Encore des dizaines de conflits «chauds» dans le monde

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Publié 26/08/2008 par Vincent Muller

Il y a de cela deux semaines, L’Express accordait en Une la place à la question des droits de l’Homme avec une manifestation pour les droits et libertés au Tibet, en Birmanie et pour d’autres minorités opprimées par le gouvernement chinois. En continuité, nous vous proposons un bref aperçu de la situation de plusieurs conflits qui se déroulent actuellement dans le monde.

Alors que le monde avait les yeux braqués sur les Jeux Olympiques, l’armée chinoise, depuis les émeutes du 10 mars, a les armes braquées sur les éventuels manifestants tibétains. Il semble d’ailleurs que l’armée ait tiré sur la foule lundi dernier, dans l’Est du Tibet faisant de nombreuses victimes. Depuis 1954 la Chine est présente au Tibet, qui demande son autonomie.

Darfour (Soudan)

La Chine n’est pas étrangère non plus à un autre conflit qui dure depuis 2003, le conflit au Darfour, région ouest du Soudan.

Le gouvernement chinois, qui est le principal acheteur du pétrole soudanais et un fournisseur important d’armes, soutient le gouvernement d’Omar El-Béchir. Ce même gouvernement arme les milices qui exterminent ou, au mieux, chassent les populations noires musulmanes du Darfour.

El-Béchir a d’ailleurs déclaré la semaine dernière (mercredi) lors d’une visite en Turquie à l’occasion du sommet de coopération Turquie-Afrique qu’il «n’hésiterait pas à entrer en guerre et à contraindre les soldats de la paix à quitter le Darfour si la Cour pénale internationale (CPI) l’inculpait formellement de génocide et crime de guerre au Darfour».

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Tchad

La situation au Tchad pays frontalier du Soudan est instable depuis 2005. Plusieurs groupes rebelles s’opposent au gouvernement soutenu par la France alors que certains accusent le Soudan de supporter les rebelles.

Somalie

Toujours en Afrique de l’Est, un autre conflit dans un pays qui connaît une instabilité politique chronique depuis 1991, la Somalie, où une journaliste canadienne vient d’être kidnappée.

La guerre oppose depuis 2006 le gouvernement fédéral somalien de transition et plusieurs milices islamistes. L’Éthiopie voisine est elle aussi impliquée dans le conflit puisqu’elle lutte contre les milices. Le gouvernement de transition ne contrôle qu’une petite partie du pays.

Ogaden (Éthiopie)

Une région de l’Éthiopie frontalière de la Somalie connaît des troubles depuis 2007. Le conflit oppose l’armée éthiopienne aux rebelles du Front National de Libération Ogaden.

L’action contre la guérilla a commencé après que 74 personnes aient été tuées en avril 2007 lors de l’attaque d’un camp chinois menant des explorations afin de trouver du pétrole. Les rebelles veulent faire de la région d’Ogaden à l’Est du pays, un État indépendant.

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Nord-Kivu (RDC)

La région du Nord-Kivu, en Républi-que démocratique du Congo, région frontalière de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi, connaît des troubles réguliers qui ne sont pas étrangers à la guerre et au génocide qu’a connu le Rwanda en 1994. Des civiles subissent régulièrement des attaques attribuées à des rebelles Hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qui se sont réfugiés dans les pays voisins, dont cette province du Congo ou les populations sont les mêmes qu’au Rwanda.

Ouganda

La Lord Resistance Army est un groupe paramilitaire chrétien formé en 1987. Dirigé par Joseph Kony qui s’est autoproclamé porte-parole de Dieu. C’est un des plus long conflits africains. Le groupe veut créer un État théocratique basé sur les 10 commandements et sur les traditions du peuple Acholi se trouvant au Sud Soudan et en Ouganda.

Il s’agit de la 2e guerre civile en Ouganda qui a commencé en 1995. La LRA combat les forces du gouvernement, même si la stabilité du gouvernement n’est pas menacée, les violences perpétrées par la LRA ont causé le déplacement de 1,2 millions de personnes.

En 2002 les Forces de défense du peuple de l’Ouganda ont mené des actions contre des membres du LRA se trouvant au Sud Soudan avec l’accord du gouvernement soudanais. Même si les deux pays entretiennent des relations diplomatiques, l’Ouganda continue d’accuser le Soudan de soutenir le LRA, ce que dément le Soudan.

