Encore le «trou» dans la couche d’ozone

La couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique, octobre 2014 (Photo: NASA)


2 octobre 2017 à 12h56

Trente ans après la signature du Protocole de Montréal sur la protection de la couche d’ozone, l’impression générale est que le problème appartient au passé. Mais le «trou» dans la couche d’ozone est-il vraiment un problème réglé?

Les CFC

La couche d’ozone est une couche de protection entourant la Terre, qui bloque la plus grande partie du rayonnement ultraviolet. Sans elle, la vie ne serait pas possible.

Elle est soumise à des fluctuations naturelles en fonction des saisons. Mais on s’est aperçu dans les années 1980 qu’elle commençait à s’amenuiser dangereusement, au-dessus de l’Antarctique: c’est ce qu’on a appelé «le trou dans la couche d’ozone».

Un phénomène similaire a été observé au-dessus de l’Arctique. À certaines altitudes et à certaines époques, la couche avait perdu jusqu’à 80% de son épaisseur initiale.

Principaux coupables: les CFC (chlorofluorocarbures), des gaz utilisés comme  réfrigérants. Le 16 septembre 1987, le Protocole de Montréal était signé, menant à terme leur interdiction.

La taille du trou

À la fin des années 80, les scientifiques avaient annoncé que la résorption du «trou» de la couche d’ozone prendrait plusieurs années. «On savait que cela prendrait du temps», explique Richard Ménard, chercheur à Environnement Canada.

En 2016, une étude menée par Susan Solomon, chercheuse au MIT, annonçait que les premiers signes de fermeture du trou de la couche d’ozone étaient visibles. Selon ses calculs, il se serait déjà refermé d’une surface équivalente à celle de l’Inde et il pourrait se refermer complètement d’ici 2050. L’objectif semble en voie d’être atteint.

Toutefois, tous les experts ne sont pas aussi optimistes. «La restauration complète ne sera pas avant la deuxième moitié du XXIe siècle à cause de la longue durée de vie des CFC», détaille Daniel J. Jacob, professeur de chimie atmosphérique à l’Université Harvard.

Divergence d’opinions

Les observations par satellites révèlent que 2015 fut l’année du 4e plus large trou depuis 1991, atteignant une surface équivalant aux États-Unis. 2016 ne fut pas une bonne année non plus… Il subsiste donc une divergence d’opinions sur l’avenir du trou ou sur la vitesse à laquelle il va se résorber.

Par ailleurs, on a beaucoup de mal à trouver des experts prêts à se prononcer sur ce débat, certains d’entre eux alléguant qu’ils n’ont pas creusé la question depuis des années.

Richard Ménard explique que les priorités ont changé: «Quand on a découvert le problème dans les années 80, on cherchait beaucoup les mécanismes de la couche d’ozone. Maintenant qu’on les connaît, c’est une variable secondaire qu’on prend en compte dans nos études, plutôt qu’un sujet de recherche à part entière.»

Nouveaux polluants

On entend souvent parler des hydrofluorocarbures (HFC), cette famille de gaz qui a remplacé les CFC en tant que réfrigérants.

Près de 14 000 fois plus puissants que le CO2 en tant que gaz à effet de serre, ils réchauffent la basse atmosphère, ce qui a un impact négatif sur la couche d’ozone, dont on sait qu’elle est sensible aux variations de température.

L’amendement de Kigali au Protocole de Montréal, signé en 2016 par 197 pays, vise à supprimer leur utilisation d’ici 2050.

Un autre problème s’est ajouté: le dichlorométhane (DCM), un décapant utilisé dans la peinture. Selon les dernières mesures, la quantité de ce gaz a doublé dans notre atmosphère depuis 2004. À l’origine, le DCM était considéré comme non destructeur de l’ozone puisqu’il n’a qu’une durée de vie de 5 mois, mais il existe à présent un débat à ce sujet.

«Les quantités croissantes de DCM se propagent dans la stratosphère, où il est exceptionnellement efficace pour détruire l’ozone», expliquait en août David Rowley, un chimiste de l’atmosphère du Collège universitaire de Londres, dans le journal Yale Environment 360.

Selon lui, la propagation de ce polluant repousserait de 30 ans la fermeture du trou.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

La station Kipling: circulez, y a rien à voir

Cette semaine, nous poursuivons les Visites Express consacrées aux extrémités du métro torontois. Après Finch et McCowan, nous nous sommes rendus à l'ouest de...
En lire plus...

21 février 2019 à 13h00

Common law en français: Calgary devance Toronto

Ian Holloway, doyen, Faculté de droit, Université de Calgary; Nickie Nikolaou, vice-doyenne (Calgary); Adam Dodek, doyen, Faculté de droit, Université d’Ottawa; Caroline Magnan, directrice du Programme de certification de common law en français; Alexandra Heine, étudiante de 3e année en droit (Calgary).
Un nouveau partenariat sur l'enseignement de la common law, conclu entre les facultés de droit de l’Université d’Ottawa et de l’Université de Calgary, va...
En lire plus...

21 février 2019 à 11h00

Incertitude environnementale et arrogance humaine

roman
Le premier roman de Christiane Vadnais, Faunes, est un récit dystopique qui s’insère dans un courant de fiction climatique.
En lire plus...

21 février 2019 à 9h00

Ils ont apporté la rougeole à l’école

Encore un. Un père de famille qui se retrouve au centre d’une poussée de cas de rougeole, en Colombie-Britannique, reconnaît ne pas avoir fait...
En lire plus...

21 février 2019 à 7h00

Une assemblée citoyenne de l’AFO sur Facebook

Résistance
L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario organise sa première assemblée citoyenne en direct sur Facebook le mardi 26 février à 17 h.
En lire plus...

20 février 2019 à 17h10

McMichael accueille l’art pluriel de Françoise Sullivan

McMichael
Les femmes à l’honneur! Depuis le 16 février, le Musée d'art canadien McMichael ouvre ses portes à deux expositions itinérantes sur deux grandes artistes:...
En lire plus...

20 février 2019 à 13h00

Facebook, sauveur des journaux?

journaux, presse, médias
Responsable majeur de leur détresse, Facebook vient aujourd’hui au secours des journaux désemparés en promettant 300 millions $ pour divers projets de journalisme local....
En lire plus...

20 février 2019 à 11h00

Roman d’une culture générale transcendante

livre
L’action de Complot à l’Unesco, le tout dernier roman d’Alain Bernard Marchand, se déroule en grande partie à Paris, siège de l’institution onusienne du...
En lire plus...

20 février 2019 à 9h00

Traitement miracle? Posez ces deux questions

science
Une annonce pour le moins spectaculaire — un traitement pour le cancer dès 2020 — a attiré l’attention des médias il y a deux...
En lire plus...

20 février 2019 à 7h00

Bien plus qu’une école de métiers

Club canadien de Toronto
Le Collège Boréal est bien plus qu’une institution post-secondaire, près du quart de ses étudiants possédant déjà un diplôme universitaire et venant y trouver...
En lire plus...

19 février 2019 à 22h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur