Cannabis légal et santé publique : sensibiliser les jeunes

Le cerveau des jeunes est particulièrement vulnérable aux effets négatifs du cannabis. (Photo: Kolotype | Dreamstime.com)


25 octobre 2018 à 9h00

Le cannabis récréatif est légal au Canada depuis le 17 octobre. L’objectif du fédéral est de couper les vivres au grand banditisme tout en protégeant les jeunes. Pourtant, la sensibilisation des jeunes et la santé publique sont les grands absents de l’avalanche de couvertures médiatiques.

Le ciel ne va certes pas nous tomber sur la tête avec cette légalisation. La fin de la prohibition de l’alcool (de 1915 à 1927 en Ontario) n’a pas transformé les Ontariens en une bande d’alcooliques.

L’offre va se raffiner

En 100 ans, l’offre d’alcool s’est raffinée: microbrasseries locales; Pinots noirs et Chardonnays du Niagara; Cabernets et Merlots de l’Okanagan; vodka aux pommes de terre à l’I-P-É. Sans parler des revenus fiscaux. L’alcool frelaté de la prohibition est bien loin derrière.

L’offre de cannabis devrait aussi se raffiner.

Déjà, la Société ontarienne du Cannabis (SOC) permet de choisir ses fleurs séchées selon la souche (Indica ou Sativa) et les terpènes (composés aromatiques aux vertus thérapeutiques). Et surtout, selon la teneur en THC (Tétrahydrocannabinol, le cannabinoïde psychoactif) et en CBD (le cannabidiol, autre cannabinoïde, qui module l’effet du THC et a des propriétés thérapeutiques, anti-inflammatoires et anxiolytiques.)

Les revenus fiscaux vont aussi aller de pair, comme au Colorado depuis 2014.

Abus

La demande devrait aussi se raffiner, d’où l’importance de la sensibilisation, surtout chez les jeunes.

Car en matière d’alcool, l’hyperalcoolisation rapide ou beuverie express («binge drinking») reste préoccupante chez les jeunes, qui préfèrent «se bourrer la gueule» au lieu de déguster un bon vin.

Malheureusement, les jeunes risquent de s’engouffrer dans la brèche de la légalisation du cannabis récréatif à tombeau ouvert, pour se «fracasser la tête» sans réelle mesure.

Fumer reste nocif

Alors que dire aux adolescents? Que fumer est nocif pour les poumons. Comme le tabac et ses substances chimiques presque plus nocives que la nicotine ou le goudron, les résidus de pesticides parfois illégaux dans le cannabis ou des moisissures, sont inquiétants.

Il faudrait surtout rappeler que le cerveau humain continue de se développer jusqu’à l’âge de 25 ans. La consommation de cannabis à l’adolescence peut avoir des conséquences cognitives et neuropsychologiques néfastes, parfois irréversibles.

Une des rares études longitudinales menées à ce jour, sur un millier de personnes nées en 1973 et 1974, a conclu en 2012 que consommer du cannabis avant 18 ans pouvait entraîner une baisse du QI (entre 13 ans et 38 ans) de huit points.

Maladies mentales

Le cannabis peut aussi augmenter le risque de maladies mentales, particulièrement la psychose et la schizophrénie, chez les sujets qui consomment très tôt, fréquemment, et qui ont des antécédents familiaux en la matière, rappelle Santé Canada.

Le meilleur antidote est donc d’en parler avec ses enfants, en s’informant à l’avance. La zone éducative de la SOC est excellente. , avec quelques courtes vidéos à regarder en famille?

Surtout, ne jamais aborder le sujet sous le coup de la colère. Plutôt tenter de rebondir sur l’actualité. Ou demander à ses enfants comment cela se passe dans leur école.

Enfin, souligner qu’un gramme de cannabis à 5% de THC est différent d’un gramme de cannabis à 25% de THC (voir jusqu’à 67% de THC dans des produits comestibles). Après tout, un verre de bière à 5% d’alcool n’a rien à voir avec un gin ou une vodka à 40%.

 

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