Droits linguistiques et équilibre budgétaire

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Devant l’impossibilité d’établir un équilibre budgétaire pour l’exercice financier 2013-2014, les ministres des Finances des différentes provinces ont recours à diverses méthodes de consultation pour tenter d’associer les contribuables aux difficiles choix à faire.

En Ontario, la situation minoritaire du gouvernement dicte aussi au ministre des Finances Charles Sousa de négocier avec les partis d’opposition avant de déposer son budget le mois prochain.

Parmi les méthodes de consultation utilisées par les provinces, il y a lieu de signaler l’originalité du processus choisi par l’Alberta. Cette année, la province des sables bitumineux a eu recours à une nouvelle façon de consulter les contribuables: elle a mis en ligne un site Internet où tous étaient invités à se mettre à la place du ministre des Finances et à indiquer quelles coupures devraient être faites en vue du budget qui allait être déposé le 7 mars dernier.

Pour faciliter la tâche (ou pour orienter les choix des répondants!), les revenus et dépenses de chaque ministère étaient indiqués et des exemples de possibilités de coupures budgétaires étaient identifiés.

C’est ainsi qu’on pouvait constater que le ministère de la Culture avait des revenus de 39.4 millions $ et des dépenses de 42 millions $, ce qui résultait en un déficit de 2.6 millions $.

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Et, parmi les possibilités de coupures, on pouvait lire le texte ci-dessous: «Eliminate the Francophone Secretariat ($1,311,000). Cease funding for the liaison between the Alberta government and Alberta’s Francophone community. The Francophone Secretariat acts as a liaison between the government and Alberta’s Francophone community. Ceasing funding for the Francophone Secretariat would mean the government would no longer have a dedicated connection to the Francophone community in Alberta and across Canada, nor support initiatives aimed at promoting French language and culture.»

À titre de renseignement, l’équivalent ontarien d’une élimination du Secrétariat francophone de l’Alberta serait probablement la disparition à la fois de l’Office des affaires francophones et du Commissariat aux services en français.

Mais, ce que le texte de la consultation n’indiquait pas, c’est que cette dépense de $1,311,000 était financée en moitié par une subvention du gouvernement fédéral. En ne mentionnant pas ce renseignement important, on induisait en erreur les répondants, leur laissant croire qu’une élimination du Secrétariat francophone entraînerait une économie de $1,311000. Non seulement le processus a manqué de transparence, mais il a été malhonnête.

À mon avis, suggérer l’élimination du Secrétariat francophone était un geste irresponsable de la part du gouvernement.

Cela démontre une fois de plus que l’Alberta ne reconnaît pas la dualité linguistique comme étant un des fondements de notre pays. Pour des raisons partisanes, le gouvernement a choisi d’attiser le feu de ceux qui, parmi la majorité linguistique, s’opposent aux droits constitutionnels de la minorité de langue officielle.

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Le Secrétariat a été créé en 1999 pour reconnaître les citoyens francophones de l’Alberta et faire preuve de l’engagement du gouvernement envers eux. Il est responsable de servir de liaison entre le gouvernement de l’Alberta et la communauté francophone de l’Alberta; de représenter au sein du gouvernement les besoins de la communauté francophone; de représenter les Albertains francophones et notre province dans les organisations telles que la Conférence ministérielle fédérale-provinciale-territoriale sur les affaires francophones; et de participer aux négociations d’ententes fédérales-provinciales portant sur la langue et la culture françaises, ainsi que sur les programmes de langue française en matière d’éducation.

Comme le démontre l’organigramme du Secrétariat, ce mandat est accompli par une petite équipe de quatre personnes.

Plutôt que d’envisager prendre des initiatives susceptibles de corriger des injustices faites aux Franco-Albertains, l’Alberta se complaît à entretenir un climat défavorable à l’épanouissement d’une des deux communautés de langue officielle. Cette attitude négative mérite d’être dénoncée par tous les francophones et francophiles.

Renseignements

Organigramme du Secrétariat francophone

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