Changement d’heure, changement de saison

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Ça y est. Nous sommes officiellement passés à l’heure d’hiver. L’heure normale. Nous avons reculé d’une heure nos montres et horloges, de même que la panoplie de gadgets électroniques. Lorsque ceux-ci ne se reculent pas eux-mêmes, évidemment.

Le changement d’heure nous plonge dans une obscurité encore plus frappante. Il fait noir avant 17 heures.

Et du même coup, le retour à l’heure normale nous fait aussi prendre conscience qu’on entre de plain pied dans la saison hivernale. Il fait soudainement plus froid, on dirait. Inévitablement, il nous faut modifier nos habitudes vestimentaires. L’heure est maintenant aux tuques et aux mitaines.

Et il n’y a pas que le changement d’heure qui nous le rappelle… Aussitôt l’Halloween passée, la frénésie de Noël s’empare des magasins. Les pères Noël arrivent dans les centres commerciaux. Les décorations de Noël s’installent à l’extérieur des maisons.

Tous ces signes bien propres à l’hiver devraient être autant d’alarmes qui résonnent pour qu’on ajoute quelques couches ou quelques accessoires saugrenus à nos tenues d’extérieur. Et avec le mercure qui se permet des pointes en dessous de zéro, certaines nuits, on peut dire sans se tromper qu’il faut maintenant bien se couvrir.

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Même si ce n’est qu’au solstice d’hiver, le 20 ou le 21 décembre, que l’hiver arrive officiellement, le climat s’hivernise bien avant. Il est temps de sortir l’artillerie lourde: manteaux doublés, chaussons de laine, foulards, tuques et mitaines. Même les bottes deviennent de mise.

Mots bien de chez nous

De ces vêtements hivernaux, la tuque et la mitaine sont peut-être les plus intéressants. Non pas en ce qui a trait à leur fonction ou à leur confection, mais bien en tant que mots de notre vocabulaire français. Pourquoi? Parce qu’ils sont bien de chez nous. Et ils ont droit de cité dans les dictionnaires.

Parlons des mitaines, d’abord. Le Robert nous dit que le mot vient peut-être de «mite», ce petit papillon dont la larve ronge les étoffes de laine et les fourrures.

On suggère aussi une autre hypothèse: celle selon laquelle le mot viendrait de «mite», un mot que l’on associe au chat (chattemite, mistigri, marmite…).

Mais c’est la première origine qui semble la plus partagée, notamment par plusieurs ouvrages portant sur les canadianismes.

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Le Robert nous dit d’ailleurs que le mot «mitaine» est soit vieilli, soit un régionalisme propre au Canada. Il a alors le sens de «moufle», très peu employé ici.

Pour les Français et les Européens francophones, «mitaine» désigne plutôt un gant qui laisse à découvert les deux dernières phalanges des doigts. Ici, c’est un «gant qui couvre tous les doigts ensemble, sauf le pouce», comme l’indique Lionel Meney dans son Dictionnaire français québécois.

On peut même remonter aux Relations des Jésuites pour trouver des traces des «mitaines».

Le père Paul LeJeune a écrit, vers 1636, qu’«il se faut armer de bonnes mitaines si on ne veut avoir les mains gelées.» Ce n’est donc pas d’hier que ce mot est employé au Canada français.

Baseball et hockey

Au fil des ans, le mot s’est enrichi de quelques sens. Au baseball, il désigne le gant du receveur. Au hockey, il s’agit d’un gant porté par le gardien de but. Et en cuisine, on ne saurait se passer des mitaines pour le four.

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Le mot a aussi donné lieu à des expressions imagées. Lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est «une vraie mitaine», cela n’est pas très flatteur. Il est une «vraie lavette», un trouillard, un peureux.

Et si on fait quelque chose «à la mitaine», on le fait «à la main» ou «d’une manière artisanale», tout simplement. Comme dans les recensements qui se faisaient «à la mitaine».

Attachez vos tuques

Et qu’en est-il de la tuque? À une voyelle près, le mot viendrait, selon le Robert, de «toque», tout simplement.

Il s’agit, pour les auteurs du prestigieux dictionnaire, d’un régionalisme propre au Canada qui désigne un bonnet de laine à bords roulés en forme de cône, surmonté d’un gland ou d’un pompon.

Évidemment, les tuques ont évolué et elles sont de moins en moins coniques. Et quant au gland ou au pompon, ils tendent aussi à disparaître.

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Certains ouvrages mentionnent un emploi dans le Périgord, pour désigner un sommet, une colline ou encore un promontoire.

Plusieurs expressions colorées contiennent le mot «tuque». Si on dit à quelqu’un d’«attacher sa tuque» ou même d’«attacher sa tuque avec de la broche», on veut bien sûr lui dire de se cramponner, de porter une attention toute particulière. Plus familièrement, on pourrait aussi bien dire: «attachez vos ceintures».

Mieux encore, si on dit de quelqu’un qu’il «a la tuque drette», c’est qu’il est très en colère. Et si on en a «plein la tuque», c’est qu’on en a ras le bol, qu’on en a «plein le casque ». On se reparlera en avril, quand l’hiver se sera calmé. Alors on pourra dire sans se tromper qu’on en a «plein la tuque» du froid et de la neige…

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