Champs électromagnétiques : 30 ans à faire peur

soleil

Pas plus de leucémies près des pylônes électriques qu’ailleurs... (Photo: Pixabay)


23 août 2018 à 7h00

Une trentaine d’années plus tard, toujours rien sur le soi-disant risque pour la santé des lignes à haute tension. Mais de plus en plus de données démontrent l’impact très fort — et durable — qu’une poignée d’annonces alarmistes ont eu… sur la peur.

Contrairement à une certaine croyance populaire, il n’y a en effet jamais eu d’études solides associant cancer avec la proximité des lignes à haute tension. Les effets des ondes électromagnétiques sont connus depuis des décennies et solidement documentés en médecine et en biologie.

Il a pourtant suffi, à la fin des années 1980, de quelques chercheurs et de quelques reportages, pour déclencher une légende qui continue de rôder.

Électro-paranoïa

Le site Retro Report, qui se donne pour mission de revenir sur des nouvelles du passé, était ainsi revenu en 2014 sur deux noms qui furent au coeur de «l’électro-paranoïa» de l’époque.

L’épidémiologiste David Savitz, l’auteur de la première étude, en 1987, laissant planer la possibilité d’un taux accru de cancers chez les enfants, et surtout, le journaliste Paul Brodeur. Ce dernier fit de ce sujet son cheval de bataille jusqu’en 1992 et publia plusieurs reportages qui campèrent le décor d’une triade maléfique : lignes à haute tension, enfants et leucémie.

Or, rappelle le reportage de Retro Report et du New York Times, les échantillons choisis étaient trompeurs, comme c’est souvent le cas lorsqu’un chercheur publie la toute première étude suggérant la possibilité d’une corrélation jusque-là inconnue. Avoir trouvé un taux plus accru de cancers dans un quartier ne veut en effet rien dire tant qu’on n’a pas comparé à des quartiers similaires et à des populations plus vastes.

Impact biologique minime

De fait, toutes les études de santé publique subséquentes allaient démontrer qu’il n’y avait pas plus de leucémies près des tours qu’ailleurs.

À supposer qu’il puisse y avoir un impact biologique, il est si minime ou nécessite une telle combinaison de facteurs que l’impact sur l’ensemble d’une population devient, en bout de ligne, proche de zéro. Même David Savitz a reconnu que les données obtenues depuis son étude initiale permettaient de tourner la page.

Mais le mal était fait. À tel point que, suggère le journaliste du New York Times, la peur des fours micro-ondes, des téléphones cellulaires et des compteurs intelligents, tire son origine de là.

Avec la plupart [de ces appareils], les suspects sont les radiations qu’ils émettent, appelées champs électromagnétiques. La portion «magnétique» est la grosse inquiétude: on craint des dommages qu’ils peuvent infliger à notre corps.

Il y a bel et bien un risque, répondraient pour leur part les experts en analyse de risque. Le plus gros risque, c’est la peur.

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