Dix ans de gestion scolaire en français célébrés au Club canadien

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Publié 22/04/2008 par Ulysse Gry

Pour son édition d’avril, le Club canadien de Toronto a innové en invitant non pas un mais deux conférenciers: Adrien Lamoureux, président du Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud (CSDCCS) et Ronald Marion, président du Conseil scolaire de district du Centre-Sud-Ouest (CSDCSO). Les conseils scolaires fêtent en effet cette année leur dixième année d’existence. Et si les deux président ont de quoi se réjouir de leurs progrès, tout n’est pas rose pour autant.

Lorsque les conseils francophones ont vu le jour, la tâche était immense, se souvient Adrien Lamoureux: «On partait de zéro, de nombreux défis logistiques se présentaient à nous, nous devions recruter quasiment du jour au lendemain du personnel francophone expérimenté… Mais des pionniers ont travaillé d’arrache-pied pour construire notre conseil scolaire!»

Si le conseil catholique se réjouit de l’augmentation de ses effectifs ou du nombre élévé de ses services de garde, d’autres «batailles restent encore à livrer», rappelle Adrien Lamoureux: «Nous avons besoin d’un financement équitable pour pallier le manque de services aux enfants en difficulté, améliorer notre transport, nos services de garde, investir dans la rénovation de nos écoles et la construction de nouveaux bâtiments… Le gouvernement provincial est déjà très généreux mais cela n’est pas suffisant pour répondre à nos besoins.»

Même son de cloche du côté du CSDCSO qui dénonce «une formule de financement injuste». Le CSDCSO peut se réjouir de certaines réussites (l’augmentation du taux de diplomation, l’ajout de services de garde, l’ouverture de nouvelles écoles, la création d’un service de mentorat pour l’insertion du nouveau personnel enseignant) mais la révolte gronde tout de même chez les parents d’élèves, surtout torontois.

Certaines écoles sont en effet bondées ou mal aménagées (Laure-Rièse, Pierre-Elliott-Trudeau, le Collège français…) et le Conseil est souvent accusé de ne pas avoir de vision à long terme pour pallier les surreffectifs. Mais pour Ronald Marion, le Conseil n’est pas responsable de cette situation: «Lorsqu’une école du Toronto District School Board se libère, nous ne pouvons pas l’acheter tout de suite car nous n’avons pas assez d’argent et le ministère n’a pas de mécanisme rapide pour nous allouer du jour au lendemain la somme nécessaire!»

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Interrogés sur la possibilité d’une fusion des deux systèmes scolaires et/ou d’une déconfessionalisation de l’école, les deux présidents ont montré un désaccord profond, surtout sur la question de la fusion. Pour Adrien Lamoureux, une telle éventualité n’est même pas envisageable. «Nous sommes actuellement en pleine expansion, nous bâtissons des écoles, nous nous établissons. Envisager une fusion serait possible si le terrain était fertile, aujourd’hui il ne l’est pas; nous ne sommes pas prêts.» Quant à la déconfessionnalisation, le président du CSDCCS la rejette vigoureusement: «Si nous avons tant d’enfants dans nos écoles, c’est que des parents tiennent à l’école catholique. La déconfessionnalisation ne peut pas venir d’en haut!»

Pour Ronald Marion, une fusion des deux conseils serait une bonne chose car cela permettrait de faire des économies et d’améliorer les services donnés aux enfants. Il a notamment pris l’exemple du transport: «Nous perdons des élèves au profit de l’école anglophone car les parents préfèrent les scolariser dans ces écoles plutôt que leur imposer un long trajet de bus qui les emmènerait vers une école francophone. Et c’est compréhensible! Nous unir permettrait d’éviter ce problème.»

Une entente des deux conseils scolaires sur cette question délicate n’est donc pas pour demain. Rendez-vous dans 10 ans?

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