Climat : entre panique et défaitisme

«Nous sommes cuits!»

Mangkhut
Le typhon Mangkhut dans l'océan Pacifique, le 6 septembre. (Photo: Naval Research Laboratory)
Partagez
Tweetez
Envoyez

Maxime Bernier a choqué la twittosphère, la semaine dernière, en affirmant que le CO2 n’est pas de la «pollution» puisque ce gaz, dont se nourrissent les plantes, est essentiel à la vie sur Terre.

Il a strictement raison: ce n’est que métaphoriquement qu’on peut appeler ça de la «pollution», c’est-à-dire si on considère que l’industrialisation (charbon, pétrole, gaz, ciment, déforestation) ajoute «trop» de CO2 à celui qui est présent naturellement dans l’atmosphère.

L’ex-ministre conservateur, qui vient de fonder son Parti populaire du Canada, critiquait la nouvelle «taxe carbone» du gouvernement Trudeau, censée redonner aux contribuables davantage que ce qu’on leur aura pris: véritable alchimie fiscale qu’on a bien hâte de tester.

0,5 degré

Mais les propos du député de Beauce ont paru blasphématoires, survenant tout de suite après la publication d’un nième communiqué alarmiste du comité des Nations Unies sur le climat (GIEC), celui-ci sur les conséquences d’une hausse de la température moyenne de 0,5 degré Celcius d’ici le milieu du 21e siècle.

«Maxime Bernier est-il climatosceptique?», s’est-on demandé sur un ton courroucé à Radio-Canada et au Devoir. Dans la section mal nommée «Débats» de La Presse, les éditorialistes rivalisaient de «retour à la noirceur des années Harper» et de «la Terre n’est pas un airbnb».

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Un texte s’intitulait bien «La fin du monde n’est pas pour aujourd’hui». Malheureusement, il portait sur la légalisation du cannabis, pas sur les divinations du GIEC.

L'étoile mystérieuse

Décroissance

À la fin août, le chroniqueur Patrick Lagacé, toujours percutant, avait commenté la démission spectaculaire du ministre français de la «Transition écologique et solidaire», Nicolas Hulot, en disant ne jamais vouloir parler de réchauffement climatique parce qu’il «ne croit pas qu’on puisse y faire quoi que ce soit»: «ça ne changerait rien», «nous sommes cuits»!

Il a pourtant remis ça à la mi-septembre en titrant «Désolé d’être défaitiste», pour argumenter que «la défaite est inévitable», car «la décroissance n’arrivera pas».

La «décroissance», un régime de simplicité volontaire qui serait tout sauf volontaire, est le thème d’une récente série de capsules de Rad, la plateforme de Radio-Canada pour les milléniaux.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Radio-Canada devrait prêcher par l’exemple et faire sa propre cure de décroissance, juste pour voir.

Malthus

On croyait Malthus discrédité depuis un siècle, mais voilà qu’il revient à la mode chez nos jeunes. Cela se manifeste, entre autres, par un appui à un parti fou braque comme Québec solidaire, qui est passé de 3 à 10 députés aux élections du 1er octobre dernier.

Les idées fausses, c’est comme les maladies transmises sexuellement: dès qu’on cesse d’éduquer, elles reviennent.

Lagacé fonde son pessimisme sur «un consensus scientifique assourdissant d’études pointant vers l’activité humaine comme cause principale du réchauffement de la planète depuis la moitié du 20e siècle».

Fake news!

En fait, le consensus scientifique porte sur la réalité observée au 20e siècle: un réchauffement moyen de 1 degré Celcius; et une augmentation de 100 ppm de CO2 (de 300 à 400) dans l’atmosphère, ce qui reste très peu et, dans l’histoire de la planète, historiquement bas : 0,04 %.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Cet ajout de CO2 vient certainement en bonne partie de l’industrialisation, et il joue un rôle – important ou minime: il y a de vifs débats là-dessus – dans le léger réchauffement observé.

Certes, l’humanité, telle qu’elle s’est développée à l’exponentiel, avec un impact majeur sur son environnement, la pollution de l’air et de l’eau, la réduction de la biodiversité, ne peut pas ne pas avoir aussi une influence sur le climat (la météo). Mais cette influence-là est beaucoup moindre, difficilement mesurable, proche de la variation naturelle.

