Donner le goût de la lecture aux plus récalcitrants

Camille Bouchard, Les vendredis ennuyeux de Sébastien Landrieux, roman, Saint-Lambert, Soulières éditeur, coll. Graffiti 135, 2020, 168 pages, 16,95 $.
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Camille Bouchard publie son 100e roman qui se veut une ode à la littérature jeunesse. Intitulé Les vendredis ennuyeux de Sébastien Landrieux, ce livre illustre comment les auteurs nous permettent de côtoyer leur univers; comment ils nous enrichissent culturellement et humainement.

Sébastien Landrieux a quinze ans et s’ennuie profondément à l’école. Les tours qu’il joue lui attirent souvent l’ire du directeur. Il faut plus qu’une retenue pour le remettre dans le droit chemin. Comme punition, Sébastien se voit obligé, tous les vendredis, d’assister au cercle de littérature jeunesse de son école.

L’adolescent est certain qu’il va mourir d’ennui, surtout qu’il doit se taper un livre par semaine, lui qui n’en lit jamais. L’auteur tisse une intrigue qui jongle avec bravade, béguin et compassion, le tout assaisonné de coups de cœur à «la littérature jeunesse canadienne francophone», pas juste québécoise.

Il faut lire

Au début, le lecteur récalcitrant et l’animatrice des vendredis littéraires ne semblent pas avoir d’atomes crochus, puis «leurs différences les rendent infiniment attachants». Sébastien découvre qu’«il y a tellement de bouquins sur tellement de sujets et écrits dans tant de styles que c’est impossible d’être totalement hermétique aux livres».

L’auteur émaille sont texte de dialogues où figurent des mots étranges pour un lecteur de mon âge. En voici un exemple: «Ouais. J’te feel. Faut pas non plus qu’tu manques ta chance avec la gyu.» Une note en bas de page explique que je te feel = je te comprends et que guy = pétard ou belle fille. On apprend aussi que badass signifie cool. Le verbe cruiser est connu, mais je ne savais pas que crusher voulait dire avoir le béguin.

Plus loin, c’est dans un langage coloré que Sébastien donne une leçon à des jeunes qui s’en sont pris à un autiste prénommé Jean-Pierre ou JP: «La prochaine fois que j’vous pogne à faire chier mon chum Djépi, j’vous jure que j’vous arrache la face pis j’jette vous maudites gueules de crétins din toilettes bouchées du deuxième! C’tu assez clair, stie?»

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Personnage Lego

Une comparaison peut prendre l’allure de blocs Lego. Ainsi, la mère de JP est «courtaude, trapue, vêtue d’un large chandail rouge et d’un pantalon de jogging bleu. Pour couronner le tout, elle arbore une frange coupée carrée et chausse des lunettes trois fois trop grande.»

Sans révéler le dénouement de l’intrigue, je signale qu’elle a de quoi figer Sébastien, «pareil à la statue de Champlain dans le parc du centre-ville». Il reste dépassé par une réalité LGBT à laquelle je n’avais moi-même pas songé.

Soulières éditeur

Plusieurs écrivains qui ont publié chez Soulières éditeur figurent dans ce roman, notamment Gilles Tibo, Jocelyn Boisvert, Denis Côté et Louis Émond. Certaines citations placées en exergue des chapitres proviennent aussi d’auteurs de cette maison.

J’ai été ravi de voir la Franco-Ontarienne Andrée Poulain (La plus grosse poutine du monde) trôner en troisième place dans un long palmarès d’auteurs vedettes, juste après Gilles Tibo et Martine Latulippe, avant François Gravel et Laurent Chabin.

Ce 100e roman de Camille Bouchard est un beau moment de lecture… même pour ceux qui n’aiment pas lire!

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