Dix ans de sensationalisme

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Cela fait maintenant dix ans que Lady Diana est décédée. Plusieurs constats sont à développer. Outre l’hommage qui a été organisé à Londres pour cette grande dame de la couronne britannique, qui a accaparé la presse du monde entier, un autre phénomène est pour sa part passé relativement inaperçu. Dix ans plus tard, alors que l’on leur impute toujours la mort de la princesse, force est de constater que les pratiques des paparazzi n’ont pas évolué.

Cet été, les magazines «people» ont encore battu des records de vente. Chaque trimestre, de nouveaux titres de presse se font une place sur les étalages des vendeurs, et trouvent preneurs. La tendance est telle depuis l’émergence des pseudos stars de la télé-réalité alors qu’auparavant, le phénomène semblait s’endiguer.

De plus en plus, notre société semble dériver sur un système de personnalités jetables, que l’on monte éphémèrement au sommet de la gloire médiatique, le temps de quelques clichés bien sentis – et bien rémunérés – avant de les replonger dans le légitime anonymat qu’ils connaissaient jusqu’alors.

Mon téléphone capte la radio, prend des vidéos, peut enregistrer quatre heures de conversation, et selon toute vraisemblance contrôler un avion de ligne. Mais la société de consommation ne se suffit plus de gadgets électroniques aussi performants qu’inutiles. Maintenant, il faut aussi vendre de l’image, au maximum.

Du choquant, du sensationnel? Peu importe tant que c’est insipide.

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Et si certains trouvent en cette médiocrité médiatiques de suceurs de mondanités une occasion de rendre leur morne vie un peu plus palpitante, je préfère pour ma part lire un bon livre.

Bien sûr, Hunter S. Thompson ne m’informera jamais sur la libido de Paris Hilton, ou sur les dernières folies capillaires de Britney Spears.

Mais la gouappe syrupeuse qui vous l’apprendra à coups d’adverbes caverneux n’aura jamais le style d’un véritable auteur, et son paparazzo d’occasion vous l’illustrera avec la pertinence de l’oeil droit d’un Jean-Marie Le Pen de municipalité. Arthus-Bertrand s’en mordrait les doigts.

Mais au royaume des aveugles, les borgnes sont définitivement rois…

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