Ces déchirures mal cicatrisées qui structurent une vie

Guillaume Musso, Skidamarink
Guillaume Musso, Skidamarink, roman, Paris, Éditions Calmann-Lévy, 2020, 448 pages, 29,95 $.
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Dix-sept romans ont permis à Guillaume Musso de conquérir des dizaines de millions de lecteurs à travers le monde. Son premier roman, Skidamarink (2001), était jusqu’à tout récemment introuvable. Calmann-Lévy vient de le rééditer. Ce sera certainement un de mes coups de cœur en 2020.

Auteur le plus lu en France pour la dixième année consécutive, Guillaume Musso signe ici un roman engagé, militant même, «un Da Vinci Code avant l’heure», selon Le Figaro littéraire.

Dan Brown a publié son célèbre roman en 2003, donc deux ans après Skidamarink. Il ne l’avait sans doute pas lu, mais Musso lui a damé le pion en termes d’énigme et de codes.

Vol de La Joconde

Alors que le vol de La Joconde fait la une de tous les journaux, quatre personnes qui ne se connaissent pas reçoivent un fragment découpé du célèbre tableau de Léonard de Vinci, accompagné d’un mystérieux rendez-vous dans une chapelle de Toscane. Une citation est jointe à chaque fragment.

Les quatre personnes sont un chercheur en biologie d’origine russe, un ancien avocat d’origine française, une directrice de ventes d’origine américaine et un jeune prêtre d’origine italienne. Ils ne se connaissent pas, mais n’ont pas le choix de résoudre ensemble une énigme guet-apens.

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Dès lors, leur vie prend un tournant dangereux, exaltant et sans retour.

L’action se déroule tour à tour en Toscane, en Irlande, à New York et en Islande. Le narrateur est l’ancien avocat. Les quatre citations proviennent de Victor Hugo, de John Donne, de Rabelais et d’Alexis de Tocqueville. Elles font respectivement allusion au libéralisme économique, à l’individualisme, à la science et à la démocratie.

Personnages complexes

Guillaume Musso excelle dans l’art de camper des personnages complexes et de tisser des rebondissements compliqués. Ce n’est pas parce que les quatre protagonistes se rencontrent dans une chapelle qu’ils sont en odeur de sainteté, y compris le prêtre, bien au contraire.

Sans révéler les tenants et aboutissants de l’intrigue, je dois dire que ces trois hommes et une femme échappent parfois à la mort dans des conditions «arrangées avec le gars des vues».

Je signale, en passant, qu’il se boit beaucoup d’alcool dans ce roman. Le vin est décrit comme «une boisson pour l’âme: équilibrée, charnue, moelleuse et veloutée». Quand le jeune prêtre sert son vin de messe personnel, comme il aime à le dire, c’est un chianti classico de 1988. À Noël, le chercheur en biologie reçoit trois bouteilles de château-margaux ayant appartenu à Conon Doyle, rien de moins.

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Si les quatre protagonistes ne se connaissaient pas avant d’être convoqués à un mystérieux rendez-vous, les gens derrière cette diabolique manipulation connaissaient, eux, des événements qu’aucun des quatre n’avait jamais ébruités. Qui plus est, ils ont tous eu une relation avec la même femme à des époques différentes.

Quête de vérité

L’auteur montre comment un meurtre peut créer un lien indestructible, voire rendre des gens solidaires. Il fait remarquer que le chiffre 4 n’est que «le signe de la potentialité et de l’expectative, avant que ne s’opère la manifestation, qui vient avec le 5, notre cinquième élément, notre cinquième sens».

Skidamarink demeure, en définitive, une quête de la vérité qui force trois hommes et une femme à remonter loin, du côté des déchirures mal cicatrisées qui structuraient leurs vies.

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