Bataille des épingles à chapeaux

Il y a 90 ans

Partagez
Tweetez
Envoyez

Dans les annales de l’Ontario français, l’année 1916 demeure sans doute la plus turbulente. On assiste à des manifestations monstre contre le Règlement 17 que le gouvernement de l’Ontario a imposé pour limiter l’enseignement en français aux deux premières années d’école primaire et pour limiter l’enseignement du français à une heure par jour.

Le Règlement 17 est une circulaire promulguée par le ministère de l’Instruction publique en 1912. Son application n’a pas été rigoureuse au début, mais les inspecteurs se montrent plus vigilants à partir de l’année scolaire 1915-1916.

La résistance au Règlement 17 est incarnée par deux institutrices de l’école Guigues, à Ottawa. Béatrice et Diane Desloges refusent de se soumettre aux diktats des autorités scolaires, même au risque de perdre leur salaire et leur brevet d’enseignement.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Quand le gouvernement ordonne la fermeture de l’école Guigues, les Franco-Ontariens répliquent en livrant une lutte sans merci. Des femmes prennent d’assaut cette école et, armées de longues épingles à chapeaux, font reculer tout inspecteur ou policier qui s’approche pour imposer l’unilinguisme anglais. Cet épisode de la revendication des droits à l’éducation en français est connu sous le nom de la Bataille des épingles à chapeaux

Le 3 février 1916, la résistance prend un autre tournant: 122 enseignantes font la grève et forcent la fermeture de 17 écoles. Le 11 février 1916, plusieurs centaines d’écoliers manifestent dans les rues de la capitale canadienne. Durant cette crise, pas moins de 200 écoles refuseront de se soumettre à la loi et seront ainsi privées de subsides gouvernementaux. On ouvrira des «écoles libres», dites de la résistance, on contestera le Règlement 17 en cour, on fera appel à Rome. Ce sera une bataille acharnée pendant 10 ans.

Le Règlement 17 sera finalement relégué aux oubliettes en 1927 et disparaîtra officiellement des statuts de la province en 1944.

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur