Éradiquer le sida n’est plus impensable

30e Journée mondiale du sida


1 décembre 2017 à 7h00

Ayant célébré mon 60e anniversaire il y a deux mois, je sais combien une date marquante peut nous pousser à nous pencher sérieusement sur nos priorités et notre avenir.

La réponse au VIH attend ce 1er décembre notre signal d’alarme, alors que nous soulignerons la 30e Journée mondiale du sida – un anniversaire que je n’aurais jamais envisagé lors de mes débuts dans le domaine du VIH, il y a 30 ans.

J’ai passé plus de la moitié de ma vie à travailler à la réponse au VIH. Bien que nos objectifs n’ont pas changé – réduire le nombre d’infections par le VIH et promouvoir la santé des personnes – il fut un temps où ils semblaient ambitieux et visaient le long terme. Une chose à laquelle on aspirait, mais qui demeurait toujours inatteignable.

Indétectable = intransmissible

Or ce n’est plus le cas. Des centaines de chefs de file et organismes reconnus en matière de VIH se sont joints à un nouveau consensus issu de nombreuses années de recherche scientifique: une personne vivant avec le VIH qui prend son traitement et chez qui la quantité de virus vient à être indétectable par les tests sanguins ne transmet pas le virus à ses partenaires sexuels.

Indétectable égale intransmissible (I=I). Ce nouveau consensus a des conséquences énormes pour les personnes vivant avec le VIH.

De plus, il démontre que la fin de l’épidémie du sida au Canada est beaucoup plus atteignable qu’on avait cru jusqu’ici. Puisque le traitement a le potentiel d’éliminer le risque de transmission, il peut non seulement sauver la vie des personnes vivant avec le VIH, mais aussi contrer la transmission du virus.

Traitement = prévention

Ce concept – le traitement comme outil de prévention – n’est pas nouveau. L’expression a été inventée en 2006 par des chercheurs du Centre d’excellence sur le VIH/sida de la Colombie-Britannique, lorsqu’ils ont publié des données démontrant qu’un accès accru aux traitements modernes du VIH s’accompagnait souvent d’une diminution du nombre de nouvelles infections par le VIH.

Dans certains pays, le gouvernement a adopté et appliqué ce concept. Au Swaziland, le pays au premier rang mondial pour la prévalence du VIH, on a doublé le nombre de personnes séropositives traitées depuis 2011. Cette année, des chercheurs ont annoncé que le nombre de nouvelles infections par le VIH a diminué de moitié depuis ce temps.

Pour que cette approche fonctionne, il faut cependant vaincre deux obstacles: il faut que les personnes connaissent leur statut VIH et il faut que celles qui reçoivent un diagnostic d’infection à VIH aient accès aux traitements et aux soins.

Au Canada, nous observons un retard sur ces deux points. Un cinquième des Canadiens qui vivent avec le VIH ne sont même pas au courant de leur infection. Parmi ceux qui ont été diagnostiqués, seulement trois sur quatre sont traités.

Dépistage = succès

Si nous n’apportons pas de changement radical à notre approche au dépistage et au traitement du VIH d’ici trois ans, le Canada n’atteindra pas les cibles mondiales établies par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida pour mettre fin à l’épidémie du sida d’ici 2030.

À l’aube de ce qui devrait être la dernière décennie de l’épidémie mondiale du sida, les leaders du Canada et ses responsables des politiques doivent retrousser leurs manches, intensifier les efforts et faire ce qui peut être fait dès maintenant.

Intensifier les campagnes de dépistage du VIH. Offrir ce dépistage à tout le monde dans le cadre de l’examen de routine chez le médecin. Approuver des trousses de dépistage du VIH à domicile et les rendre aussi faciles d’accès que les tests de grossesse. Faire en sorte que toutes les personnes vivant avec le VIH puissent recevoir les traitements et les soins dont elles ont besoin pour demeurer en santé et pour que leur infection soit intransmissible.

Alors, donnons le coup de grâce à cette épidémie une fois pour toutes!

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