Balade délicieuse et histoire savoureuse

Le menu gratuit du musée Stewart à Montréal

La maquette interactive du Montréal d’origine est impressionnante.


19 décembre 2016 à 8h16

Toronto manque de musées qui racontent toute son histoire. Au contraire, Montréal en a, à satiété: Centre d’histoire de Montréal, Pointe-à-Callière, une section du musée McCord, et le méconnu musée Stewart.

Assez petit, niché, voire caché par les arbres de la très publique île Sainte-Hélène, le Stewart, musée privé issu de la fortune d’un cigarettier, est un des musées historiques les plus étonnants du Canada. Il fascine les petits et les grands. Et il ouvre ses portes gratuitement jusqu’au 8 janvier.

Balade souriante

Se rendre à ce musée est déjà un plaisir. En voiture, on emprunte le pont Jacques-Cartier, au fil de vues imprenables, notamment celles depuis le stationnement. En métro, on descend à la station Jean-Drapeau. Et on marche environ 1 km dans un parc ondulant qui accorde des panoramas inoubliables du fleuve Saint-Laurent et du centre-ville.

Déjà, cette bouffée d’air frais donne le sourire. À l’intérieur du musée, une collection permanente fascinante sur l’histoire de Montréal, une exposition temporaire innovante et ludique, et finalement, pour les Fêtes, une célébration de l’évolution artistique du père Noël.

À proximité du pont Jacques-Cartier, le musée Stewart loge dans un ancien bâtiment militaire britannique, conçu pour protéger Montréal des Américains suite à la Guerre de 1812.
À proximité du pont Jacques-Cartier, le musée Stewart loge dans un ancien bâtiment militaire britannique, conçu pour protéger Montréal des Américains suite à la Guerre de 1812.

L’institution est logée dans un dépôt fortifié de l’armée britannique qui remonte aux années 1820. On y présente en permanence un millier d’artéfacts et documents rares sur l’histoire de la Nouvelle-France et de Montréal.

Ce pedigree d’apparence poussiéreux et figé recèle une autre réalité: le musée Stewart brille de créativité, mettant en valeur des objets d’une force narrative exceptionnelle, comme un énorme modèle d’un navire de guerre français du 18e siècle et une reproduction du Vieux Montréal avec ses feux, de joie et de peine.

Des objets bien présentés et commentés trouveront toujours un public envoûté, même parmi les jeunes élevés aux jeux vidéo.

Un château de poupées.
Un château de poupées.

Pères Noël exceptionnels

Trente-huit figurines faites à la main incarnent le bonhomme souriant à la barbe blanche. Ces pères Noël mythiques sont de confection québécoise, européenne et américaine.

Cette collection a été montée par l’épouse du philanthrope David M. Stewart, qui a fondé le musée en 1955. «Les pères Noël fascinent les visiteurs de tous âges, tant par la qualité de leur fabrication que par leur apparence variée», explique Suzanne Sauvage, présidente et chef de la direction du musée Stewart.

Le père Noël se fait toutefois un peu voler la vedette par un somptueux château de poupées allemand dans lequel se tient un bal du 18e siècle. Ce serait le seul château du genre en Amérique du Nord – il donne l’impression d’avoir été téléporté depuis l’Europe.

Ici encore, des objets en trois dimensions font diversion aux écrans omniprésents dans la vie des jeunes.

L'exposition Histoires et mémoires. (Photo: Claude Roy Photographie)
L’exposition Histoires et mémoires. (Photo: Claude Roy Photographie)

Un petit musée qui en a dedans

Le Stewart est un petit musée. Comment rivaliser avec les budgets de promotion des plus grands musées? C’est impossible. Pourtant, un petit musée aux riches collections procure une visite intimiste plus forte, plus personnelle que celle des grands musées. On se sent interpellé directement par les objets présentés.

Dans l’exposition permanente Histoires & Mémoires, des cartes de l’époque des premiers explorateurs de l’Amérique présentent à la fois l’imprécision de leurs mappemondes et la beauté précise de leurs instruments de navigation.

Certains de plus précieux objets du musée ont été rassemblés, mis en scène, par l’artiste visuel Jérôme Fortin pour former Curiosités, une exposition temporaire qui scintille d’originalité jusqu’au 12 mars prochain.

On y voit entre autres des gammes de serrures, de chapeaux, de globes terrestres qui montrent que ce que le monde a gagné en technologie, il semble l’avoir perdu en poésie esthétique. Curiosités a aussi un aspect interactif et ludique qui charme les adolescents les plus blasés.

Dans la collection permanente, les vêtements et les armes ne laissent personne indifférent. La pièce de résistance est toutefois la maquette interactive «Montréal, ville fortifiée». Malgré sa taille énorme – la maquette occupe une pièce entière – ce sont ses détails qui impressionnent le plus: chaque maison et bâtiment est reproduit dans ses plus menus détails. L’amour de l’histoire de ses fabricants émeut l’observateur curieux.

L’histoire de Montréal est plus longue que celle de Toronto, et son patrimoine bâti ancien a été mieux préservé que celui de la capitale ontarienne. Le musée Stewart accorde fenêtre privilégiée sur l’histoire vivante de Montréal et de la Nouvelle-France.

La reproduction précise d’un grand navire militaire, le Jupiter, fascine les visiteurs. (photo: Nadège Roy)
La reproduction précise d’un grand navire militaire, le Jupiter, fascine les visiteurs. (photo: Nadège Roy)

Renseignements pratiques

Le musée Stewart sera ouvert exceptionnellement les 26 et 27 décembre 2016, ainsi que les 2 et 3 janvier 2017. Fermé le 25 décembre et le 1er janvier.

Ouvert l’hiver du mercredi au dimanche, de 10 h à 17 h.

Entièrement gratuit jusqu’au 8 janvier. Tarif régulier ensuite: 10$ pour les adultes, 8$ pour les 65 ans et plus, 8$ pour les 13-17 ans, et gratuit pour les enfants de 12 ans et moins. Stationnement payant.

Rabais de 2$ sur le tarif d’entrée régulier des adultes sur présentation d’un titre de transport valide de la Société de transports de Montréal.

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