Économie: 2007 sera difficile en Ontario

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Publié 09/01/2007 par Gérald Fillion

L’année 2007 en sera une de transition en Ontario. Les économistes sont fermes: c’est ici que la croissance sera la plus faible au Canada.

La raison principale, c’est le ralentissement du secteur de l’automobile. Les grands constructeurs nord-américains éprouvent de sérieuses difficultés depuis quelques années et bien sûr, ce vent froid souffle aussi sur les travailleurs manufacturiers de l’Ontario.

Il serait étonnant donc que la croissance du produit intérieur brut dépasse 1,5% alors que, pour l’ensemble du Canada, la croissance pourrait atteindre 2,5%, poussée encore par le boom économique de l’Alberta. Certains économistes osent évoquer la possibilité d’une récession: de 30% à 40% selon des experts comme Marc Lévesque, de la banque TD.

Les «ajustements»

Le dollar canadien s’est stabilisé en fin d’année à 86-87 cents US. C’est plus de 25 cents US au-delà de la valeur du huard il y a 4 ans. Les entreprises manufacturières se sont partiellement adaptées à cette situation en tentant de réduire leurs coûts de production, mais l’essor spectaculaire de pays émergents comme l’Inde, la Chine et le Brésil déstabilise encore les entreprises manufacturières de la province.

Ces sociétés sont encore en mode «ajustement», ce qui signifie compressions, fermetures d’usines et suppressions d’emplois. L’année 2007 sera marquée par d’autres coupes budgétaires alors que les prix de l’énergie demeureront élevés. Un baril de pétrole à 60 $US, c’est bon pour l’Ouest du Canada et pour Terre-Neuve, mais c’est coûteux pour les entreprises ontariennes qui doivent exporter, qui doivent payer cher le transport, gourmand en carburant.

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À surveiller: l’impact des plans de restructuration des grands de l’automobile et l’ascension toujours en cours de la Japonaise Toyota.

Notre partenaire, au ralenti…

Et puis, il ne faut pas oublier que le principal partenaire commercial étranger de l’Ontario, ce sont les États-Unis. Les Américains sont joyeusement endettés et ils pourraient réduire leurs dépenses de consommation en 2007 alors que les économistes constatent déjà un ralentissement dans le secteur immobilier.

Quand on sait que les dépenses de consommation représentent les 2/3 du PIB américain, on comprend clairement qu’un simple petit ralentissement peut avoir un impact notable sur la croissance économique. Et, quand les États-Unis hésitent, les principaux partenaires économiques le ressentent rapidement. À surveiller: l’ampleur du dégonflement du secteur immobilier aux États-Unis.

Et le TSX dans tout ça?

Avez-vous calculé vos gains sur les marchés canadiens au cours des quatre dernières années? Prenez l’indice principal de la bourse de Toronto, le S&P/TSX, et vous constaterez que depuis octobre 2002, depuis la fin de l’éclatement complet de la bulle technologique, le TSX a gagné près de 130%.

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Pourquoi? Parce que les prix des ressources ont bondi, les cours du pétrole ont atteint des niveaux records, les technologies sont revenues à la vie, les fiducies de revenu ont fait le bonheur de tous (coït interrompu toutefois en 2006) et les sociétés financières font des profits records et augmentent leurs dividendes.

Le marché canadien va bien, très bien. Est-ce qu’on peut s’attendre à ce que cette lancée se poursuive en 2007?

Les analystes se montrent prudents. Mais, ils étaient très prudents aussi à la fin de 2005. Les sceptiques ont été confondus en 2006 avec la performance boursière du TSX.

J’ai parlé à quelques spécialistes: certains croient à un rendement de 5% à 10% en 2007, d’autres s’attendent à peu de changements et un homme comme Clément Gignac, à la Financière Banque Nationale, prédit une baisse du TSX et suggère d’investir dans les actions américaines. Donc, au final, je n’ai pas de recette secrète pour investir en 2007. Soyez prudents et bonne chance!

À surveiller: que feront les fiducies de revenu, qui seront bientôt amputées de leur principal avantage fiscal? Est-ce que les sociétés dans les ressources peuvent encore progresser en bourse? Et les pétrolières? Et les assureurs? Et les grandes banques?

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Année électorale

Il y aura des élections en Ontario en octobre prochain. Avec une campagne électorale, surgissent les promesses de toutes parts. Investissement par ici, baisses d’impôts ou de taxes par là… qu’est-ce qu’on nous promettra cette année?

Dans une province qui n’arrive pas à l’équilibre fiscal, alors qu’on craint même une récession, il serait très étonnant que des politiciens osent promettre de nouvelles baisses d’impôts.

À Ottawa, toutefois, c’est différent. Le gouvernement Harper veut baisser les impôts et réduire la charge fiscale des Canadiens. Plusieurs analystes prévoient une élection au pays en 2007 et il ne serait pas étonnant de voir les Conservateurs nous offrir d’autres réductions fiscales alors que les Libéraux et le NPD plancheront probablement davantage sur la santé et l’environnement.

À surveiller: le dossier du déséquilibre fiscal. Est-ce que Stephen Harper sortira un lapin de son chapeau pour régler le déséquilibre fiscal avec l’Ontario et le Québec?

Bonne année 2007!

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