CoViD-19: la résilience des parents réconforte les enfants

Myriam Touré peut dire qu’aujourd’hui ses enfants se portent bien. Photos: Courtoisie Myriam Touré
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Un enfant bien entouré pendant l’événement traumatisant que peut être la CoViD-19 ne vivra pas la crise comme une fatalité, constatent plusieurs experts. Une attitude résiliente des parents devant les nombreuses difficultés engendrées par la pandémie permettra à leurs enfants de traverser plus facilement la crise.

Nancy Mudekereza et Tanya Ibalama, consultantes ressources, et Laila Fateh, conseillère en comportement au Centre francophone du Grand Toronto (CFGT), soulignent que «face à une situation stressante, un enfant peut adopter les mêmes réactions que celles des parents».

Pas de panique

Il est donc important que ces derniers tentent de conserver leur calme, particulièrement en présence de l’enfant.

Native de France, mais résidant désormais à Toronto, Myriam Touré est mère monoparentale de trois enfants âgés de 5 à 17 ans. Elle raconte avoir réussi à vivre la crise sanitaire dans le calme. «Depuis le début de la crise, je ne panique pas. On respecte les consignes gouvernementales et on se lave les mains.»

Malgré qu’elle soit restée sereine face à la CoViD-19, elle raconte néanmoins avoir vécu des moments difficiles.

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«L’un de mes enfants est autiste et vit dans une maison spécialisée. Il vient normalement à la maison les fins de semaine, mais compte tenu du confinement imposé, il a dû rester au centre pour des raisons de sécurité. Pour moi, c’était très difficile émotionnellement, mais en tant que maman, il ne fallait pas que je lui transmette que j’étais affectée puisqu’il trouvait déjà la situation très difficile.»

Pour la première fois depuis de la mi-mars, la mère de famille a réuni ses trois enfants pour une activité familiale.

Un confinement familial

Dans la mesure du possible, les intervenantes du CFGT encouragent l’implication des parents et de l’entourage immédiat dans la vie des enfants, même en période de crise. Leur présence fait une grande différence pour leur développement général et pour le bien-être de l’enfant.

Myriam Touré se réjouit que le confinement lui ait permis de passer beaucoup de temps avec ses enfants, sa mère et sa sœur. Celles-ci étaient venues de France pour s’occuper des enfants de Myriam, partie en voyage d’affaires à l’étranger quelques semaines avant l’éclatement de la pandémie.

En raison de la crise sanitaire, la mère et la sœur sont finalement restées plus de six mois dans la ville-reine. «Le fait qu’elles soient là a donné au confinement un côté très familial puisque nous avons pu nous raconter des histoires, jouer à des jeux, faire des batailles de danses intergénérationnelles et discuter de traditions familiales! Ça nous a permis de resserrer les liens», témoigne Myriam Touré.

Elle mentionne également que l’humour a été très présent dans leur famille pendant le confinement et que celui-ci a permis à son cadet et à sa benjamine de ne pas vivre cette période difficile comme un drame.

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Finalement, la mère de famille reconnaît aussi que la technologie a été d’un grand secours, car elle a notamment permis à ses enfants de discuter avec leur père tous les jours pendant le confinement.

Pour aider son aîné autiste à traverser la période du confinement, Myriam Touré indique lui avoir parlé tous les jours par vidéoconférence. Elle lui a aussi cuisiné des plats traditionnels africains et s’est rendue sur place régulièrement pour des visites, même si elle devait rester à l’extérieur de sa résidence.

Discuter de l’actualité

«Dès le début de la pandémie, il a été conseillé aux parents de discuter avec leurs enfants de la pandémie et du confinement [afin qu’ils comprennent à quoi le monde est confronté]», indiquent Nancy Mudekereza, Tanya Ibalam et Laila Fateh.

Myriam Touré explique avoir pris l’habitude de regarder le téléjournal avec ses enfants afin de leur expliquer ce qu’il se passait et qu’ils comprennent les grandes lignes de l’actualité internationale.

Dès le début de la phase 2, elle a aussi prévenu ses enfants du risque d’une seconde vague afin de les préparer mentalement. Finalement, elle affirme leur avoir dit que la crise sanitaire pourrait ne pas s’estomper d’ici à ce qu’un vaccin soit fabriqué, ce qui pourrait prendre plus d’un an.

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