Du lynchage

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William Lynch avait inventé l’exécution sommaire, immédiate, pour les délinquants pris sur le fait. Il suffisait d’être dénoncé, même sans preuve, pour que la foule se charge de lapider de bâtonner ou de pendre. Le coupable désigné était le plus souvent Indien ou Noir. Cet odieux racisme a heureusement disparu.

Il existe cependant encore sous son aspect religieux dans les pays où la loi musulmane est appliquée à la lettre. Sans jugement, dans plusieurs théocraties, on coupe encore les mains des petits voleurs et on lapide les femmes soupçonnées de mauvaises pensées. De même, l’exécution du pauvre de la Bible, qui avait transgressé la loi judaïque en allant ramasser du bois le jour du sabbat, reste encore un modèle de haute morale pour bien des ayatollahs et leurs foules de fanatiques.

Dans le monde un peu plus moderne, d’autres formes de lynchage existent également. Dans l’armée, il faut écraser le nerf de la dignité pour faire d’un jeune soldat une machine à tuer. Le système est aidé par les anciens dont le plaisir est d’avilir la recrue nouvelle. Le bizutage dans les collèges relève aussi, à un moindre degré, d’une forme sadique de brutalité collective.

Les médias modernes sont de grands lyncheurs. D’abord la télévision – église nouvelle – où l’on fabrique des saints qu’il faut admirer sous peine d’excommunication. Mais la presse écrite n’est pas en reste. Jamais le libéralisme politique n’a produit autant de journalistes acharnés à abattre un homme politique. En France, leur dernière victime a été de Villepin, que la gauche a lynché de manière spectaculaire, avec l’aide de la foule estudiantine, déchaînée par une exécution festive en forme de justice populaire. Le lynchage échappe à la raison. Il est à la fois besoin de conformisme et rite sacrificiel.

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