Équilibre entre distance et attachement

Alain Cavenne, L’équivoque
Alain Cavenne, L’équivoque, roman, Ottawa, Éditions L’Interligne, collection Vertiges, 2020, 158 pages, 23,95 $.
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Dans son roman intitulé L’équivoque, Alain Cavenne décrit la relation problématique d’un homme de 49 ans et d’une femme de 23 ans.

C’est une occasion en or pour disséquer la complexité des rapports humains et pour illustrer comment l’amour ou la passion conduit souvent à des catastrophes.

Daniel a enseigné à Julie au cégep et il la croise quelques années plus tard par un hasard qui se transforme rapidement en un coaching musical, puis en une relation intense pour elle, trouble pour lui.

Cavenne écrit que «Daniel est amoureux de Julie. Il ne peut cependant accepter que Julie soit amoureuse de lui. Trop dangereux.»

Prologue rébarbatif

Je dois vous prévenir que le Prologue de ce roman est un peu rébarbatif. Ancien prof de philosophie, l’auteur s’adresse plus à des étudiants de maîtrise que Monsieur et Madame Tout-le-Monde.

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Mais lisez plus loin et passez à la Première partie, vous serez enchantés.

L’Épilogue surprend aussi; il s’agit de la réflexion historico-sociale d’un auteur qui a beaucoup analysé la condition humaine.

Gourmandise sexuelle

Les deux protagonistes sont décrits avec doigté psychologique et finesse littéraire. L’intrigue se déroule bien, mais le rebondissement principal est un peu trop abrupt. Le romancier illustre avec brio l’erreur que commet Daniel.

Ce dernier se laisse entraîner par «la gourmandise sexuelle, la jeunesse de Julie, son charme absolu, l’appel du renouveau, l’excitation du défi». Il oublie cependant que la jeune femme rêve d’une «relation fusionnelle». Elle mérite d’être aimée mieux que ce qu’il peut lui offrir.

Style savoureux

Le style d’Alain Cavenne est savoureux. Au sujet de Julie, il parle du «feu juvénile dans ses yeux». Au sujet d’une porte, il écrit qu’elle est «fort attirante, à la fois de sortie et d’entrée». Lorsqu’une femme parle de son sein plus petit que l’autre, cela devient «le grand et le petit Robert!».

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L’humour revient au sujet des infirmières et des employés de Postes Canada qui marchent beaucoup: «ils ont de belles fesses, hommes et femmes».

Fines réflexions

Le roman est enrichi de fines réflexions, dont voici quelques exemples: «Les femmes semblent accepter le vieillissement avec plus de grâce. Chez les hommes, il reste toujours un vieux lion» (i.e. chasseur).

«Amour et besoin ne font pas bon ménage. Le besoin de n’être pas seul, par exemple: on est toujours seul, jusqu’à la mort.»

Et une dernière: «La musique est avant tout affaire d’émotion, les premiers humains ont frappé des ossements et tapé sur des peaux en dansant bien avant de se mettre à dessiner ou à écrire.»

Le sentiment d’être utile

Daniel craint constamment que Julie tombe amoureuse de lui. Elle lui apporte de l’énergie, de la vitalité, un sentiment d’être utile, de pouvoir l’aider, sans compter qu’il sait à merveille savourer la jeunesse et la peau bien douce de cette compagne.

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Le hic, ici, c’est que «Daniel prétendait qu’il ne l’aimait pas, mais il était tellement aimant».

Désirs contraires

L’équivoque est un débat entre deux désirs contraires. D’une part, Daniel veut laisser à Julie sa liberté; d’autre part, il redoute de la perdre. «Il naviguait ainsi en tentant de maintenir malgré tout un difficile équilibre entre la distance et l’attachement.»

Alain Cavenne est le pseudonyme d’Alain Gagnon originaire de Hearst. Après avoir enseigné la philosophie, il se consacre à l’écriture et à la traduction. On lui doit des nouvelles et sept romans.

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