Bill Clinton fait coup double avec James Patterson

L'ex-président vend des millions d’exemplaires en fiction et non-fiction

livre

Bill Clinton et James Patterson, Le Président a disparu, roman traduit de l’anglais par Dominique Defert, Carole Delporte et Samuel Todd, Paris, Éditions JC Lattès, 2018, 496 pages, 29,95 $.


6 septembre 2018 à 10h40

Le 42e président des États-Unis a allié son expérience du pouvoir à l’art du suspense de l’auteur de thriller le plus vendu à travers le monde. Cela a donné Le Président a disparu, de Bill Clinton et James Patterson. Le roman est paru en anglais et en français au début juin et les ventes dépassent maintenant le million d’exemplaires.

Clinton a publié My Life en 2004 et cette autobiographie s’est vendue à plus de deux millions de copies. Il est un des rares auteurs au monde à figurer au palmarès du million d’exemplaires à la fois en fiction et non-fiction.

Le roman traite de cyberterrorisme, une nouvelle frontière effrayante où n’importe qui peut attaquer une nation.

Jonathan Duncan, 50 ans, est Président des États-Unis; il est atteint de thrombocytopénie immune (son sang ne coagule pas comme il le devrait). Duncan doit constamment prendre des stéroïdes. Il doit surtout prendre des décisions ou créer des situations qui le dispensent de prendre une décision.

Montagnes russes

Au sujet de la présidence américaine, les auteurs écrivent que «personne ne vous prévient que ce boulot est pire que les montagnes russes – une succession d’ascensions magnifiques et de chutes vertigineuses».

Clinton et Patterson notent aussi que, «s’il y a une leçon à retenir de l’histoire humaine et animale, dans toutes les sociétés, des plus primitives aux plus évoluées, c’est que toutes, sans exception, ont besoin d’un leader».

Une cyberattaque est imminente et elle fera des États-Unis d’Amérique le plus grand pays du tiers-monde. La seule voie qui s’offre au président Duncan est d’éradiquer le virus de l’holocauste nucléaire… sans avoir à lancer la Troisième Guerre mondiale.

Trois personnes brillantes qui occupent de très hauts postes choisissent toutes la même option, mais les tripes du président lui disent le contraire…

Le virus derrière la cyberattaque occupe beaucoup de place et donne lieu à des passages techniques qui sont à la fois nécessaires et lassants. Heureusement, la trame psychologique reprend le dessus pour nous montrer que la politique est un sport impitoyable où la confiance en prend souvent pour son rhume.

Sans compter que, «dans un brouillard d’information et de désinformation, nos identités mêmes sont mises au défi».

Frôler la mort

Le livre nous apprend que «le chef de cabinet est le poste le plus exigeant de la Maison Blanche». Aux yeux du président Duncan, celle qui occupe ce poste anticipe toutes ses décisions, «et souvent en mieux».

Il ne sait pas à quel point il se trompe… Je ne vous dévoilerez pas le dénouement de l’intrigue, bien entendu. Sachez seulement que le président va prendre le volant, écraser l’accélérateur et frôler la mort. Personne ne pourra l’aider.

Il y a deux coauteurs et c’est de la fiction, mais parfois nous semblons entendre plus la voix de Clinton, comme lorsque nous lisons que rien n’est plus précieux qu’un collaborateur qui ose contredire le président, lui démontrer qu’il a tort, le forcer à étayer ses décisions.

«Être entouré de flatteurs et autres lèche-bottes ouvre la voie à l’échec.»

Instantanéité des médias

Le roman est truffé de petites réflexions comme «l’implication démocratique est désormais influencée par l’instantanéité de Twitter, Snapchat, Facebook et les chaînes d’information en continu».

Ou encore: «Aux États-Unis, le racisme est notre fléau le plus ancien. […] Trop souvent, la peur et le mépris de « l’autre » nous font oublier ce que nous sommes capables d’accomplir tous ensemble.»

Dans Le Président a disparu, Bill Clinton et James Patterson vont bien au-delà d’une intrigue finement ciselée – attendez-vous à un rebondissement spectaculaire –, et s’attardent à faire passer un puissant message, à savoir que «notre avenir est un champ de possibilités, et non de ruines desquelles il nous faudrait renaître».

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