Des universitaires appellent à l’action contre l’antibilinguisme

«C’est incroyable d’en être encore là au Canada»

Moncton

29 janvier 2019 à 11h00

Alors que nous célébrons cette année le 50e anniversaire de la première Loi sur les langues officielles du Canada, le 50e anniversaire de la première Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, et le 30e anniversaire de l’entrée en vigueur de la Loi sur les services en français de l’Ontario, le contexte politique actuel en matière linguistique n’est guère rassurant pour la francophonie canadienne.

Christophe Traisnel
Christophe Traisnel

«Après 50 ans de législation sur les langues officielles, c’est incroyable d’en être encore là au Canada, avec des préjugés, des peurs, des leaders prêts à tout pour se faire du crédit politique sur le dos de minorités qui se battent avec courage contre leur assimilation», soutient Christophe Traisnel, coorganisateur d’une discussion publique afin de comprendre l’antibilinguisme qui gagne du terrain dans les sphères politiques de l’Ontario et de l’Acadie, et d’envisager des pistes d’action.

« Nous avons voulu ce débat pour en encourager d’autres et pour protester. Je crois qu’il est temps, en francophonies, de nous faire entendre bien plus fermement que par le passé, et de lutter contre notre intimidation collective.»

Huit universitaires

Tenue le 22 janvier dernier au bar étudiant Le Coude de l’Université de Moncton, la discussion a d’abord été menée par huit universitaires:

Maurice Basque, conseiller scientifique à l’Institut d’études acadiennes;

Stéphanie Chouinard, professeure au Département de Science politique, Collège militaire royal du Canada (Kingston);

Érik Labelle Eastaugh, directeur de l’Observatoire international des droits linguistiques et professeur à la Faculté de droit de l’Université de Moncton;

Michelle Landry, professeure au Département de sociologie et de criminologie de la Faculté des arts et des sciences sociales de l’Université de Moncton;

Joseph Yvon Thériault, professeur au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en Mondialisation, Citoyenneté et Démocratie;

Christophe Traisnel, professeur agrégé de science politique et directeur adjoint de l’École des hautes études publiques;

Isabelle Violette, professeure au Secteur linguistique du Département d’études françaises de l’Université de Moncton;

Mathieu Wade, chargé de cours et directeur du projet Histoire et patrimoine des communautés de la région de Kent.

Éric Forgues
Éric Forgues

«L’intérêt suscité par cette discussion et la mobilisation rapide des participantes et des participants montrent l’urgence de comprendre et d’agir sur les enjeux linguistiques au Nouveau-Brunswick, en Ontario et ailleurs au pays», affirme Éric Forgues, coorganisateur de l’événement auquel plus de 150 personnes ont participé.

À la recherche de solutions

Cette discussion a permis de montrer l’importance de se mobiliser sur les enjeux linguistiques afin de continuer à faire progresser l’Acadie et la francophonie.

D’autres réflexions, d’autres discussions et, surtout, d’autres actions sont nécessaires pour sensibiliser la population et la mobiliser autour de ces enjeux cruciaux pour l’épanouissement non seulement de l’Acadie et de la francophonie, mais de l’ensemble de la société canadienne.

La crise actuelle devrait inciter les leaders non seulement à résister à l’antibilinguisme, mais à trouver des solutions inédites pour que l’épanouissement d’une communauté ne soit pas perçu comme se faisant aux dépens de l’autre.

Quatre partenaires

L’évènement a été organisé par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick et la Chaire Senghor de la Francophonie de Moncton.

 

L’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML) exerce un rôle de leader, de rassembleur et de partenaire auprès des centres de recherche, des chercheurs, des organismes communautaires et des instances gouvernementales, dans le but de promouvoir une plus grande connaissance de la situation des minorités de langue officielle du Canada  et une meilleure compréhension des enjeux prioritaires qui les concernent.

À cet effet, l’Institut réalise, en collaboration avec ses partenaires, des travaux de recherche pertinents pouvant appuyer les divers intervenants des minorités de langue officielle et les artisans des politiques publiques en matière linguistique.

L’École des hautes études publiques est une unité de la Faculté des arts et des sciences sociales de l’Université de Moncton. Créée le 1er juillet 2016, l’École regroupe plusieurs disciplines: science économique, science politique, administration publique et gestion de services de santé.

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) est la structure de représentation politique de l’Acadie du Nouveau-Brunswick. Elle est vouée à la défense et à la promotion des droits et des intérêts de la communauté acadienne et francophone de la province.

La SANB regroupe les individus et les associations acadiennes et francophones du Nouveau-Brunswick. Dans ses structures de représentation et son fonctionnement, la SANB vise à respecter un juste équilibre entre le milieu associatif et les individus.

Fondée à l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton, la Chaire Senghor de la Francophonie s’inscrit dans le cadre d’un réseau international de 19 chaires, créé en 2003 et présent en Afrique, en Amérique, en Asie et en Europe. Le Réseau international des Chaires Senghor de la Francophonie a pour vocation de développer des travaux de recherche indépendants et des formations sur la Francophonie ainsi qu’à faire progresser les connaissances sur les francophonies.

Le Réseau se donne ainsi quatre missions: 1. Diffuser un enseignement de base sur l’histoire, la géopolitique, les institutions et les coopérations de la Francophonie; 2. Produire de la recherche sur la Francophonie ; 3. Animer un débat d’idées sur le monde francophone et son évolution; 4. Favoriser la coopération entre partenaires francophones.

Notre Université de l’Ontario français aura-t-elle aussi une Chaire Senghor de la Francophonie?

 

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