«C’est meilleur quand c’est bon» goûte à Toronto

La journaliste française Emmanuelle Jary se prononce sur la gastronomie torontoise

Emmanuelle Jary
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C’est meilleur quand c’est bon est un guide gastronomique entièrement vidéo et numérique, réalisé sous l’impulsion de Emmanuelle Jary, journaliste française spécialisée dans la gastronomie, le vin, et le voyage culinaire.

Après des études d’ethnologie et un travail de recherche sur la trufficulture, Emmanuelle Jary s’intéresse aujourd’hui à la bonne cuisine, sous toutes ses formes, sans préjugés. À l’occasion d’un séjour en Ontario, la journaliste livre sa perception de la gastronomie torontoise.

Premières impressions

«J’avais entendu parler de Toronto comme une ville qui était très intéressante d’un point de vue culinaire, avec de grands changements depuis une dizaine d’années», dit-elle à L’Express.

La journaliste a eu l’occasion de tester le restaurant Braque Smokehouse, un haut lieu de la viande au barbecue.

«J’avais également lu un article paru dans la presse française sur une association qui aidait les femmes réfugiées à se réinsérer par la cuisine. Pour toutes ces raisons, j’ai eu envie de découvrir la ville.»

«Mon constat est que l’on mange bien dans cette ville, que ce soit de la nourriture de rue, de la cuisine étrangère, ou de la cuisine nord américaine. Le choix est vaste et j’ai été impressionnée par le très grand nombre de restaurants que l’on y trouve.»

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Une offre éclectique et surprenante

«On trouve à Toronto des cuisines exotiques très proches de ce qu’on peut manger dans les pays d’origine, tout comme des cuisines du monde, mais cuisinées façon fusion. Je pense au restaurant La Mexicana qui propose de la cuisine mexicaine type, mais parfois préparée avec une spécialité coréenne, le bulgogi. C’est inattendu et très bon.»

Emmanuelle Jary a testé La Mexicana, un restaurant de tacos aux influences cosmopolites.

«De manière générale, ce qui est intéressant, c’est la liberté que prennent les cuisiniers à proposer ce qui leur plaît et ce qui reflète leur histoire. En l’occurrence, je suis passée devant un restaurant hongrois/thaï, Le Hungary Thai Bar & Eatery, car l’homme est hongrois et son épouse thaïlandaise. Je n’avais jamais vu ce rapprochement, mais pourquoi pas après tout!»

Une cuisine liée à l’Histoire

«On retrouve cela à New York dans le quartier d’Astoria, où les restaurants reflètent les différentes vagues migratoires depuis un siècle et demi, mais à Toronto cela s’est fait plus récemment. C’est fascinant à observer et j’aime particulièrement, à travers la cuisine, être reliée à une histoire, à l’Histoire. Donc c’est quelque chose que je trouve attractif ici.»

«J’ai beaucoup aimé Fisherman Lobster Clubhouse, un restaurant chinois à Scarborough où j’ai mangé du homard comme à Hong Kong et servi en pyramides immenses. C’est impressionnant et très bon. J’aime ce rapport un peu débridé que certains Chinois ont à la nourriture. C’était le repas plaisir à l’état pur.»

Ce restaurant de Scarborough s’inspire de la cuisine hongkongaise.

«J’ai trouvé très intéressant que certains cuisiniers proposent de la cuisine pow-wow, s’inspirant des Premières Nations du Canada avec, par exemple, le pain bannock. Même si les recettes sont revisitées, l’intention d’être rattaché à ses racines par la cuisine est bien là. Cela nous montre combien la cuisine, au-delà des recettes, est aussi un outil pour réaffirmer une identité, la faire connaître, la défendre.»

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Une activité de plaisir

«Je suis journaliste pour la presse magazine spécialisée dans la cuisine depuis près de 20 ans. Mais à plusieurs reprises, j’ai été frustrée de ne pas pouvoir parler de la cuisine comme je le souhaite, et de ne pas pouvoir parler des restaurants que j’aime. Avec mes vidéos, je suis libre et je peux replacer la cuisine dans un contexte historique, sociologique, culturel et même politique.»

«Je souhaite donner à la cuisine toute la place qu’elle mérite dans la compréhension de nos sociétés, sans toutefois perdre la notion de plaisir. Car à l’exception de certains cas où manger répond uniquement à un besoin physiologique (situation de précarité extrême, de conflits…), le propre de l’alimentation humaine, telle qu’elle s’est développée à travers les âges, est d’être une activité de plaisir liée à tous les évènements festifs de l’existence (anniversaire, mariage, naissance…).»

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