Climat économique et économie climatique

climat, environnement
Beaucoup de gens confondent environnement et climat. Photo: Gerd Altmann, Pixabay
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Autrefois, quand on parlait de créer un «climat favorable» aux investissements ou à la croissance économique, on ne parlait pas littéralement de météo.

Aujourd’hui, une véritable obsession pour le «réchauffement de la planète» ou les «changements climatiques» a gagné nos sociétés occidentales, au détriment de problèmes locaux et mondiaux bien plus pressants, dont certains défis environnementaux.

Environnement et climat

Car l’environnement et le climat, que tout le monde confond maintenant, ce n’est pas la même chose.

Et le CO2 n’est pas de la «pollution», contrairement à ce qu’on lit dans les communiqués officiels et dans les médias qui les répercutent sans réfléchir: c’est l’air qu’on expire et dont les plantes ont besoin.

Nous avons toujours eu un énorme impact sur l’environnement via la pollution de l’air et de l’eau (qui affecte notre santé), la destruction des habitats naturels qui réduit la biodiversité, la surpêche et l’exploitation désordonnée des ressources…

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C’est un enjeu qui est bien compris depuis longtemps et qui est relativement bien géré dans nos sociétés démocratiques, même si le travail n’est jamais terminé. Un déversement industriel toxique ou une alerte à l’eau du robinet contaminée est un cauchemar pour les élus de la juridiction touchée.

Influence humaine

Ce qui est mal compris et encore plus mal géré, c’est que nous aurons toujours très peu d’influence sur le climat – qui a toujours changé et qui n’est pas «déréglé» –, par exemple sur des événements comme les feux de forêt à Fort McMurray ou le déluge du 8 juillet 2013 à Toronto.

Rouler en voiture électrique ou couvrir nos maisons de panneaux solaires (ce qui peut se justifier pour d’autres raisons) n’influencera que très modestement, voire pas du tout, les hivers doux ou rigoureux de ce siècle, la fonte des glaces aux pôles ou leur retour, les précipitations abondantes ou les sécheresses, la hausse ou la baisse du niveau de la mer, le sort des pingouins ou du corail…

Au Canada, c’est certainement l’Ontario de Kathleen Wynne et de Glen Murray qui est à l’avant-garde de la «lutte contre le changement climatique», une entreprise dont la futilité est à la hauteur de la mégalomanie de ses instigateurs.

Le gouvernement libéral dévoilerait bientôt son «plan d’action», dont certains éléments ont été coulés au Globe and Mail afin d’évaluer les réactions et de rectifier le tir au besoin.

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Des politiques climatiques anti-économiques

Déjà, face à la levée de boucliers contre l’idée d’éliminer le chauffage au gaz naturel (les trois quarts des résidences de la province!), le ministre affirme que son plan contiendra beaucoup plus de «carottes» que de «bâtons».

N’empêche, l’ensemble des mesures considérées ici coûterait environ 7 milliards $ au trésor public, et des sommes encore plus élevées aux Ontariens en tarifs d’électricité exorbitants et en majoration des prix de presque tous les produits et services affectés par le futur système de plafonnement et d’échange des émissions de GES.

Ce système compliqué, vulnérable à la manipulation, qui rapporterait au gouvernement ontarien près de 2 milliards $ dès ses débuts l’an prochain, censés être réinvestis dans des projets «verts», n’est qu’une hausse de taxe déguisée selon l’opposition progressiste-conservatrice à Queen’s Park.

En entrevue à L’Express, la députée Lisa Thompson rappelle que les Libéraux ont «une longue histoire de mauvaise gestion des dossiers énergétiques», que le système de plafonnement et d’échange transférera des centaines de millions de dollars de l’Ontario à la Californie sans réduire nos émissions de GES, et que le train de mesures annoncées officieusement représente de «l’ingénierie sociale» aux conséquences économiques négatives.

Consensus ou hyperbole?

Le parti de Patrick Brown prétend toutefois lui aussi adhérer désormais à un mythique «consensus» sur la gravité des changements climatiques imputés à l’industrialisation et au CO2.

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Le nouveau chef ontarien invite d’ailleurs le Parti conservateur fédéral à prendre acte de cette évolution des moeurs (alors que la science, elle, tend plutôt à révéler la complexité de ce débat et à casser les certitudes des alarmistes).

Selon certains sondeurs, l’indifférence de Stephen Harper face aux changements climatiques, alors que de plus en plus de gens s’en inquiètent, serait l’une des causes de sa défaite l’automne dernier. On verra comment se positionneront là-dessus les candidats à sa succession.

Le 22 avril, «Jour de la Terre», Patrick Brown a mentionné dans son communiqué de presse obligatoire que «nous devons reconnaître que le changement climatique est l’un des plus grands dangers» et qu’une «action forte et crédible» est nécessaire pour y faire face.

Il se peinture dans le coin: après une telle hyperbole, comment critiquer les initiatives libérales?

Meilleures pratiques volontaires

Selon Lisa Thompson, l’alternative à l’action du gouvernement actuel est «d’engager les parties prenantes» de l’économie ontarienne, notamment les plus gros émetteurs de GES, et de les persuader d’adopter volontairement de meilleures pratiques… «Nous sommes d’accord sur l’objectif, mais pas sur les moyens», résume-t-elle.

C’est vague. Pire, ça sent l’improvisation et la mystification. Au moment, justement, où le gouvernement libéral précise ses choix, qui risquent d’entraîner l’Ontario dans un dédale de politiques économiques ruineuses.

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