Bob Rae, notre ambassadeur à l’ONU: «les pays doivent travailler ensemble»

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Bob Rae, ambassadeur du Canada à l'ONU. Photo: Marine Ernoult
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Le vendredi 30 octobre, le Centre des arts de la confédération de Charlottetown a organisé une cérémonie virtuelle en l’honneur de Bob Rae. L’ambassadeur du Canada aux Nations unies a reçu la médaille Symons pour sa contribution exceptionnelle à la vie canadienne.

«Il a voué sa vie aux affaires publiques de son pays», souligne Dennis King, le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard. «Il n’y a pas de personne plus appropriée que Bob pour réfléchir à ce qu’est être Canadien, à ce que le Canada pourrait être et devra être après la pandémie.»

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Premier ministre, député, diplomate

Une centaine de personnes sont venues ce soir-là écouter le discours du diplomate et homme politique, retransmis en vidéo depuis New York.

L’ancien premier ministre néo-démocrate de l’Ontario et député libéral fédéral a parlé de sa vie personnelle et de sa vision pour le pays. Il a notamment évoqué son enfance et son adolescence à Washington, à l’époque de la lutte pour les droits civiques.

Après des études de droit à l’Université de Toronto puis à Oxford en Grande-Bretagne, il revient au pays et devient député à la Chambre des communes du Canada à la suite d’une élection partielle en 1978.

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«J’avais dans la vingtaine. Un député qui quittait son poste m’a appelé alors que je travaillais dans une clinique d’aide juridique, il m’a dit “tu devrais te présenter”. Je me suis dit: “pourquoi pas”. À partir de là, ma carrière politique ne s’est plus arrêtée.»

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Dennis King, premier ministre de l’Île du Prince Édouard. Photo: Marine Ernoult

La Constitution, un «arbre qui vit, respire, change»

Il évoque son implication dans la modification de la Constitution en faveur des droits autochtones en 1982. Les Autochtones y sont désormais reconnus en tant que peuples, possédant des droits ancestraux ou issus de traités.

«Ça nous renvoie tout de suite au discours du droit international: le droit des peuples à l’autodétermination, le droit à disposer d’eux-mêmes», se félicite Bob Rae. Avant d’ajouter: «C’est la preuve que notre Constitution n’est pas une chose morte, que c’est un arbre qui vit, respire, change et s’adapte aux réalités contemporaines».

L’ancien politicien partage sa vision de la politique après quarante ans de carrière. «Écouter ceux qui nous entourent, apprendre de ses expériences et de ses erreurs et savoir diriger intelligemment sont les trois choses cruciales», témoigne-t-il.

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L’édifice des Nations Unies à New York.

«Penser et agir globalement»

Bob Rae insiste sur l’importance du multilatéralisme et du besoin de plus de coopération entre États. «Il faut penser et agir globalement, car nous n’avons qu’une planète, il n’y a pas de planète B où on peut tout recommencer», martèle-t-il.

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Le diplomate prend l’exemple du vaccin contre la CoViD-19. «Il faut rendre le vaccin accessible à tous, faciliter l’accès des pays pauvres aux outils de lutte contre l’épidémie, explique-t-il. On ne peut pas se réserver l’accès en passant des accords bilatéraux, c’est immoral et ça ne marche pas, car le virus reviendra et nous menacera à nouveau».

À ses yeux, l’ONU a un rôle essentiel à jouer dans la résolution de la crise que nous traversons. «L’institution internationale est souvent critiquée, mais ce n’est qu’un miroir du monde, alors oui ce n’est pas merveilleux, il y a beaucoup de conflits, de désordre, mais c’est notre réalité et malgré les obstacles, les pays doivent travailler ensemble et avancer vers des buts communs», déclare-t-il.

Pour lui, le Canada doit être au-devant de la scène internationale, «car nous sommes un peuple de Traités, nous mettons en pratique le pluralisme et la coopération depuis des siècles». En juin de cette année, le Canada a pourtant échoué à se faire élire membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. «Nous restons un membre actif et fiable de l’ONU», assure le diplomate.

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