Enemy de Denis Villeneuve: thriller dérangeant et haletant

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Après Prisoners, sorti en septembre dernier, Denis Villeneuve revient sous les feux de la rampe avec Enemy, son dernier long-métrage, dans les salles à partir de vendredi.

Présenté en avant-première au dernier Festival du film de Toronto, et classé, selon le TIFF, parmi les 10 meilleurs longs-métrages canadiens de l’année 2013, Enemy est un film surprenant, déroutant et original.

Film indépendant

Contrairement aux dates de sorties respectives des deux films, Enemy a été réalisé avant Prisoners, film plus indépendant, budget moins important. Enemy et Prisoners se démarquent en tout point, tout en étant étroitement liés.

Denis Villeneuve déclarait en janvier, au micro de Cameron Bailey, directeur artistique du Festival du film de Toronto: «Bien que les deux films soient totalement différents, j’ai été capable de faire Prisoners grâce à Enemy. Ce fut une exploration préalable.»

Le film est une adaptation fidèle et intéressante du livre de José Saramago, L’Autre comme moi. Il raconte l’histoire d’Adam, professeur d’histoire, fiancé, qui reconnaît son sosie parfait, Anthony, figurant dans un film. Sauf pour leur aspect physique, tout les sépare: caractères différents, intérêts opposés, mentalités discordantes.

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Mais intrigué par cette ressemblance frappante, Adam décide de tout faire pour rencontrer celui qui va très vite devenir son pire ennemi.

C’est un thriller fantastique haletant, sombre et dérangeant.

Travail d’équipe

À la distribution, le réalisateur québécois s’appuie encore une fois sur des acteurs de renom, tels que Sarah Gadon, Mélanie Laurent, Isabella Rossellini ou encore et surtout Jake Gylenhaal. Déjà choisi pour interpréter le policier dans Prisoners, Denis Villeneuve n’a pas hésité une seule seconde à collaborer à deux reprises avec l’acteur américain.

On sent chez Denis Villeneuve ce besoin de travailler en équipe, chose qu’il n’a pas eu la chance de faire par le passé. On sent cette envie de continuité, et de partage, que lui offre le cinéma.

«C’est un acteur fantastique. J’ai été inspiré par son talent. J’espère pouvoir retravailler avec lui, dans le futur, car j’aime, en tant que réalisateur, la proximité que l’on peut développer avec ses acteurs», disait-il en janvier.

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Pour Jake Gylenhaal, travailler avec le natif de Trois-Rivières fut aussi, en tout point, enrichissant, lui qui confiait à Cameron Bailey qu’il avait «appris beaucoup grâce à Denis», qu’il avait appris «à [s]e laisser davantage aller, à [s]’exprimer plus, ce qui fut tout nouveau pour [lui].»

Jake Gylenhaal nous épate de par sa capacité à peindre deux portraits diamétralement dissonants de deux êtres parfaitement semblables. Juste dans son jeu, il subjugue le spectateur. Grâce à cette performance époustouflante, on est très vite embarqué dans un thriller psychologique et cérébral, dans une séance d’hypnose où l’on doit discerner rêve et réalité.

Tourné à Toronto

Pour le lieu de tournage, Denis Villeneuve a choisi, sans hésitation, Toronto, ville selon lui «parfaite pour tourner des films, ville aux multiples facettes».

Sarah Gadon, actrice torontoise, qui joue le rôle de la femme d’Anthony dans le film, disait: «cela fait longtemps que je n’ai pas vu un cinéaste filmer aussi bien notre ville.» En effet, la Ville Reine est prise sous tous les angles.

Denis Villeneuve choisit, en outre, d’utiliser un filtre de couleur jaunâtre tout au long du film. Toronto prend alors des allures de ville fantôme, de ville gigantesque au bord de la déchéance.

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Tout cela sert l’intrigue, traduit le côté sombre et troublant d’Enemy, enrichit les personnages. La musique sinistre composée par Danny Bensi est tout aussi importante dans ce contexte.

Après Maelstrom en 2000 et Polytechnique en 2009, tous deux lauréats du prix Génie du meilleur film canadien de l’année, puis Incendies en 2010, nominé aux Oscars, Denis Villeneuve continue avec Enemy et Prisoners à se forger une solide réputation.

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