Des femmes à mettre au pas


20 février 2007 à 16h28

On vient d’apprendre qu’une Canadienne a osé s’asseoir en avant d’un autobus israélien alors que la décence religieuse veut que les femmes aillent se mettre en arrière.

La dame canadienne s’est fait rosser comme il se doit par de bons croyants, Juifs, «Haredis». Le Globe (02/03/07, p.A 3) rappelle que les femmes jugées habillées immodestement risquent aussi d’être aspergées d’eau de javel dans les quartiers orthodoxes. Leurs rabbins viennent d’interdire aux filles toute éducation secondaire. Bientôt plus rien à envier aux Talibans!

Mais une lectrice du quotidien torontois explique le pourquoi de la ségrégation des femmes dans les transports de la bonne société juive: «C’est parce que la religion judaïque veut décourager les hommes de regarder ou de toucher les femmes qui ne sont pas leurs épouses. La responsabilité doit donc être imputée aux hommes et non aux femmes. Si les femmes s’asseyent en avant et les hommes derrière, les hommes ne peuvent pas s’empêcher de regarder les femmes*».

Alors là, évidemment, c’est la catastrophe. Avec le sang chaud d’un orthodoxe, on peut s’attendre à tout. Ces satyres-là auraient vite fait de sauter sur toute audacieuse qui se mettrait en avant. Tant de précaution est donc en fait pour empêcher la fornication que recommandait pourtant Jéhovah.

C’est le même principe de protection de la femme qui fait que tout vrai musulman enferme les siennes dans un harem ou chez lui, et les voile des pieds à la tête si possible. Récemment, à la télévision française, un imam soutenait que voiler une femme était une affaire de pudeur. Quelqu’un lui demande si cela voulait dire que le visage des femmes était plus impudique que celui des hommes. Il n’a pas su répondre. Il faudra qu’il consulte le Coran.

Ce qui nous amène au procès de Charlie Hebdo. Le Canard Enchaîné (01/31/07, p. 4) rappelle les motifs de l’accusation portée par l’Union des organisations islamiques de France et la Grande Mosquée de Paris: «L’un (des dessins) représente Mahomet portant un turban en forme de bombe, l’autre prophète accueillant les kamikazes avec cet avertissement:  »Arrêtez, nous n’avons plus de vierges! » Et le troisième, un dessin de Cabu, montre Mahomet accablé qui soupire:  »C’est dur d’être aimé par des cons. »»

Ce sont bien les extrémistes qui sont visés. Et Le Canard ajoute: «Le procès fait à Charlie serait donc clair si Al-Qaïda, par exemple était plaignant. » Mais intenté par des gens qui se disent modérés et tolérants!

Aux dernières nouvelles, on apprend que Sarkozy, comme Hollande, compagnon de Ségolène, joindront leurs voix pour soutenir Charlie et ceux qui croient encore à la liberté de la presse, au droit à l’humour et à celui de railler joyeusement tous les cléricalismes.

Heureusement, il y a cette série: La petite mosquée dans la prairie. Il paraît que là tous les Musulmans ont le sens de l’humour et que les filles n’ont pas peur d’être en mini jupes. Elles iront probablement comme touristes en Afghanistan dans un prochain épisode.

Un roman récent** raconte l’histoire d’une bande de garçons européens, légèrement obsédés sexuels, qui font tous les cabarets du Caire pour finir la nuit avec une Égyptienne. Mais la loi religieuse est si bien implantée dans la société qu’ils n’en trouvent pas une. Les seules filles qui acceptent une invitation sont du Moyen-Orient. Mais elles ne vont qu’avec les Saoudiens. Eux sont pleins d’argent, boivent de l’alcool et se débauchent comme dans les Mille et une Nuits.

Grâce à Allah, ils vont retourner boire de l’eau en public et mettre au pas les filles et les épouses qui auraient des velléités d’émancipation.

* Ma propre traduction. (Globe and Mail, 02/07 p. A 18)
** Florian Zeller, La fascination du pire, Paris, Flammarion, 2004.

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