Emballages

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Je viens de détruire, à coups de couteau rageurs, le capuchon de mon flacon de Tylénol. Les emballages modernes me rendent fou. Sous prétexte d’empêcher les enfants d’avaler des comprimés, de boire de la térébenthine ou de l’acide sulfurique, on empoisonne la vie des adultes avec des bouchons sur lesquels il faut appuyer de tout son poids en tournant dans le bon sens.

Prendre une aspirine, la nuit, devient un exercice de haute technologie. Je crois les mômes moins idiots. Je n’en ai jamais vu se mettre à boire du pétrole ou même à avaler un flacon de gouttes pour le rhume.

Bon. Admettons pour les produits dangereux que l’on complique le déballage. Mais ne vous êtes vous jamais battus avec un sac en plastique que l’hôtesse de l’air vient de vous apporter? Il contient des noix et personne n’arrive à ouvrir le sac. Il faut le faire éclater d’un coup de pied qui va transformer vos pinottes en poudre et disperser le tout sur le tapis.

Dernier avatar du genre, sur mon récent vol d’Air Canada Paris – Toronto, les hôtesses elles-mêmes ont dû demander assistance à un colosse pour ouvrir les petites bouteilles de vinaigrette de trois rangs de passagers désespérés.

Décoller le couvercle du plat d’aluminium qui contient votre poulet, ouvrir un pot de confiture, extraire un magazine de son enveloppe plastifiée, autant d’exercices enrageants. Rien à faire, je serai définitivement fou avant que ça change.

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