Droits linguistiques: deux vocabulaires

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«Dès le XIXe siècle, le Canada se donne un vocabulaire original pour parler des langues, des minorités et du fédéralisme… Les notions de compromis, de réciprocité, de confiance et de droits font partie du lexique ou du répertoire de sens qui se met en place en vue de l’adoption de la nouvelle constitution canadienne.»

C’était le propos de la politicologue franco-ontarienne Linda Cardinal le 21 mars, au déjeuner-causerie annuel organisé autour de Maître Michel Bastarache (ex-juge à la Cour suprême) à Ottawa.

La professeure Cardinal ajoute que «ce répertoire rivalisera avec un autre ensemble de notions que mettront de l’avant les opposants à la reconnaissance des minorités francophones, soit le projet de société unilingue, anglophone et protestante qu’incarnera le mouvement donnant lieu à une série de mesures prohibant le français dans les provinces… Les partisans de l’anglo-conformité ne voient pas de valeur ajoutée au français au Canada.»

Chaque année, la conférence Michel Bastarache regroupe des juristes diplômés et des amis du Programme de common law en français de l’Université d’Ottawa pour un petit déjeuner-causerie autour de Maître Michel Bastarache, juriste bien connu pour être très engagé dans la promotion des collectivités de langue française au Canada.

C’est l’occasion pour les francophones et les francophiles de socialiser et d’échanger avec une personne invitée à partager sa réflexion sur une question de grand intérêt.

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Originaire de Hawkesbury, Linda Cardinal détient un baccalauréat et une maîtrise de l’Université d’Ottawa, ainsi qu’un doctorat de l’École des Hautes Études en sciences sociales de Paris. Elle est professeure de sciences politiques à l’Université d’Ottawa et, depuis 2004, titulaire de la Chaire de recherche de l’Université d’Ottawa sur la francophonie et les politiques publiques.

En plus d’identifier les sources de légitimité des droits linguistiques, la conférencière a profité de l’occasion pour présenter une synthèse des travaux qu’elle a réalisés sur le thème de l’action collective des minorités francophones dans le domaine des langues officielles depuis plus de dix ans.

Ses travaux lui ont permis d’examiner les revendications et les stratégies mises de l’avant par les groupes porte-parole afin d’en évaluer la portée et la pertinence, ce qui l’a mené à critiquer souvent ces groupes. «Les groupes porte-parole sont toujours les souffre-douleurs du milieu. Nous souhaitons souvent entendre une parole plus radicale, moins conciliante.»

Renseignements

Texte de l’allocution de la professeure Linda Cardinal

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