Le fameux consensus ne porte pas sur la fin du monde dans les tornades, les inondations et la désolation à la fin du 21e siècle, précipitée par notre mode de vie.

L'étoile mystérieuse

Plein la vue

Le GIEC est un comité politique qui privilégie les mauvaises nouvelles et n’a que faire des bonnes (comme les médias), parce que sa pertinence et son financement en dépendent.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Les gouvernements ont également tendance à financer les recherches sur ce qui va mal (c’est normal), pas sur ce qui est sans conséquences. Les intéressés ne se gênent donc pas pour leur en mettre plein la vue.

Dans les années 1990, on nous prédisait qu’ajouter 100 ppm de CO2 dans l’atmosphère allait produire une hausse des températures de 4 à 6 degrés Celsius. On n’a cessé de réviser ça à la baisse. Au-delà du 1 degré enregistré de 1850 à 2000, on attend maintenant 0,5 degré de 2000 à 2050… même si, jusqu’à maintenant, c’est zéro degré.

Ça n’empêche pas les prophètes écolos de continuer de prédire l’apocalypse avec encore plus de certitude, mais ça ne correspond pas à la réalité des dernières décennies sur la fonte des pôles, le niveau de la mer ou les tornades, ni à l’opinion de milliers de scientifiques sérieux.

Pas le bouton de contrôle du climat

Tout le débat tourne autour de la sensibilité du climat au CO2 : forte ou faible.

Normalement, c’est plus souvent le CO2 qui est sensible au climat que l’inverse, mais comme on ajoute du CO2 dans l’air, mieux vaut comprendre ce que ça fait.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Sauf que, contrairement à ce qu’on semble dire lors des COP annuelles (on est rendu à la 24e), le CO2 n’est pas le bouton de contrôle de la température, encore moins de tout le climat, ou c’en est un parmi des centaines d’autres, tous naturels.

Il n’y a pas de consensus sur l’activité humaine comme cause d’un dangereux dérèglement du climat.

Pas déréglé

Le climat peut difficilement être «déréglé» parce qu’il n’est jamais «réglé». Le cosmos, notre biosphère et son climat forment un système dynamique, évolutif, puissant, complexe.

Si tous les singes étaient restés dans les arbres, et que l’humanité n’avait jamais existé, l’environnement de la planète serait radicalement différent aujourd’hui: une biodiversité plus riche, les grands mammifères plus nombreux, des forêts au lieu de nos villes et de nos champs.

Mais pas le climat: 1 degré Celcius de moins peut-être… mais peut-être pas, car des centaines d’autres facteurs interagissent.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Le crabe aux pinces d'or

Vrais débats, vraie science

Scoop: il n’y a pas de «négationnistes» du climat ou de la science, autres que les mystiques et les mystificateurs qui sévissent à toutes les époques. Parmi les experts autant que dans le grand public, il y a des pessimistes, des optimistes et beaucoup d’indécis.

C’est d’ailleurs en cela que l’étude du climat n’est pas une pseudo-science: c’est une vraie science, pertinente, avec de multiples théories concurrentes, des questions sans réponses et des inquiétudes valides.

Pour chaque scientifique alarmiste à la Hansen, Mann ou Jones, il y a un scientifique sceptique à la Curry, Lindzen ou Christy, comme pour chaque activiste déprimant à la Hulot, Gore ou Suzuki, on trouve un commentateur encourageant à la Lomborg, Ridley ou Pinker.

Je ne doute pas que la majorité des pessimistes soient sincères, soucieux de l’avenir de leurs enfants et de l’humanité. Nous le sommes tous. Sauf que le catastrophisme climatique est devenu l’instrument d’une clique de bureaucrates, de politiciens et de gourous qui veut imposer une pensée unique et des actions irréfléchies.

Un débat décrispé permettrait de cerner et de prioriser les vrais défis environnementaux et les vrais problèmes socio-économiques. C’est là-dessus que devraient porter les sommets internationaux annuels, parce que c’est là-dessus qu’on conserve une réelle influence.

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur