Des histoires qui se mêlent et s’emmêlent

Palabre de femmes

Domithile Muhigirma, Aleksandra Lalovic, Elaine Li, Lalie Vilar, Sélah Genesis, Catalina Lopez, Adrienne Medjo, Abigail Neale.
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Palabre de femmes c’est ça: des histoires, des discussions, des tableaux qui se succèdent. Avec toujours le même objectif: dénoncer les inégalités entre les sexes et les violences faites aux femmes.

La courte pièce de théâtre, présentée dimanche soir au Tranzac, dans l’Annex, mélange le chant, la danse, la poésie et la musique. À la fois doux et rude, ce spectacle multilingue multiplie les instants narrés, chantés et instrumentalisés.

C’est à l’initiative de l’agence Ekin et de l’association Afrique Nouvelle Musique qu’a eu lieu cette soirée.

Adrienne Medjo a créé cette pièce à partir d’histoires de femmes. C’est la quatrième fois qu’elle la met en scène. «Chaque fois, Palabre de femmes est différente. C’est un texte qui s’adapte en fonction des histoires que je lis, des actrices qui la jouent. Pour cette représentation par exemple, j’ai écrit trois poèmes et choisi les textes de Mahzada Mahjani et Nafée Faïgou», explique-t-elle.

Révolution en Iran

Mahzada Mahjani
Mahzada Mahjani

L’histoire écrite par Mahzada Mahjani racontait le destin tragique d’une fillette d’origine iranienne, qui, à l’âge de 7 ans, avait été frappée par son père, car son cousin avait voulu «jouer au docteur» avec elle.

Dès lors, la jeune fille avait vécu son adolescence à l’écart des garçons, son visage et son corps drapé dans les habits foncés. Jusqu’au jour où à l’âge de 35 ans, n’ayant jamais connu le plaisir sexuel, elle se fait retirer l’utérus, car elle est atteinte d’un cancer. En elle, elle cherche un coupable: son père ? La société ? Elle-même?

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Heureusement, la maladie n’était qu’un rêve et la jeune femme se réveille après avoir reçu un texto de son petit-ami. Ce dernier explique, très justement, qu’il est difficile d’être un homme dans cette société où les deux sexes ne peuvent être mélangés. Que depuis l’enfance, les hommes sont séparés des femmes et que ces hommes sont au final considérés, car des violeurs incapables de maîtriser leurs pulsions.

L’auteure de cette courte histoire est elle-même iranienne et elle jette un regard plein d’espoir sur la nouvelle génération qui grandit dans son pays d’origine. «Avec les téléphones portables, les réseaux sociaux, la télévision satellite, les jeunes femmes et les jeunes hommes sont plus audacieux», s’exclame-t-elle.

Viol et excision

Un autre récit de la pièce, écrit par Nafée Faïgou, raconte l’expérience d’une femme dont la fille a été enlevée par un groupe comme Boko Haram. «Cette femme perd sa fille, mais aussi son rôle de mère, qu’elle n’a pas pu assumer pleinement en la protégeant. Enfin, elle perd son pays qui est aux mains des milices.»

Enfin, une scène muette, uniquement ponctuée par des chants rituels et un cri, et invisible, les actrices ayant tendu un drap devant la scène, laisse deviner l’horreur de l’excision. Le public devenait témoin de cet acte abject, mais ne pouvait agir, comme souvent dans les sociétés où cette pratique existe: ça se sait, mais personne ne fait rien.

Une soirée à nouveau marquée par l’appel à la solidarité entre les sexes et à une revalorisation des droits fondamentaux de la femme, quelques jours après la Journée internationale des femmes.

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