De l’écrit à la scène avec Les Zinspirés

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Dans le Sud de l’Ontario, les ados écrivent en français. Leurs textes sont même produits sur scène au Théâtre français de Toronto. Je parle évidemment du spectacle Les Zinspirés 1, 2.0 et 3D. Si vous avez raté votre chance d’applaudir de jeunes talents, vous pouvez vous racheter en lisant les textes de ces trois éditions, publiés aux Éditions du Gref dans un album intitulé Les Zinspirés: de l’écrit à la scène.

Le projet d’écriture jeunesse remonte à 2005, année où le texte d’un premier ado torontois est retenu pour la production du spectacle Les Zurbains, par le Théâtre Le Clou à Montréal.

De 2005 à 2010, huit jeunes de la Ville Reine voient leur création jouée par des comédiens professionnels. Mais comme la distance géographique impose des limites, le TfT lance son propre concours pour les élèves du Sud ontarien.

Dans une seule édition, 150 à 200 élèves de 14 à 18 ans soumettent des textes; 24 finalistes sont ensuite sélectionnés pour retravailler leur création avec des auteurs-conseils lors d’un atelier d’une fin de semaine; puis, cinq lauréats sont désignés et voient leur texte interprété par des comédiens professionnels. Quelle aventure!

À noter que les jeunes francophones peuvent écrire leurs textes en français, langue première ou langue d’adoption. Le concours s’adresse autant aux écoles franco-ontariennes qu’aux écoles d’immersion. Dans les trois éditions des Zinspirés, il y a notamment des textes de jeunes ayant fréquenté Upper Canada College ou Havergal College.

Guy Mignault, directeur artistique du TfT, chérit ce projet plus que tout autre: «Même si j’avais juste fait ça (Les Zinspirés) depuis que j’ai commencé au TfT il y a 17 ans, je serais fier!»

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Ce qu’il trouve de fantastique dans cette aventure, «c’est qu’on travaille avec le futur et pour le futur, celui des jeunes comme celui du Théâtre français de Toronto.»
C’est Pierre Simpson qui a coordonné les trois éditions des Zinspirés et qui a signé la mise en scène des trois spectacles. À ses yeux, «chacun des auteurs s’exprime dans son propre registre, avec son propre vocabulaire et ses propres expressions».

L’expérience est fascinante parce qu’elle «met en relief la créativité inépuisable des jeunes lorsqu’on leur donne la parole».

Cette parole reflète les origines parfois multiples d’une jeune auteure. C’est le cas de Godelive Majamu (école secondaire Étienne-Brûlé à Toronto) qui, dans Mes cheveux, ma couronne, écrit: «Tout à coup… ça commence à me piquer. Ezuki! Ça brûle! Mais pourquoi c’est moto moto comme ça? Mamé! Elle est en train de perm mes cheveux! Ma couronne! Elle est en train de devenir… straight! Mama na ngai, Aunty Akua, c’est pas ce que je vous ai demandé!» Le texte est ici truffé de mot des langues lingala et ling.

Ailleurs, le bilinguisme français/anglais teinte le propose des jeunes. C’est le cas de Gabriel Chaumont (école secondaire Père-René-de-Galinée à Cambridge) qui, dans Bellac le con, écrit: «Oh Bellac, t’étais si jeune, très con mais si jeune… Tu m’as montré le fun de faire du Cow tipping, même si c’était des taureaux… Pis je t’ai jamais dit merci pour la fois que tu m’as sauvé des mouettes qui voulaient me manger la face. Oui tu m’as kické dans le nez pis tu me l’as cassé, mais c’est l’intention qui compte… Right?»

Les trois éditions des Zinspirés ont chacune donné lieu à un dialogue intergénérationnel. Les jeunes auteurs et «un moins jeune, mais éternel adolescent aux cheveux déjà blancs» (i.e. Guy Mignault) ont toujours eu l’occasion de partager et d’apprendre les uns des autres. N’est-ce pas formidable?

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