Des hamburgers gargantuesques!

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Bon, j’espère que ça ne fait pas trop redondant, mais je suis encore dans les éponymes! Et je suis, semaine après semaine, estomaqué des découvertes que je fais en fouillant pour vous partager ce spectaculaire aspect de l’origine des mots de notre langue. Si vous me suivez bien, vous savez qu’on est rendu aux éponymes commençant par les lettres «g», «h» et «i». J’ai décidé d’ajouter les «j» et les «k» parce qu’il n’y en a que très peu.

Pour ceux qui ont manqué les deux précédentes chroniques et qui, par conséquent, n’ont aucune idée de ce dont je parle, je me permets de rappeler qu’un éponyme est un mot formé à partir d’un nom propre. Il arrive, en français, que des noms communs aient pour origine le nom d’une personne, d’un personnage mythique ou d’un lieu. On peut ainsi désigner des inventions, des faits, des objets, des lieux, des théories, des arts, des époques, des fleurs, des unités de mesure et bien d’autres choses.

Ce pan fascinant de l’étymologie réserve plusieurs surprises. Et comme il serait fastidieux de dresser une liste exhaustive des éponymes en question, j’ai pensé en faire ressortir quelques-uns, parmi les plus intéressants.

Vous le savez, beaucoup de noms de végétaux et d’unités de mesure sont des éponymes. Les mots commençant par «g», «h», «i», «j» et «k» n’y font pas exception. Du côté des plantes et des fleurs, on peut penser au «gardénia», qui est en fait un arbuste à fleurs, dont le nom vient non pas de la traduction anglaise de «jardin» mais bien du botaniste américain Alexander Garden.

Si vous vous souvenez d’une lointaine chronique que j’avais fait sur les aptonymes, vous pouvez conclure que c’en est aussi un bel exemple. Quand quelqu’un a un nom prédestiné pour sa profession, on appelle cela un «aptonyme». Et un botaniste qui s’appelle «Garden», c’est assez prédestiné!

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La plante que l’on appelle «gerbera» ou «gerbéra» vient du nom de Trangott Gerber, un naturaliste allemand. Et les pommes «granny smith» sont ainsi nommées en l’honneur de Maria Ann Smith, surnommée «Granny Smith», une Australienne qui a développé cette variété de pommes vertes.

Du côté des unités de mesure, on note que le «hertz», qui mesure la fréquence, nous vient du physicien allemand Heinrich Hertz. Le «joule», qui mesure le travail, l’énergie et la quantité de chaleur, a été ainsi nommé en l’honneur du physicien britannique James Prescott Joule. Et le «kelvin», qui mesure la température tout comme ses semblables Fahrenheit et Celsius, vient du nom de Lord Kelvin ou William Thomson de son vrai nom, un autre physicien britannique.

La mesure du temps compte aussi un bon nombre d’éponymes. Le mois de «janvier» vient de Janus, un des plus anciens dieux romains. Celui de «juillet» est nommé en l’honneur de Jules César, alors que celui de «juin» rappelle le souvenir de Junius Brutus, le premier consul de Rome. Quant au «jeudi», il est nommé en l’honneur de Jupiter, dieu du Ciel, de la Lumière, de la Foudre et du Tonnerre chez les Romains.

Parlant de Jupiter, c’est de lui que vient l’adjectif «jovial», qui signifie «enjoué» ou «gai». Pour les astrologues médiévaux, être né sous le signe de Jupiter était un signe de gaieté.

Si on reste dans les adjectifs, on peut noter que «gargantuesque», qui signifie «énorme» ou «démesuré», vient de Gargantua, un personnage de Rabelais qui avait un appétit insatiable. Et l’adjectif «hermétique», qui signifie «étanche, en parlant d’une fermeture», vient de «Hermès Trismégiste», le nom donné par les Grecs au dieu Thot des Égyptiens. C’est lui qui aurait fondé l’alchimie.

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C’est également à des personnages que l’on fait allusion en parlant, par exemple, d’un «gavroche», pour désigner un enfant malicieux. Gavroche est un personnage des Misérables de Victor Hugo. Un «guignol» est une personne ridicule. Et on le doit à Guignol, personnage du théâtre de marionnettes. Même «géant», pour désigner une personne très grande, vient de Gigas, personnage de la mythologie grecque.

On ne s’étonnera pas d’apprendre qu’un «harpagon» est une personne très avare. Harpagon était en fait le nom du personnage principal de L’Avare de Molière. Et un «hermaphrodite», c’est-à-dire un être possédant les caractères des deux sexes, est ainsi nommé d’après Hermaphrodite, personnage de la mythologie grecque, fils d’Hermès et d’Aphrodite, qui était à la fois mâle et femelle.

Certains fromages doivent leur nom à des toponymes ou des noms de lieux. C’est le cas du «gouda» (ville des Pays-Bas), du «gorgonzola» (ville d’Italie) et du «gruyère» (région de Suisse). Vous pouvez garnir de ces fromages votre «hamburger», dont le nom évoque la ville de Hambourg, en Allemagne.

Restons dans la géo pour apprendre que le «jean», qui comme on le sait est un pantalon fait d’un tissu très serré, vient de «Gênes», une ville d’Italie où on fabriquait un tissu semblable. Un «geyser», qui est une source d’eau chaude qui jaillit par intermittence, doit son nom à Geysir, le nom d’une source d’eau chaude en Islande.

Hommage aux typographes et aux imprimeurs, qui nous ont donné les «guillemets» et l’écriture «italique». Le mot «guillemet» vient de Guillaume, un imprimeur qui a inventé ce signe, alors que l’ «italique» vient de l’Italie, pays où on a inventé ce caractère incliné vers la droite.

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Notons enfin que les «godasses» ou les «godillots», termes utilisés pour désigner des souliers, viennent d’Alexis Godillot, un fournisseur de l’armée française. Et le «kir», un mélange de vin blanc et de liqueur de cassis, a été ainsi nommé en l’honneur du chanoine Félix Kir, député-maire de Dijon, en France.

L’histoire ne dit toutefois pas s’il en buvait…

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