Bernard Lord et Graham Fraser: même combat

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Le gouvernement du Canada a confirmé ce lundi la nomination de l’ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, à la tête d’une commission sur les langues officielles.

Le premier ministre Stephen Harper et la ministre responsable des Langues officielles, Josée Verner, lancent des consultations auprès des Canadiens sur la dualité linguistique et les langues officielles. Ces consultations réuniront leurs points de vue sur des enjeux importants en matière de dualité linguistique et d’appui aux communautés de langues anglaise et française en situation minoritaire

Bernard Lord présidera et agira à titre de modérateur lors des consultations régionales qui auront lieu durant les deux premières semaines de décembre à Halifax, Moncton, Montréal, Toronto, Winnipeg, Edmonton et Vancouver. Chaque consultation regroupera environ 20 participants.

Des spécialistes du domaine des langues officielles, des représentants des secteurs privé et bénévole, des universitaires et des chercheurs ainsi que des observateurs gouvernementaux participeront également aux consultations.

M. Lord présentera un rapport sur les consultations à la ministre Verner avant l’événement-synthèse, qui aura lieu à la mi-janvier, à Ottawa.

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Bernard Lord est devenu chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick en 1997. Il a été premier ministre de 1999 à 2006. En janvier dernier, il annonçait son départ de la scène politique. Il s’est joint ensuite au cabinet McCarthy Tétrault, à Montréal, comme avocat-conseil.

Dans son rapport annuel déposé en mai dernier, le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, avait critiqué sévèrement le gouvernement Harper, laissant entendre que le discours d’Ottawa en matière de langues officielles ne se traduisait pas par des gestes concrets.

Graham Fraser a d’ailleurs fêté sa première année de mandat en octobre dernier. Quatorze mois après son entrée en fonction, il a maintenant pleinement pris conscience de l’ampleur de la tâche à accomplir. En ce début de seconde année d’exercice, M. Fraser entend continuer de faire pression sur le gouvernement fédéral pour que soit appliqué l’ensemble des dispositions prévues par les lois canadiennes en termes de dualité linguistique.

L’attention du commissaire se portera essentiellement sur trois enjeux prioritaires, à savoir la prochaine phase du Plan d’action pour les langues officielles, le leadership nécessaire pour améliorer l’accueil dans les bureaux fédéraux bilingues et à la place accordée à la dualité linguistique dans le renouvellement de la fonction publique.

Des sujets sur lesquels Graham Fraser a renouvelé son souhait de «voir des résultats au cours de la prochaine année», soulignant de fait que «le gouvernement fédéral a un rôle important à jouer à l’égard de la dualité linguistique canadienne.»

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M. Fraser a également exhorté les parlementaires à se pencher activement sur le sujet. Concernant le Plan d’action sur les langues officielles, le commissaire a salué l’intention du gouvernement de prolonger l’effort entrepris ces dernières années. Il attend néanmoins d’avoir davantage d’information sur son contenu avant de se montrer complètement satisfait: «Il s’agit d’une initiative très attendue qui témoigne du leadership du gouvernement à l’égard de la dualité linguistique.»

Si les conclusions du commissaire sur ce sujet sont pour le moment aussi vagues que les annonces du gouvernement fédéral, il fait montre d’une inquiétude plus importante en ce qui concerne la capacité du service public et des institutions fédérales à fournir un service équivalent dans les deux langues.

La polémique, qui avait fait l’objet d’un rapport incendiaire en mai dernier, continue d’alimenter le scepticisme de Graham Fraser, qui reste néanmoins optimiste pour l’avenir: «Je constate à l’heure actuelle une application moins rigoureuse, voire minimaliste, de la Loi sur les langues officielles dans la fonction publique fédérale. Sans un leadership soutenu de la part des dirigeants, nous assisterons à un recul. Le greffier du Conseil privé a lancé une initiative de renouvellement de la fonction publique, et il va sans dire que la dualité linguistique doit trouver sa place dans toutes les facettes de cette réforme.»

Il envisage néanmoins un travail en collaboration avec les institutions fédérales dans les prochains mois, «par l’entremise d’initiatives de collaborations et l’adoption d’une approche globale», notamment en ce qui a trait à la formation offerte dans les deux langues officielles par les Forces canadiennes.

Parmi les autres initiatives prévues par le commissariat, M. Fraser a mentionné des études sur les possibilités d’apprentissage de la langue seconde à l’université et sur la place de la dualité linguistique dans l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de 2010 en Colombie-Britannique.

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D’autres études de cas sur la vitalité des communautés de langues officielles seront menées, en particulier sur des aspects touchant les communautés anglophones du Québec et la francophonie des territoires du Nord canadien.

Des activités qui s’ajouteront en sus d’un dossier déjà complexe à manoeuvrer. L’abolition du Programme de contestation judiciaire, objet d’un recours intenté par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), reste l’un des chevaux de bataille majeur du commissariat. Graham Fraser a d’ailleurs récemment demandé l’autorisation d’intervenir en cour pour appuyer les éléments présentés par la FCFA.

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