Cellulaires: les pro-cancer en eaux troubles

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Publié 25/09/2008 par Agence Science-Presse

Le téléphone cellulaire cause-t-il le cancer? Ceux qui affirment que oui n’ont pas beaucoup d’arguments solides à offrir, en dépit de recherches intensives menées depuis deux décennies. Et deux études qui leur étaient favorables font à présent face à des accusations de fraude.

L’auteur principal de ces deux études, Hugo Rüdiger, de l’Université médicale de Vienne, a accepté de retirer son étude de 2008, et une enquête sur celle de 2005 est en cours.

Ces deux études étaient les seules qui, parues dans des revues dotées d’un comité de révision par les pairs, concluaient que les ondes électromagnétiques des téléphones cellulaires peuvent entraîner le cancer.

La première critique était venue du biologiste Alexander Lerchl, de l’Université Jacobs, en Allemagne. Pointant du doigt des anomalies statistiques dans l’étude de 2005, il avait contacté la revue où cette étude était parue, Mutation Research. Laquelle revue, en novembre 2007, avait rejeté ses allégations, affirmant qu’il aurait été impossible de maquiller les données en question pour les faire arriver au résultat souhaité.

Début 2008 toutefois, le comité d’éthique de l’Université médicale de Vienne en arrivait à la conclusion inverse : «les données n’ont pas été mesurées expérimentalement, mais fabriquées». Hugo Rüdiger a accepté de retirer les deux articles puis s’est rétracté, lorsqu’il a appris que le président du comité d’éthique, un juriste, avait dans le passé travaillé pour une compagnie de télécommunications.

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L’Université a donc réuni, en juin 2008, un second comité d’éthique. Après l’avoir rencontré, le Dr Rüdiger a accepté de retirer l’article de 2008, à condition que le comité accepte de considérer que, pour l’autre article, «l’affaire est close». Mais la revue Mutation Research mène une enquête à ce sujet, révélait récemment la revue Science.

Et entretemps, le directeur du département où travaillait Rüdiger (il a pris sa retraite en octobre 2007) a identifié dans les carnets du laboratoire de 2005 à 2008 des entrées de données suspectes, attribuées à une technicienne, qui a démissionné depuis.

L’histoire serait banale si elle ne concernait pas un sujet aussi controversé : l’association entre cancer et téléphone cellulaire est née d’une légende urbaine. Même ceux qui sont convaincus que les ondes électromagnétiques, à d’aussi faibles doses, peuvent endommager l’ADN penchent plutôt vers l’existence d’un lien plus subtil: dans l’activation ou l’expression des gènes peut-être, et encore, ce n’est pas sûr.

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