Du calme à l’incertitude: l’histoire d’immigration d’Adina-Ioana Timofei

Adina-Ioana Timofei est roumaine et britannique, mais elle ne se sent ni plus roumaine ni plus britannique et pense qu’elle pourra se sentir canadienne.
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Adina-Ioana Timofei est impatiente d’arriver au Canada. La Roumaine-Britannique affiche un sourire serein à travers son écran, depuis le nord-est du Royaume-Uni. Son mari et elle ont reçu leur résidence permanente canadienne en décembre 2020 et c’est à Ottawa qu’ils aimeraient s’installer dès que les mesures sanitaires leur permettront.

Francopresse les suivra dans leur parcours jusqu’à leur installation au Canada.

Quête de nouveauté

À 36 ans, depuis son domicile dans le nord-est de l’Angleterre, Adina explique être «en quête de nouveauté». La pandémie n’a fait que renforcer ce besoin.

Elle et son mari, Zead Said, ont reçu leur confirmation de résidence permanente canadienne le 7 décembre dernier, quatre mois après en avoir fait la demande depuis Rotherham, leur village situé non loin de Sheffield, la ville natale du fameux groupe de rock anglais Arctic Monkeys.

Le couple s’est rencontré en 2016 et s’est marié trois ans plus tard.

Attente

Malgré l’incertitude de leur date de départ, Adina explique sa situation de manière posée. «Nous habitons une région où il n’y a pas vraiment de diversité, les gens ne sont pas très ouverts… Et cela ne nous correspond pas. Avec la pandémie, nous avons pensé que c’était un bon moment pour un grand changement.»

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Ce changement, elle l’accueillerait à bras ouverts, mais la pandémie a un tout autre dessein pour la planète: celui de l’attente.

Les personnes qui sont passées par le système Entrée express et qui ont reçu la validation de leur résidence permanente après le 18 mars 2020 ne peuvent venir sur le territoire canadien pour le moment. Dans le cas d’Adina et de son mari, ils ont jusqu’au 21 aout 2021 avant que leur résidence permanente n’expire.

Processus long et couteux

Début février, le Bloc québécois a d’ailleurs demandé au gouvernement Trudeau de revoir sa position quant aux immigrants ayant reçu leur résidence permanente depuis l’étranger, mais n’ayant pas pu passer la douane à leur arrivée. Et cela, même s’ils avaient reçu la confirmation de leur statut avant le 18 mars 2020.

Ces personnes ont généralement tout quitté et vendu tous leurs biens pour se rendre au Canada.

Adina observe la situation de loin et se dit que pour rien au monde elle ne voudrait avoir à recommencer tout le processus, long et couteux, de demande de résidence permanente. Elle note simplement que «s’il faut que nous repassions la visite médicale pour bénéficier d’une extension de la RP [valable pendant un an après la réception de la confirmation], nous le ferons».

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Impatience

Adina Timofei a de grands yeux vert clair qui donnent à son interlocuteur l’occasion d’y voir chaque nuance d’émotion.

Lorsqu’elle évoque l’autre obstacle qui la gêne actuellement, son regard se fait très sérieux, presque triste. «Ce qui nous embête, c’est aussi le temps d’attente avant la réponse du ministère canadien de l’Immigration, lorsqu’il décidera que nous pourrons venir», lâche-t-elle.

Malgré un caractère calme et paisible, Adina ne cache pas sa «grande impatience de partir», répétée plusieurs fois au fil de la conversation.

Déjà un emploi

Adina et Zead sont déjà venus au Canada en 2019 pour visiter Montréal, Ottawa et Toronto. «Visiter un pays et y vivre ne sont pas la même chose», concède Adina, «mais nous avions vraiment aimé. On a ressenti une grande ouverture chez la plupart des Canadiens que nous avons rencontrés. C’est aussi ça qui nous a attirés.»

Cette attraction a poussé le couple à présenter une demande de résidence permanente en aout dernier. Zead, médecin-psychiatre, a décroché un emploi dans sa spécialité à Ottawa, depuis le Royaume-Uni.

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Adina dit ne pas trop savoir à quoi s’attendre, car «c’est difficile de se projeter à long terme dans un pays où l’on n’a jamais vécu».

Multiculturalisme

«Ce que j’aime le plus, c’est d’apprendre à connaitre des gens qui viennent d’ailleurs aussi», s’enthousiasme-t-elle. «Je vois une ouverture chez eux que je vois moins chez les personnes qui n’ont jamais quitté leur pays.»

Cette ouverture se retrouve aussi dans sa propre personnalité, jusque dans son métier: Adina a pour tâche de recruter des étudiants à l’international pour l’Université de Sheffield, au nord de l’Angleterre.

Elle aimerait pouvoir travailler dans le même domaine à son arrivée à Ottawa, mais se dit «flexible» lorsqu’elle cherchera un travail une fois arrivée au Canada. Une expertise qu’elle forge depuis plus de 12 ans, lors de son arrivée au Royaume-Uni.

Lorsqu’ils pourront enfin poser le pied sur le sol canadien, c’est à Ottawa qu’Adina et Zead ont choisi de s’installer.

Plus de points pour les bilingues

Après un bref passage par Paris et Bruxelles — deux expériences qui lui ont permis de parler français couramment, même si Adina l’avait déjà bien appris à l’école — elle s’installe à Sheffield, où elle rencontre son futur conjoint Zead, en 2016.

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Ce dernier, dont la mère française et le père est irakien, ne parle aucune de ces deux langues. Adina plaisante: «C’est moi qui ai ramené le plus de points pour notre demande de résidence permanente, car je suis trilingue, avec le roumain, l’anglais et le français!»

En octobre dernier, le gouvernement fédéral a revu à la hausse le nombre de points accordés aux personnes bilingues et aux francophones qui font une demande de résidence permanente.

«On pourrait se sentir Canadiens»

Adina reprend, plus sérieuse : «Mon mari et moi sommes en quête de nationalité. Il est britannique, mais issu de parents immigrés. En Angleterre, il se sent un peu isolé. Nous pensons que le Canada pourrait être un pays pour nous, car il est multiculturel, construit par la diversité. On pense qu’on pourrait se sentir Canadiens sans être nés au Canada.»

Adina a la double nationalité roumaine et britannique. Elle réfléchit longuement à la question de savoir si elle se sent plus l’une ou l’autre, et finit par expliquer: «Je ne me sens ni l’une ni l’autre. Je me sens européenne, surtout depuis le Brexit. Mais je crois que c’est une réaction d’opposition à cette rupture.»

Lorsqu’ils pourront enfin poser le pied sur le sol canadien, c’est à Ottawa qu’Adina et Zead ont choisi de poser leurs valises.

«Ce n’est pas une ville trop grande, ma meilleure amie y habite depuis quelques années, Montréal n’est pas loin et il y a la nature tout proche résume Adina, songeuse. «Nous avons hâte que cette pandémie prenne fin, car pour l’instant, nous ne pouvons rien faire.»

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