Casamance (Sénégal)

Il s’agit d’une guerre civile de faible intensité qui se déroule en Casamance dans la partie sud du Sénégal qui est la plus fertile du pays. La région est séparée du nord par un petit pays: la Gambie.

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Le principal groupe éthnique de la Casamance est peu présent dans la partie nord du pays, mais se retrouve en Gambie et en Guinée-Bissau (au sud de la Casamance). 

À partir de 1990, le Mouvement de forces démocratiques de Casamance a commencé une lutte armée avec le soutien discret de l’armée de Guinée-Bissau. L’armée sénégalaise a contre-attaqué. Les deux camps ont été accusés de s’en prendre à des civils. Depuis, on assiste à des clashs occasionnels suivis de cessez-le-feu, de négociations, ponctuées de disparitions de civils et parfois de touristes.

Mali et Niger

Il y a eu plusieurs rebellions des Touaregs vivant au Mali et au Niger. La dernière en date a commencé en 2007. Les Touaregs reprochent aux gouvernements malien et nigérien de les négliger.

Au Niger, le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) attaque des bases militaires et enlève des responsables gouvernementaux. Le MNJ accuse le gouvernement de s’accaparer les terres où se trouve l’un des plus importants gisements d’uranium de la planète et les richesses qui résultent de l’exploitation.

La semaine passée, lors d’une réunion-médiation organisée à Tripoli (Libye) le président Kadhafi a tenté d’obtenir qu’ils déposent les armes mais sans succès.

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Arabie Saoudite

En Arabie Saoudite, un conflit armé oppose des musulmans sunnites radicaux, que l’on suppose liés à Al Qaïda, à la monarchie saoudienne. Des civils saoudiens et les forces armées du pays ont été pris pour cible. Ils s’en prennent aussi aux investisseurs étrangers et aux Occidentaux afin de les faire quitter le pays, ce qui causerait du tort à la monarchie dont l’économie est basée sur l’exploitation du pétrole.

Kurdistan (Turquie)

Le PKK est une organisation de militants kurdes fondée dans les années 1970 avec une idéologie nationaliste kurde et marxiste-léniniste. L’organisation fût dirigée par Abdullah Öcalan jusqu’à sa capture en 1999.

Son but est de créer un état indépendant socialiste au Kurdistan, zone géographique qui regroupe une partie du sud-est de la Turquie, le nord- est de l’Irak, le nord-est de la Syrie et le nord-ouest de l’Iran où la population kurde est majoritaire.

Le PKK est listé par la Turquie les USA, l’UE et l’OTAN comme une organisation terroriste. Selon la Turquie, le PKK utilise la violence contre les civils et les militaires à des fins politiques.

Géorgie

La région d’Ossétie du Sud, qui possède une frontière avec la Russie et se trouve au centre-nord du pays, a connu tout récemment des affrontements entre des séparatistes et l’armée géorgienne.

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La région pro-Russe a vu la Russie intervenir et pénétrer largement à l’intérieur du territoire géorgien. Cette incursion russe, mais aussi l’intervention anti-séparatiste géorgienne qui l’a motivée, ont été largement critiquées par la communauté internationale. Le conflit s’est étendu à l’Abkhazie, région située au nord-ouest du pays.

Cachemire (Inde)

Il s’agit d’une dispute territoriale entre l’Inde et le Pakistan et entre l’Inde et la République populaire de Chine. Le Pakistan revendique toutes les régions de l’ancien État excepté deux régions qui sont réclamées par la Chine. L’Inde et le Pakistan se sont battus pour le Cachemire lors de trois guerres en 1947, 1965 et 1999.

L’Inde et la Chine se sont affrontées en 1962 pour une partie de cette région. Des séparatistes Kashmiri et des militants sont régulièrement aux prises avec les Forces armées indiennes qui accusent le Pakistan de les soutenir.

La région à majorité musulmane est dirigée par des Dogra, ethnie en majorité Hindou bien que certains soient aussi musulmans. La semaine passée, des manifestations ont eu lieu accusant le gouvernement Indien de vouloir modifier la démographie du Cachemire en incitant l’implantation d’indiens hindous venant de l’extérieur du Cachemire.

