Des cadeaux choisis dans un salon…

Conte de Noël

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Jadis, l’arbre de Noël trônait toujours dans le salon de la maison. Quand j’étais jeune, c’est papa qui allait le choisir, qui le plantait dans une chaudière de sable et qui le plaçait dans le coin du vaste salon, entre la fenêtre du côté nord et celle du côté est.

Mes trois sœurs et moi avions la tâche de le décorer, puis d’étendre un petit tapis au pied de l’arbre pour y installer la crèche… autour de laquelle seraient déposés les cadeaux tant attendus.

Aujourd’hui, plusieurs se contentent d’accrocher une couronne sur la porte de leur condo. Quant à la liste de cadeaux à offrir, elle se résume souvent à des bons d’achat.

Mais il y a une ville où les choses se passent autrement. Cette ville est Toronto. On l’a depuis longtemps baptisée la Ville Reine. On dit que c’est à cause de la reine Victoria. Moi, je crois que c’est à cause d’un certain salon…

Il y a toutes sortes de salons. Celui qui est le plus prêt de chez vous demeure sans doute le salon de coiffure, à moins que ce ne soit le salon de bronzage. Vous connaissez peut-être le salon des métiers d’arts One of a Kind.

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Une fois l’an, les hommes se ruent vers le salon de l’automobile, les femmes préférant de loin le salon de la mariée ou de la mode.

Depuis vingt ans, grâce à une certaine Christine Dumitriu van Saanen, Toronto connaît un Salon du livre. Celui de 2012 était le vingtième et se tenait récemment à la Bibliothèque publique de Toronto.

Chaque matin, un visiteur d’un certain âge et d’un certain poids se présentait. Jour après jour, il arpentait les allées. Il examinait des centaines de livres, peut-être même des milliers. Il interrogeait les enfants. Il prenait des notes. Mais on ne le voyait jamais acheter un seul bouquin.

Pourtant, les exposants étaient on ne peut plus catégoriques: éditeurs et distributeurs notaient que les ventes augmentaient chaque fois que ce drôle de monsieur venait faire son tour.

Ce bonhomme jovial à la barbe blanche se promenait seul pendant des heures, puis disparaissait brièvement. Allait-il aux toilettes? Allait-il casser la croûte? Personne ne savait le dire.

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Mais juste avant son retour dans le Salon Bram & Bluma Appel de la Bibliothèque de référence de Toronto, une équipe plutôt jeune sillonnait les allées des exposants et multipliait les achats. Les exposants se frottaient les mains en voyant arrivés ces «lutins» qui avaient chacun une liste précise de titres.

Les gais bouquineurs se présentaient uniquement là où les auteurs dédicaçaient leurs livres.

Vous êtes bien Michèle Laframboise?

Oui. Aimeriez-vous voir mon tout dernier livre?

Non, pas le plus récent. Je veux un exemplaire de La plume japonaise et c’est pour Marie-Ève.

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Deux stands plus loin, Lysette Brochu signait d’abord Cheveux bouclés et queues en tire-bouchon, pour Geneviève, puis elle mettait sa griffe sur Jérôme et la fête des toutous, pour Martin.

L’auteur le plus occupé était sans conteste Bryan Perro. Les titres de la série Amos Daragon s’envolaient comme des petits pains chauds: La toison d’or, La Fin des dieux et Le sanctuaire des braves étaient très populaires.

Aurélie Resch ne chômait pas non plus. Contes de la rivière Severn et Les voleurs de couleurs semblaient en demande cette année.

Il en allait de même pour Pierre Léon qui ne manquait jamais de faire rire lutins et mutins avec son Grépotame et autres drôles d’animaux croisés.

Durant les deux semaines qui suivirent la tenue du Salon du livre Toronto, le bonhomme jovial à la barbe blanche et ses lutins emballèrent des centaines de livres, tous destinés aux enfants sages de la «reine des villes», celle qui tient son salon juste avant Noël.

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