Des nombres très, très grands!

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Photo: AlphaCoders
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Publié 23/02/2010 par Martin Francoeur

J’ai souvenir d’avoir traité, dans une lointaine chronique, de l’écriture des nombres en lettres. Cela tenait vraisemblablement du fait que j’étais souvent témoin de montants mal écrits, notamment sur des chèques. L’écriture des nombres est un art en soi. Mais la connaissance des nombres en est aussi un. Qu’il devient parfois difficile de maîtriser lorsqu’on tombe dans des nombres très, très grands…

Savoir où mettre des traits d’union et des «s», c’est une chose. On parvient à peu près tous à se débrouiller avec les «trois cent quatre-vingts» ou les «deux mille quatre cent quatre-vingt-dix-neuf», parfois avec un peu d’aide.

Les rectifications orthographiques proposent de simplifier la chose et cette démarche n’est pas dépourvue d’intérêt.
Mais quand on tombe dans les milliards, les billions ou les quatrillons, c’est une autre paire de manches.

Le billion français

D’abord, il y a ce piège de traduction dans lequel tombent des milliers, voire des millions de personnes. Le mot «billion» existe aussi bien en français et en anglais. Mais il est loin de désigner la même chose.

En français, un billion représente mille milliards ou un million de millions. On pourrait dire, par exemple, qu’une année-lumière représente une distance d’environ dix billions de kilomètres.

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Selon le système américain, un billion représente tout simplement notre milliard, soit dix à la puissance neuf. Il s’agit d’un million de mille, ou mille millions. Le «billion» en anglais est un nombre beaucoup moins élevé que notre «billion» en français.

Les francophones ont adopté le système de numérotation international pour les grands nombres. Il s’agit, nous disent les ouvrages de référence, d’un système basé sur le million, soit dix à la puissance six (1 000 000).

Le système américain est basé sur le millier (dix à la puissance trois ou mille) comme unité principale. Les dénominations suivent en conséquence.

En français, donc, nous avons le million (dix à la puissance six), le billion (dix à la puissance douze), le trillon (dix à la puissance dix-huit), le quatrillon ou quadrillon (dix à la puissance vingt-quatre), le quintillon (dix à la puissance trente) et ainsi de suite. Bien que la suite ne soit pas fréquemment employée…

On peut donc déduire, toujours en considérant que l’unité de base est le million, que notre billion est un million de millions. Que le trillon équivaut à un billion de millions. Que le quatrillon représente un trillion de millions, etc.

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Le billion américain

En revanche, le billion américain (et canadien anglais) représente un million de mille. Le trillion est un billion de mille et ainsi de suite. La nuance est importante et, évidemment, entraîne parfois la confusion notamment dans la traduction de dépêches ou de nouvelles.

On voit par ailleurs de plus en plus fréquemment – notamment dans les journaux – les symboles associés à million et à milliard.

Dans certains titres, c’est beaucoup plus pratique. On abrège million en utilisant un «M» majuscule, et milliard en employant un «G» majuscule. S’il s’agit de millions de dollars, on fera suivre le «M» par le symbole du dollar ($).

Cela pourrait donc donner quelque chose comme: «Ottawa annonce un investissement de 28 M$». Et la règle est la même pour milliard, qui donnerait l’exemple suivant: «La dette publique des États-Unis se rapproche des 12,5 G$.»

M et G

Il ne faut pas perdre de vue le fait que l’emploi des lettres «M» et «G» répond à la règle des préfixes multiplicatifs «méga-» et «giga-».

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Dans ce cas, il ne serait pas faux de dire que l’investissement est de 28 mégadollars et que la dette américaine se rapproche des 12,5 gigadollars.

Il faut tout de même avouer qu’on n’est pas très familier avec l’emploi de préfixes avec «dollar». Mais la construction est permise. On parle bien de gigawatts, de mégalitres…

De cette façon, on pourrait poursuivre en rappelant que les préfixes multiplicatifs sont, outre «méga» pour le million et «giga» pour le milliard, «téra» pour le billion, «exa» pour le trillion et «yotta» pour le quatrillon.

L’emploi de ces nombres impressionnants est rare, à moins que l’on se mette à compter des grains de sable, des litres d’eau dans les océans ou des particules de toutes sortes. Mais leur connaissance, elle, est une belle source de curiosité.

Auteur

  • Martin Francoeur

    Chroniqueur à l-express.ca sur la langue française. Éditorialiste au quotidien Le Nouvelliste de Trois-Rivières. Amateur de théâtre.

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