Divergences à l’Union des MREF

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C’était ce samedi 27 janvier, au Collège Boréal de Toronto, que le comité provisoire du MREF de la région de Toronto se rencontrait pour présenter aux membres de la communauté MREF les résultats de l’élaboration stratégique des outils de fonctionnement de la structure locale. Les discussions ont laissé planer une relation plutôt houleuse avec le bureau provincial d’Ottawa et un manque de confiance envers les représentants administratifs du conseil d’administration de l’UP-MREF.

L’Union provinciale des minorités raciales et ethnoculturelles francophones de l’Ontario, l’UP-MREF, est née le 10 novembre 2005 à Ottawa. L’organisme a émergé de la volonté du gouvernement canadien de mettre en place une structure en faveur de la représentativité politique et lobbyiste des organismes issus de la communauté MREF.

Pour faciliter son action lobbyiste à travers l’Ontario et favoriser un dialogue ouvert avec les institutions administratives d’Ottawa, l’UP-MREF a ouvert plusieurs branches satellites à travers la province. Au total, six d’entre elles ont vu le jour depuis 2005, notamment à Sudbury, Toronto et Windsor.

Dans son fonctionnement, les textes prévoient que chaque représentant régional des MREF travaille à recueillir les demandes et les observations des organismes membres puis à les transmettre au bureau provincial de l’UP-MREF à Ottawa. C’est ensuite à la structure provinciale chapeautant l’action globale qu’incombe la responsabilité d’entamer les négociations avec le gouvernement en faveur d’une meilleure représentativité des communautés de minorités raciales et ethnoculturelles francophones de l’Ontario.

Mais il semble qu’à peine un an et demi après la création de l’organisme, le bureau provincial d’Ottawa, présidé par Séverin Ndema-Moussa, et le bureau régional de Toronto vivent des relations internes qui ne semblent pas être au beau fixe. «Il y a beaucoup d’opinions contraires et un manque de solidarité», dit Brigitte Chatué, secrétaire générale de l’UP-MREF région de Toronto. Principal point de discorde: l’installation officielle des bureau régionaux et la désignation partagée et commune de leurs responsabilités.

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L’installation des structures locales a démarré dans la controverse générale, car le groupe de Toronto souhaitait mettre en place un cadre global d’action qui aurait pourtant dû être assumé par la direction provinciale à Ottawa. Toronto a donc retroussé ses manches et a mis en place un comité provisoire et quatre commissions de travail.

Pour respecter les textes, l’installation officielle du bureau de Toronto s’est faite selon les normes. Aucune allégation contre son existence légitime ne pourrait donc être invoquée, selon Julie Letete, présidente de la commission de travail de l’Assemblée générale.

«Pour l’instant, la seule voix officielle quand on parle d’installation est celle de la vice-présidente de l’UP-MREF. Or, les autres régions se sont installées de manière non officielle et aucune préparation au niveau du CA n’a été proposée. Seul Toronto a suivi les règlements et procédé à son ouverture sous la houlette de la vice-présidente», explique-t-elle.

«Le processus s’est déroulé à la sauvette et nous demandons qu’il se déroule de manière normale», clarifie Paul Tshibanda, président de la commission de la rédaction des statuts et manuels de gouvernance.

Toronto se montrerait donc dissidente et rebelle en faisant les choses à sa manière. La région essaierait de tirer la couverture de son côté. Mais les représentants du conseil provisoire de la structure locale se défendent de cette affirmation. «Notre comité provisoire s’allie à la vision initiale de l’UP-MREF et non à celle du président», précise Eddy Lukuna, coordonateur de la région de Toronto.

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Le regroupement de Toronto dénonce l’absence d’un mécanisme de collaboration intra-régional clairement déterminé. «Le groupe qui est ici aujourd’hui respecte les textes. Nous voulons poser les jalons de notre action. Le gouvernement du Canada nous donne la chance de nous organiser mais nous perdons du temps», continue le coordonateur.

«Nous sommes là parce que Toronto est la Ville-Reine des minorités raciales et ethnoculturelles francophones et même si nous sommes contestés, il faut qu’on aille jusqu’au bout», ajoute Eddy Lukuna.

Détermination et persévérance dans l’action semblent être le cheval de bataille du comité de Toronto pour accomplir le mandat de l’UP-MREF, soit celui de rassembler, représenter et organiser les concertations avec les organismes membres pour que leurs requêtes soient acheminées auprès du gouvernement par le bureau provincial d’Ottawa.

L’animosité qui règne entre Ottawa et Toronto semble reposer sur un désaccord dans la manière d’accomplir la tâche et la vision de l’UP-MREF. Le dialogue semble être rompu et la question demeure entière: comment atteindre des résultats lorsque l’entente interne est brisée?

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