Des poupées qui ont le pouvoir d’émasculer

B. A. Paris, Dix petites poupées, roman traduit de l’anglais par Vincent Guilluy, Paris, Éditions Hugo & Cie, 2019, 336 pages, 29,95 $.
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Traduite dans 37 pays, la romancière B. A. Paris, d’origine franco-irlandaise, a vendu plus de deux millions d’exemplaires de son premier thriller, Derrière les portes. Ce fut suivi par Défaillances et puis maintenant Dix petites poupées, en route vers un autre succès phénoménal.

Disparition

L’auteure ayant grandi en Angleterre, chaque thriller est écrit en anglais. B. A. Paris vit en France où elle dirige une école de langue et où l’action de Dix petites poupées commence.

Finn a quitté Paris et décide de s’arrêter à Fonches pour aller à la toilette. Son amoureuse Layla reste dans la voiture, mais n’est plus là quand il revient…

Douze ans plus tard, la rouquine Layla n’a toujours pas donné signe de vie. Sa sœur Ellen est devenue la fiancée de Finn qui compare constamment les deux amours de sa vie, le premier en fut un de folie, le second en demeure un «par gratitude».

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Poupées russes

Les «dix petites poupées» du titre sont des poupées russes que surgissent ici et là, souvent dans la boîte aux lettres de Finn, l’une a la tête écrasée. Il croit d’abord à un canular, mais ces poupées exercent une telle force que Finn se demande «comment elles parviennent à l’émasculer par leur seul présence».

Pendant plus de 120 pages, le roman alterne entre des chapitres Maintenant (Finn et Ellen) et Avant (Finn et Layla). Plusieurs chapitres se terminent sur une petite phrase énigmatique ou parfois assassine. En voici quelques exemples: «il ne se douterait plus de mon retour», «parce qu’Ellen aussi a ses petits secrets», «et cette fois, c’est Ellen qui disparaîtra».

Savoir ou ne pas savoir

On dit parfois que le pire consiste à ne pas savoir. Mais savoir s’avère parfois être pire encore. Surtout quand on sait avoir trahi quelqu’un, savoir en définitive qu’on a tué cette personne… métaphoriquement ou autre.

Bien que le roman souffre de quelques longueurs ou digressions inutiles, B. A. Paris excelle dans l’art de peindre des portraits plus psychologiques que physiques. Elle sait sonder aussi bien le cœur que l’âme. Elle sait surtout jouer avec nos nerfs jusqu’à la fin.

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