’idée originale de faire parler du cancer du sein par le jeu des pseudos Facebook.

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Stéphanie poursuit: il faut les impliquer [les femmes] dans un processus et il faut commencer par quelque chose qui ne demande pas grand-chose, c’est un phénomène qui s’appelle le pied dans la porte en psychologie sociale, demander un petit truc à quelqu’un pour pouvoir avoir quelque chose de plus important après!

En effet, de nouveaux courriels circuleraient afin de proposer aux filles de mettre en ligne un pseudo directement lié au dépistage ou à la solidarité affichée si elles connaissent quelqu’un qui a été touché par cette maladie

Parler d’un sujet sérieux

Pour Laureen, c’est le côté «insolite, marrant», d’une idée qui «peut amener à l’esprit quelque chose de sérieux par quelque chose de sympa, qui lui a fait suivre le mouvement.

«J’ai trouvé le concept rigolo, donc j’ai fait pareil. J’envoie ça à toutes mes copines. Je suppose qu’elles ont fait pareil, et ainsi de suite», indique-t-elle.

Toutes les deux semblent certaines de l’impact que peut avoir ce qui s’apparente à une pareille campagne gratuite pour la lutte contre le cancer du sein. Selon Laureen, cela peut changer quelque chose dans l’information et la prévention. «Juste parce que ça amène à la discussion avec ses copines, on parle du jeu, des commentaires et on en vient à parler du cancer du sein.

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Facebook touche les jeunes femmes, les ados qui sont plus ou moins informées donc ça permet juste une entrée en matière sur le sujet. Je trouve que c’est un moyen original pour toucher les jeunes femmes. Si on rentre trop dans quelque chose de sérieux médical, je ne suis pas sure que les femmes adhéreront de la même façon…»

Les hommes mauvais joueurs

Le buzz a donc fonctionné, les observateurs des phénomènes Internet en ont parlé, les filles en ont parlé entre elles, cela aurait peut-être permis de faire diagnostiquer ne serait-ce qu’une femme et elle pourra être soignée rapidement peut-on espérer.

Quant à savoir si les hommes ont beaucoup cherché à comprendre ce qu’il se passait, on répond par l’affirmative à la vue du nombre considérable de commentaires suivant les pseudos des filles.

Et oui, on était frustré de ne pas être acteurs du mouvement. Laureen s’en amuse: «J’ai trouvé ça drôle de voir la réaction des garçons qui se sentaient exclus! On se retrouve un peu en cours de récréation géante avec Facebook».

Pour se venger, les hommes pourront rejoindre le groupe Facebook créé dans la foulée «Vendredi 7 janvier, les filles découvrent les couleurs».
Lorsqu’on voit cette amertume, on se dit que les filles ont réussi leur coup.

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L’affiche de la campagne 2007 du ministère de la santé et des soins de longue durée 
de l’Ontario pour le dépistage du cancer du sein.

Auteur

  • Guillaume Garcia

    Petit, il voulait devenir Tintin: le toupet dans le vent, les pantalons retroussés, son appareil photo en bandoulière; il ne manquait que Milou! Il est devenu journaliste, passionné de politique, de culture et de sports.

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