C.-B.: silence tonitruant du commissaire aux langues officielles

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En suivi à cet édito du Devoir intitulé «Les colonisés», on penserait qu’un commentaire du commissaire aux langues officielles Graham Fraser aurait été approprié en réponse à cette récente décision de la Cour Suprême sur les droits linguistiques en Colombie-Britannique et le tollé qu’elle suscite au Québec.

La décision rendue publique en plein creux d’été un vendredi est grave de conséquences, puisqu’elle établit une jurisprudence sur la base d’une loi britannique datant de 1731 en ce qui a trait à l’utilisation unique de l’anglais devant les tribunaux de cette province.

Les provinces qui ne disposaient d’aucune législation à cet égard sont maintenant marquées à jamais: soit la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve/Labrador (TNL). Cela avant même que l’obligation de bilinguisme des juges de la Cour Suprême ne s’estompe.

L’auteur de Sorry, I don’t speak French et ancien journaliste aurait pu, au strict minimum, regretter cette absence du traitement de l’information associée aux langues officielles dans les médias du Canada anglais.

Avec un peu plus de cran, il aurait pu signaler que rendre un tel jugement en été démontrait un manque de jugement quelque part. Que CBC n’ait pas couvert, pas mieux. Invoquer l’argument de ne pas se mêler des choix éditoriaux pour la «liberté» de l’information ne tient pas la route.

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Est-elle vraiment plus «libre» ainsi? Mon œil, nous ne sommes pas des imbéciles.

Le leadership, c’est de savoir faire la part des choses plutôt que de se cacher derrière des arguments bidon pour ne pas intervenir de peur de brasser la cage et d’en subir les conséquences.

Il ne s’agit pas ici de se «mêler de choix éditoriaux», mais bien de déplorer une situation pathétique reliée au traitement de l’information associée aux langues officielles, situation qui perdure.

Qui d’autres que le Commissaire, avec un budget annuel de 25M$ par année, était dans une position similaire pour le faire? L’intervention aurait pu faire une différence, certainement plus que de continuer à rédiger des rapports ronflants que personne ne lit plus, année après année, à force de tant se répéter.

Certains comprendront pourquoi le premier ministre Stephen Harpert renouvelait récemment le mandat de celui qui préside à cette grande mascarade canadienne pour un autre cinq ans.

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Notons que les organismes porte-parole des francophones comme la FCFA, la FFCB (Colombie-Britannique), l’ACFA (Alberta), l’ACF (Saskatchewan), la FANE (Nouvelle-Écosse) et le Centre de la Francophonie des Amériques (CFA) se sont tous comportés comme de véritables colonisés, compte tenu de la sévérité de l’outrage.

Les sénateurs/sénatrices qui sont supposés veiller au bien-être des minorités ne se sont hélas pas présentés. Et pendant ce temps, Justin rallumait le débat de la mari sans commenter une actualité beaucoup plus pressante.

Bientôt finie cette mascarade?

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