Nagaland (Inde)

Le Nagaland se trouve dans le nord- est de l’Inde et connaît depuis 1993 un conflit entre deux peuples: les Kukis et les Nagas qui comptent plusieurs groupes rebelles.

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Sri Lanka

La guerre civile dure depuis 1983 connaissant des périodes d’accalmie. Il s’agit principalement d’une guerre entre le gouvernement et les Tigres de la Libération de Tamil Eelam, une organisation de séparatistes qui veut créer un État indépendant qu’ils nommeraient Tamil Eelam dans le nord-est de l’île.

Birmanie

Il s’agit d’un conflit interne de faible intensité qui existe depuis environ 1948 entre le gouvernement et différents groupes éthniques dans le pays. Il s’agit du plus long conflit du monde.

Plusieurs groupes s’opposent à la junte militaire qui dirige le pays depuis 1962. Les Birmans ont manifesté à Toronto lors de la cérémonie d’ouverture des jeux de Pékin pour protester contre le soutien de la Chine à la junte militaire, mais aussi pour commémorer le 20e anniversaire du soulèvement national du 8/8/88.

L’opposante la plus connue est Aung an Suu Kyi, activiste non-violente pro-démocratie, leader de la Ligue nationale pour la démocratie en Birmanie, prisonnière de conscience.

Papouasie (Indonésie)

Le mouvement de libération de la Papouasie est une organisation séparatiste qui existe depuis 1965 et qui demande l’indépendance de l’ouest de la nouvelle Guinée de l’Indonésie.

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Laos

Des rebelles Hmong s’opposent depuis 2000 au gouvernement laotien.

Pattani (Thaïlande)

La Thaïlande connaît des troubles depuis 2004 en raison d’une révolte de séparatistes dans le sud, dans la région de Pattani qui regroupe trois provinces. Ces troubles s’étendent dans les régions voisines.

En 10 ans, ces conflits ont fait près de 4 000 victimes, plus de la moitié depuis l’augmentation des violences en 2004. Le gouvernement tente de négocier depuis 2005 avec les insurgés. En 2007, 10 bombes ont explosé les 18 et 19 février durant la célébration du nouvel an chinois simultanément dans quatre provinces du sud faisant huit victimes. Il n’y a pas eu de revendications mais on attribue cela aux séparatistes.

Philippines

Il s’agit d’une révolte islamique armée qui oppose le Front de libération islamique Moro au gouvernement dans le sud des Philippines. On estime le nombre d’individus à 12 000 personnes alors que le groupe prétendait en 1998 compter près de 90 000 hommes armés.

La région qui équivaut à un tiers des Philippines comprend une population musulmane qui compte 10 millions de personnes. Les musulmans radicaux considèrent qu’ils mènent la guerre sainte contre le gouvernement colonial de Manille.

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Pour eux le gouvernement continue l’oppression commencée en 1521 à l’arrivée des Espagnols dans le pays. Ils accusent le gouvernement de génocide contre les musulmans Moro et de se débarrasser des musulmans dans les postes de gouvernement local pour installer des Chrétiens à la place.

Pérou

Depuis 1980, 70 000 personnes sont mortes dans le conflit interne au Pérou. Les principaux acteurs: le gouvernement et des mouvements révolutionnaires comme le Sentier lumineux, le Rondas Campesinas et le mouvement révolutionnaire de Tùpac Amaru. 

Beaucoup de victimes sont des civils car les acteurs ont visé délibérément la population. Le conflit a largement diminué depuis 2000. Le Mouvement révolutionnaire Tùpac Amaru n’existe plus. Le Sentier lumineux s’est affaiblit.

Les classiques…

Enfin terminons en rappellant les «grands classiques» qui n’ont plus besoin de présentation: l’Irak, l’Afghanistan et Israël.

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L‘Irak, où les Américains sont intervenus en théorie pour rétablir la démocratie et mettre fin à une menace terroriste…

L’Afghanistan où l’intervention internationale – américaine, d’abord, mais bien sûr aussi canadienne, britannique, française – a fait suite aux attentats du 11 septembre 2001 afin de démanteler les réseaux terroristes et de retrouver Oussama Ben Laden…

Israël, où les Palestiniens ne semblent décidément pas apprécier l’action de l’armée israélienne ni l’installation de colonies juives sur les territoires dévolus à l’autorité palestinienne…

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